Histoire ou littérature?

Dimanche dernier, alors qu’il y avait la première d‘Occupation Double et de Tout le monde en parle au même instant (la guerre des médias, quoi), moi, j’écrivais pendant que Twitter était ouvert. Il faut dire que la télévision ne fonctionne plus chez nous, alors! À quoi bon, de toute façon: j’avais accès aux réactions instantanées de ceux qui écoutaient l’une ou l’autre de ces émissions via Twitter.

Et puis une phrase est passée qui m’a fait sursauter:

Elle est en littérature et Twilight est dans ses livres favoris #Fail (bon je paraphrase, mais pas tant que ça).

Ah! Il y a tellement de haine envers Twilight! Je peux la comprendre! Mais si on ne peut pas être en littérature et avoir aimé ce livre… ouille: je suis mal barrée! Parce que, devinez? J’ai un baccalauréat et une maîtrise en littérature ET j’ai aimé Twilight. Passionnément même! Les quatre bouquins ont été lus dévorés en trois jours. Il n’y a pas de répit pour la passion, vous ne le saviez pas? Et ça prend aussi trois jours pour devenir un vampire… hum!

Bien, maintenant que je sens les tomates m’arriver en pleine figure, je vais tempérer mes propos:

Il y a une énorme différence entre aimer une histoire et apprécier de la littérature.

Ben oui: j’ai aimé Twilight et j’aime quand même Beauvoir, Kundera, Woolf et Sand. L’un n’empêche pas l’autre, c’est comme si on ne pouvait pas aimer la moto et la voiture ou alors… j’en sais rien, trouvez la métaphore qui convient!

Mais qu’est-ce qu’ils ont tous avec Twilight? C’est vrai: ce n’est pas de la grande littérature. Il y a des tournures de phrases qui m’agace, la traduction est pire que tout et les films ne sont même pas bons, mais cela reste – malgré tout ce qui s’en dit – une bonne histoire. Elle nous oblige à tourner les pages pour savoir la suite. Oui, on est déçu à quelques endroits: on préfère l’un plutôt que l’autre, il n’y a jamais de bataille satisfaisante, pas de mort importante… bref: on reste souvent sur notre faim (bon, pas que je tenais vraiment à la mort de quelqu’un, non plus, c’est pas mon genre), mais soyons un peu honnête: c’est une belle histoire!

On ne peut pas dire que les vampires sont aussi développés et intéressants qu’avec Anne Rice. Tout le truc qui brille au soleil… eurk! Et alors? On aura beau dire ce qu’on veut: l’amour a encore un marché. Et les vampires aussi! Tous les True Blood et Vampire diaries de ce monde vous le diront (bon, dans ce dernier cas précis, n’allez surtout pas lire les livres, là, c’est pire que de la mauvaise littérature! D’ailleurs, pourquoi c’est pas contre ça que les gens chialent?).

Ce qui dérange, dans Twilight, c’est que c’est populaire. J’ai lu quelque part que Stephenie Meyer était la 8e ou la 11e (rendu là, qui s’en souci?) personne plus influente des États-Unis. Wow! Tout ça pour quatre malheureux bouquins? Bien oui. Elle a publié un livre qui n’est pas de la grande littérature, mais qui émoustille les petites filles. C’est déjà pas mal, je trouve! À mon avis, plusieurs voudraient pouvoir le faire!

Ce qui est vraiment dérangeant dans cette histoire, c’est que ce bouquin aurait pu être à la fois une bonne histoire et être bien écrite, mais comme les gens se contentent de ce niveau littéraire (comme on se contente de peu à la télé), c’est ce qui est souvent publié! Et au Québec, au lieu de chercher quelque chose de plus local (comme en France d’ailleurs), les grandes maisons vont simplement chercher une traduction d’un succès américain. Moins cher, pas toujours bon, mais ça vend. Alors… vendons!

Et pourquoi je voulais faire un billet sur ça, moi? Parce que moi, j’écris des histoires. Peut-être que ce n’est pas de la grande littérature, mais ça reste quand même des maudites bonnes histoires!

Voilà.

Maintenant: à vos tomates 😉