Le monstre est en nous

Le fantastique est un genre à la mode ces temps-ci: tous les mythes prennent vie, s’intègrent à notre réalité, se transforment au gré des auteurs et transgressent, dans plusieurs cas, les règles déjà établies. Ainsi, nous voyons surgir des vampires qui sortent au grand jour et des bestioles en tout genre font leur entrée dans notre monde. Tout est à refaire. Les règles ne servent plus à rien puisqu’on les a déjà jetées par-dessus bord. Il faut donc tout réécrire, tout réinventer. Bon, déjà, y’a de quoi faire vu tout ce qui sort! Sachez que, désormais, les loups-garous se transforment n’importe quand, les fées boivent du sang et qu’il existe toute sorte de bébêtes dont je ne connais même pas le nom. Anges et démons, on dirait que l’humanité s’ennuie: descendez donc faire votre tour, nom de… euh… Zeus?

Le fantastique est un genre littéraire que l’on peut décrire comme l’intrusion du surnaturel dans le cadre réaliste d’un récit, autrement dit l’apparition de faits inexpliqués mais théoriquement explicables dans un contexte connu du lecteur, ressemblant au merveilleux mais différent tout de même.

Ici, je ne parle pas de Fantasy. Je parle vraiment du fantastique: quand des éléments surnaturels émergent dans la réalité que l’on connaît (enfin… dans le monde qui ressemble à celui que vous croisez quand vous sortez dehors, quoi). Voir la définition de Wikipedia si cela ne vous convainc pas.

En étant dans mes douze projets, je me suis mise à relire La mémoire de l’ombre et La wicca qui sont deux de mes romans qui utilisent le fantastique. Pas tellement parce que j’avais envie d’un vampire ou d’une sorcière, mais parce qu’il y avait un bon moment que je n’étais pas retournée dans ce coin-là. Ce que j’aime, finalement, dans le fantastique, c’est comment l’humain réagit au contact du surnaturel. Dans mon histoire de vampires, le thème central n’a rien à faire des bestioles aux dents pointues: c’est la mémoire et tout le rapport à sa perte qui m’interpelle. Ben oui, quoi, je ne surprendrai personne en disant que les vampires peuvent flashouiller notre cervelle et nous faire oublier plein de choses! Quel don, pas vrai? La vraie question, c’est: qui est-on lorsqu’on ne se souvient plus de rien? Ni de son nom, ni de son passé? Bon, je suis lente à la détente, parce qu’il a fallu que l’idée de base explose dans le tome 3. Comme je suis friande du concept des moi multiples, j’ai surtout aimé l’espèce de dualité qui vient à habiter le corps d’une seule personne. Le moi d’avant et le moi de maintenant. Tout compte fait, c’est ça, la véritable histoire que je voulais écrire.

Ces jours-ci, je réécris Le cercle félin. C’est sur le même principe. Autrement dit, j’exploite la bête qui est en chacun de nous. Je joue avec l’instinct animal avec, en trame de fond, une idiote qui ne comprend rien à ce qui se passe dans son corps. Pour l’instant, ça m’amuse bien (surtout à cause de l’idiote en question), mais le surnaturel n’a rien d’extraordinaire (pour le moment du moins). Oui, c’est fantastique à cause de l’idée de la transformation et du monstre qui va finir par surgir, mais tout ça n’est qu’un prétexte, encore, car le but de l’histoire, c’est d’apprendre à dompter la bête.

C’est peut-être pour ça qu’on aime tant les récits avec des monstres, au fond. On préfère les personnifier sous d’autres formes, parce qu’on préfère ne pas voir celles qui nous ressemblent trop…

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