Je suis une méchante fille, je sais. Je ne donne pas beaucoup de nouvelles, je travaille, j’écris ce que je ne devrais pas, je m’arrache le coeur sur des mots et il arrive que ça me fasse du bien. Autrement dit, je ne fais pas ce que je devrais faire, mais je fais quand même des choses…

Bon, il faut que je tempère un peu: j’ai bien lu le livre que m’a recommandé mon parrain d’écriture : Le tueur à la cravate, de Marie-Aude Murail. Joli, mais sans plus. J’ai tout de suite compris l’énigme et à partir de là, on lit sans ressentir de véritable stress pour la fin du livre. J’admets cependant que deux extraits m’ont beaucoup touchés: d’abord, quand la jeune adolescente se projette en train de se jeter dans les bras de son père (elle est trop « têtue » pour le faire). L’image est très belle et tombe au bon moment dans le roman. Ensuite, j’ai beaucoup aimé ses rêves qui nous montre son intériorité et une façon détournée de ce qu’elle pense d’elle-même: elle se sacrifierait pour sa famille, pour sa petite soeur. Touchant, quoi. Je n’ai lu que le roman et non la deuxième partie intitulée: Comment naît un roman. Je m’y attaquerai sous peu.

Sinon, j’ai repris Rêves, mais sans beaucoup de conviction. J’ai l’impression que chaque mot prend un sens démesuré. Quelqu’un va les lire. Aille. Et pourtant, des tas de gens les ont déjà lus! Je ne sais pas, ça me bloque. Une fois le ton donné, je suppose que ça ira mieux. On change du « je » au « il » les scènes régulières du roman, mais on conserve le « je » pour les rêves du personnage principal. Je sais que c’est simple, mais ça ne l’est pas, au fond.

Je me souviens d’un entretien de Simone de Beauvoir (dans le film de Josée Dayan de 1986) dans lequel elle racontait ce que Sartre lui avait dit à propos de ses premiers écrits: « Mettez donc plus de vous! Vous êtes beaucoup plus intéressante que toutes ces Josée ou je ne sais plus trop comment j’avais appelé mes héroïnes… » Je paraphrase, mais la conclusion était que: « à partir de ce moment-là, j’ai compris que la littérature était devenue quelque chose de grave, d’aussi grave que la vie, l’amour ou la mort ».

Autrement dit, je suis dans une phase « grave ». Ce que j’écris, tout d’un coup, ça compte. Mais est-ce que ça ne comptait pas, avant? Bizarre…

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