Ces temps-ci, j’étais dans une sorte de dilemme. Je me demandais si je poursuivais le projet d’écriture que j’ai mis de côté, il y a presque trois semaines. Je ne suis pas le genre à lâcher en cours de route (sauf pour le doctorat qui me donnait l’impression de ne plus m’emmener nul part), mais quand il s’agit d’un projet qui a des chances d’être publié, on y songe à deux fois avant de fermer le tiroir.

Pourquoi est-ce que j’abandonnerais? D’abord, parce que l’histoire n’est plus mon histoire. Il n’en reste qu’un filet. Ensuite, parce que je tiens à mes personnages et que je n’ai pas envie qu’ils aillent dans une direction qui n’est pas la mienne. Ça me rend malheureuse de tout changer et, surtout, de laisser tomber une partie à laquelle je tenais. Et je ne suis pas certaine que cette histoire soit « mon genre ». À la limite, le genre, on n’y reste pas cloîtré, mais bon…

Le problème depuis que j’ai commencé ce projet, c’est qu’écrire est devenu lourd. Tout s’est bloqué d’un coup sec dans ma tête: les mots, les histoires, les personnages. Les pages. C’est pas normal chez moi (quand on pense que je pondais une histoire par mois!). Il fallait donc que je m’arrête et que j’y songe sérieusement.

Gentil mari n’a eu qu’un conseil: si ça t’énerve, arrête. C’est vrai que sa solution est trop simple, mais honnêtement, j’étais plutôt contente qu’il n’ajoute pas de pression supplémentaire sur mes petites épaules (du genre: vas-y, fonce, c’est une super opportunité, bois du Red-bull et écris!). C’est simple, mais ses arguments se tiennent: l’année a été difficile et écrire me fait vraiment du bien. Si ça m’angoisse, autant arrêter un moment. À mon sens, publier n’est qu’une étape. Je ne dis pas qu’elle n’est pas importante, mais si ça m’empêche d’écrire, je n’en vois pas l’intérêt.

Dans la fatigue de la fin de session, j’ai dérivé sur l’idée de tout jeter par-dessus bord et de me dire: bah, au fond, j’ai près d’une dizaine d’histoires, c’est déjà ça, de quoi je me plains? bla bla bla bla… Après tout, si je voulais vraiment publier, j’en aurais imprimé deux ou trois dans le lot et je les aurais envoyé à des éditeurs, pas vrai? Mais… non.

Petit coup de blues momentané où je songe à désinstaller Word pour me venger de la page blanche.

Pouf! Voilà que des solutions sont miraculeusement tombées du ciel: changer le nom de mes personnages auxquels je tiens, réutiliser mon récit dans un autre contexte (autrement dit, garder le bout que j’adore pour le remettre dans une autre histoire, plus adulte, mais qui se tient tout autant – peut-être même plus). Ce « nouveau » roman m’a semblé si évident qu’on aurait dit une révélation. Du genre: « pourquoi j’y ai pas pensé plus tôt? ». Doh!

Y’a pas moyen de déprimer en paix, dans cette maison!

Le problème, c’est que j’ai toujours ce projet à terminer. Lui qui bloque tout. Il y a trois jours, en ouvrant le document, je suis restée surprise parce que je ne m’attendais pas à trouver ça bon. Le premier chapitre se tient (bon, ça, le parrain d’écriture me l’avait déjà dit, mais je doute autant des autres que de moi, alors…). Le bug est revenu: je restais bloquée sur la suite. Trois début de chapitre: nah! pas ça! On recommence. Grrrr!

Et voilà que tout s’est mis en place. D’un coup. Un bloc de béton m’est tombé dessus: boum! Hier, à l’entraînement, pendant que je me changeais en flaque d’eau, les bouts manquants me sont apparut (pas un, trois!). Bon… ben… on dirait que je ne vais pas facilement le jeter par-dessus bord, celui-là.

Sachant que je ne perds pas tout ce qui me plaisait dans ma vieille mouture, on dirait que ça me redonne de l’espoir (le côté positif, c’est que je n’ai plus une histoire, mais deux en tête). Pour l’instant, ça roule doucement, mais au moins ça roule! Dans un sens, c’est mieux que la semaine dernière!

Je verrai où j’en suis à la fin de mai. Qui sait?

One thought on “Pourquoi écrire?”

  1. Même conseil que ton chéri : si ça te plombe, arrête. Tu y reviendra plus tard, ou jamais (mais visiblement, ça s’est remis en route, alors…)
    Tu as la chance de faire ça par plaisir et non par besoin alimentaire (et je pense que ceux qui font ça par besoin alimentaire devrait sans doute chercher un autre boulot plus rentable)
    Je trouve dommage que tu partes dans une direction qui n’est pas la tienne, mais celle que les autres te conseillent (surtout si ça ne t’inspire pas). Il faut savoir prendre des conseils et en jeter aussi parfois.
    Récemment un auteur m’a conseillé de ne pas écouter la critique ou les conseils et en fait, de n’écouter personne à part mes propres réflexions, éventuellement à la suite d’un échange avec d’autres, mais de conserver toujours MON avis.
    Et j’avoue, que ça me plaît bien, alors je te refile le conseil 😉

    Et puis, bon quoi, deux histoires ? Où vas-tu trouver le temps de les écrire ?! (même si je préfère te lire deux fois plus ! 😀 )

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