Rouages

La vie est un concept compliqué. Les romans aussi. Créer des personnages qui chutent dans la folie, qui changent de vie, qui ont le mal de vivre, c’est aussi le rôle d’un écrivain. Je crois. Il existe des réalités que nous ignorons, d’autres que nous ne voulons pas voir. Et pourtant, elles existent. Même si je me demande souvent pourquoi je me suis embarqué dans ça ? Je continue. Qui sait, au fond ? Je ne lâcherai pas le morceau, je le tiens comme un chien tient son os. Finissons-en ! dit mon personnage. Je suis d’accord avec lui (quoique, il me reste bien 100-150 pages à faire encore).

Je trace dans mon histoire, même si la canicule m’accable. Je m’essouffle, mais je veux sortir de la période d’euphorie, je veux que mon personnage chute. Après quoi, on verra. Pourquoi s’en faire ? Allons au bout de cette histoire, qu’importe si elle ne nous plaît pas. Les personnages, eux, ils me plaisent. J’aime à croire que le gentil deviendra méchant, j’aime à croire que les faibles deviendront forts. Je suis utopique. Après tout, c’est mon livre, je fais ce que je veux (gna gna!)

J’ai reçu un petit mot de Marie-Claire Blais qui a lu mon manuscrit. Un beau petit mot. J’ai dû faire le tour de mon salon trois fois avant de venir le relire tellement j’étais touchée. La vie est faites de petits bonheurs au fond. Des gens que je ne connais pas lisent mes textes. C’est d’autant plus troublants que je ne sais pas quoi en penser. Suis-je vraiment obligée de penser, après tout ?

Le monde est petit. Je le constate à chaque jour. Les passions nous mènent au bout du monde. Et puis, au fond, n’est-ce pas là que nous voulions aller avec nos histoires ? Au bout du monde et même au-delà !