Écrire pendant les vacances

C’est la semaine de relâche d’études. Je devrais me lever tard, faire la sieste et un tas d’activités, mais mon cerveau n’arrive pas à lâcher prise. Cette nuit, je me suis réveillée à chaque heure, insatisfaite des quatre malheureuses pages qui sont sorties de ma tête, hier. J’en aurais fait cinquante, il y a huit mois, sans me soucier que ce soit bon ou non, mais c’est comme la thèse: il suffit qu’on les attende pour que ça ne veuille plus sortir. Maintenant, c’est sérieux. J’essaie d’éviter l’inévitable, mais c’est impossible. Parce que l’histoire change. Parce que mes personnages vont aller là où je ne veux pas qu’ils aillent et aussi, disons-le, parce que c’est dur. J’ai passé la nuit à me raconter cette histoire, la même et pourtant, elle devient une autre à chaque fois.

Ce matin, j’ai rencontré mon parrain d’écriture. Il est content et je le suis aussi, peut-être parce qu’il l’est. Il me dit des mots qui font plaisir, qui me gonflent à bloc. Je sors de cette rencontre en ajoutant la pression sur mes petites épaules: je me donne la semaine pour avancer, pour sortir ce qui coince, pour extraire ce qui est tellement évident, au fond. En trois minutes, on a vu le problème de mes quatre pages: le positionnement du narrateur. On a rectifié le tir sans trop de problèmes et pourtant, je suis là, devant mon écran d’ordinateur, endormie par le peu de nuit que j’ai eue et à me rejouer la scène en question sans être capable de l’écrire.

Ça finira bien par sortir.