Les liens du hasard

C’est toujours lorsque je me demande pourquoi j’ai un blogue qu’un commentaire me rappelle que mes lecteurs ne sont pas que virtuels et il arrive que leurs petits mots changent le cours de mes journées.

Déjà, l’an dernier, Paumadou est tombée ici et nous avons commencé à échanger sur nos textes, un peu timidement, puis de façon très franche, se jetant des bouts de chapitres par email, puis délirant sur Twitter (d’ailleurs, je ne t’y vois plus guère! C’est morne sans toi!). Au fil du temps, je dois admettre que c’est devenu une amitié virtuelle très enrichissante. Si je cherche une lectrice, elle répond souvent présent (et lit vite, ce qui n’est pas négligeable). Dans cette relation, c’est moi qui la fait souvent poireauté et je m’en excuse (j’ai un petit côté masculin, je l’avoue) 😛

Je ne sais pas comment Jo Ann est arrivée ici (mais je soupçonne que c’est via le blogue d’Audrey). Ce qui est particulier dans cette rencontre, c’est les liens qui existaient (sans que l’une ou l’autre ne le sachions) entre nos textes et nos vies, comme si nos personnages se parlaient en écho. Par exemple, dans la Mémoire de l’ombre, mon personnage perd la mémoire au tome 3 et se réveille à Montpellier. Clara, dans Un jour volé au temps, commence exactement de la même façon (et dans la même ville!). Déjà, ce premier hasard (ou coïncidence, comme l’appelle Jo Ann), nous a bien surprise.

Avec Rêves, il y a des concordances qui vont jusque dans sa vie (bien que je sois désolée d’avoir éveillé de douloureux souvenirs) et sa Mad d’À l’ombre du baobab est une médium qui ressemble un peu à ma tête forte de Sally, ma télépathe, dans Dons et malédictions. Tout le rapport au pouvoir et à la malédiction s’y trouve, bien que, à mon avis, ses personnages soient beaucoup plus profonds que les miens, plus tiraillés aussi.

Autrement dit, une tonne de liens se sont tissés à partir de nos simples lectures, puis de nos échanges.

Alors quand je me demande pourquoi je tiens un blogue, c’est pour que ces rencontres nées du hasard aient lieu. Ces détours de clics, un peu aléatoires, qui font que vous arrivez ici tout d’un coup en cherchant des drôles de choses ou en me trouvant dans les commentaires des autres blogues. C’est une richesse que le Web nous permet d’avoir, qui nous offre une porte d’entrée dans le quotidien des uns et des autres, même si on ignore parfois ce qu’on fait là. Et même si j’ai eu la chance de croiser Audrey (à qui je dois toujours un fromage sur le BBQ) ou que j’imagine souvent Martine dans le métro (parce que nous vivons plus près géographiquement), il reste que certains liens se tissent autrement. Et ça, c’est vraiment une richesse inestimable.

Qui sait? Peut-être qu’un tas de choses nous unissent, vous et moi.