Je dois l’avouer: j’ai fait traîner la lecture du dernier livre de Mathias Malzieu. Je n’avais pas vraiment envie d’en sortir.

Parce que les mots sont agréables à laisser glisser. Parce que l’histoire, avec lui, passe après la poésie de ses textes. Et pourtant, ce n’est pas une histoire désagréable, au contraire. Un peu triste, un peu similaire à Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi. Les thèmes sont récurrent: l’hôpital, le cancer, cette betterave ravageuse qui mange tout. On sent le côté Tim Burton avec la métamorphose de Cloudman en oiseau. Et il y a aussi l’amour, comme dans La mécanique du coeur. Moins forts et moins tristes que son premier opus, meilleur que son second cependant et plus loin de l’univers musical (ce qui m’avait un peu dérangé avec La mécanique du coeur, car je voyais l’album dans chaque page).

Toujours cette plume magnifique, des mots qu’on avale, qui nous bercent, qui nous font rêver.

La nuit me dissimule tandis que je grimpe l’escalier de secours en prenant garde de ne laisser aucune trace de mon passage. J’opère comme un cambrioleur de songes; il me faudra en dérober un nombre suffisant pour tenir toute la journée qui va suivre. Une mélodie s’échappe de la volière. A chaque marche gravie, le volume augmente.Pépiements pimentés d’harmonies sauvages. On dirait un orchestre de sifflements. Je pousse la lourde trappe, qui grince comme les articulations d’un géant de quatre mètres cinquante. Je découvre alors un curieux petit piano à queue en bois rouge. Sous le couvercle, une douzaine de chardonnerets dodelinent de la tête, confortablement installés sur des marteaux de feutre.

J’en ai encore des frissons juste à y penser.

Oui. À lire.