Le pseudo

J’ai eu plusieurs pseudonymes depuis que je suis petite. Nos parents nous en donne toujours (qu’on déteste généralement). Par la suite, je suis devenue accro à la mythologie grecque, puis des muses (d’où le nom initial du site). Mes copines et moi, on avait tous « notre » muse. Moi, c’était Thalie parce que rire, ça fait partie de moi et que, Thalie, c’est la muse de la comédie.

Depuis l’avènement du net, en 1994, il fallait en avoir un pour tchater. C’est comme ça que j’ai connu mon petit mari, d’ailleurs. À l’époque, j’étais à l’université, adepte de Kundera, le surnom est survenu rapidement : Sabina. Belle façon de rester anonyme, de fuir, comme le personnage en question. Des années plus tard, ma petite soeur est née : Sabrina. Elle est restée sceptique quand on m’a appelé Sabi (« C’est moi, Sabi!, qu’elle m’a dit). Pas faux, mais pas vrai non plus (j’étais là avant!)

Un site web plus tard, il fallait un nom court, qui me rappelle ce que j’étais. Les muses, toujours. Les idées, l’inspiration, la création. Idmuse est venu naturellement et je suis toujours très heureuse de l’utiliser. Surnom ? Pas vraiment, quoique, ça devient un mot facile à utiliser un peu partout.

Pourquoi cette question des pseudo ? Parce qu’écrire, c’est se mettre à nue. Pas soi, nécessairement, mais des morceaux de soi. Je n’ai jamais eu l’intention d’avoir un pseudo « autre », mais ça m’est devenu nécessaire dernièrement. Ce que j’écris, ce n’est pas moi et ce ne sera jamais moi (et même que, parfois, c’est vraiment tout le contraire de moi), mais la confusion reste quand même dans la tête des lecteurs. On cherche la part du vrai et du faux. Tant qu’on écrit des choses « innocentes », ça ne porte pas à confusion, mais quand on est prof, on se pose quand même la question. Faut-il donner l’exemple dans toutes les sphères de notre vie?

Je suis attachée à mes écrits, mais j’ai toujours souhaité faire quelque chose de libre, sur le net. Il y a quand même des textes que je veux garder pour moi, pour retravailler, peut-être publier, qui sait ? Dans les faits, le seul de mes textes qui se prête à ce média, il n’est pas pour les enfants. Trop tordu pour la publication, même si mes personnages me plaisent et j’ai envie qu’ils vivent. Malgré l’aventure qui est à mille lieux de moi, je me disais que le net était la vie de cette façon était envisageable pour eux. D’où la question du nouveau pseudo et la disparition de l’un de mes titres ici. C’est comme si j’étais dans deux mondes, dont l’un qui vit un peu plus loin de moi.