Quand je suis trop fatiguée, je lis. Pas un roman que j’ai commandé pour Noël, parce qu’ils ne sont pas encore arrivés à destination et qu’il faut que j’ai toute ma tête pour plonger dans un autre monde que le mien. Non, je plonge dans mes vieux délires (rassurez-vous, ça n’arrive pas souvent). Donc, hier soir, au lieu d’écrire, j’ai ouvert un truc que j’ai écrit il y a belle lurette: La perte.

Ce qui reste dans ce fichier: cinq chapitres (sur 20). 50 pages sur 200. Oui, j’avais tout ça avant de tout balancer dans un autre fichier et de reprendre le début parce que… je voulais que ça aille plus vite. Ça va plus vite de deux chapitres, c’est pas la fin du monde non plus, mais c’est mieux ficelé. Enfin, j’ai pas relu l’ancien, mais je crois que cette version me plaît assez pour dire que… le ton est parfait pour ce récit.

Depuis janvier, j’ai du ouvrir ce document une bonne dizaine de fois et je suis toujours coincée au même endroit. Je ne change rien, mais je bloque quand même toujours à cette page qui n’a rien d’extraordinaire: où je dois faire avancer l’action, où il faut que ça sonne vrai. En plus, je sais que je vais pouvoir recoller les morceaux du fichier A avec le fichier B à un certain moment (parce que je ne vais pas tout jeter, évidemment, il y a des scènes que j’adore dans mon premier jet). Peut-être que si j’y arrive, la fin sera plus facile à atteindre? Espérons-le.

Hier soir, pour la dixième fois cette année, j’ai donc relu les premiers chapitres de La perte. C’est beau et triste. C’est fou comme la mort provoque les mots et rend la vie poétique. Fou comme je fais bien du mal à mon personnage aussi. Fou comme cette histoire me touche encore.

Je sais que je vais finir par le terminer, celui-là! Je peux boucler des romans en trois semaines, mais cette histoire est triste, donc elle me paraît plus difficile à écrire. En plus, le fait d’avoir retrouvé Carl et Charlotte… on dirait que ce matin, j’ai la tête pleine de mes personnages. À deux doigts de terminer Z, je songe à me donner deux ou trois jours pour voir si je peux débloquer La perte. On ne sait jamais, après tout…

Ironie: à la fin de La perte, j’ai retrouvé mon vieux début du Cercle félin – débuté durant un nano (autrement, je ne vois pas ce que ça ferait dans le même fichier). Il est écrit à la troisième personne du singulier (et Gabrielle est une vraie garce dans cette version, sans parler du fait que Simon débarque dans une discothèque pour en sortir Isabelle collée sur Alex – quel premier contact vraiment étrange). Bref… c’est vraiment une tout autre histoire que j’ai là et que j’ai abandonnée pour la reprendre au « je ».

La preuve c’est parfois le ton qui fait en sorte qu’on mène une histoire jusqu’à la fin.

Tout ça pourquoi? Pour vous offrir un conseil du temps des fêtes: si vous n’avez pas de temps, faites gaffe à ne pas ouvrir la boite de Pandore! Laissez vos manuscrits inachevés dormir jusqu’à ce que vous ayez du temps pour les reprendre. Genre… comme moi 😉

Un extrait?

Je tourne en rond dans mon appartement. Ça y est : Alex est parti, il ne reviendra plus. Qu’est-ce que je fais ? Je refais ma routine habituelle : je bois du café, je prends ma douche, je m’habille. Partout, il y a un petit quelque chose d’Alex qui provoque une crise de larmes. J’entreprends donc de ranger ma vie en compartiments et je place toutes ses affaires dans une boîte en m’imaginant pouvoir maintenir les souvenirs hors de ma vue. C’est ridicule, mais ça m’occupe pendant une bonne heure. La boîte ne contient pratiquement rien : deux ou trois vêtements, des disques, un livre et une brosse à dents. La plupart du temps, c’est moi qui dormais chez lui. C’est là que nous devions vivre, tous les deux, à compter de l’été prochain.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.