Une peluche…

Dans La perte (ou Plus rien, selon l’humeur du moment), mon personnage principal, Charlotte, reçoit une peluche en cadeau en forme de girafe lorsqu’elle sort de son échographie. J’ai toujours aimé les peluches, même si j’en ai peu et que je finir par les donner au bout de quelques années, histoire qu’elles fassent plaisir à d’autres personnes (aux enfants, surtout). Voici l’extrait où la peluche fait son entrée:

Je m’empresse de démarrer la voiture et je nous conduis dans une boutique pour enfant devant laquelle je suis souvent passée, mais où je n’ai jamais osé entrer. Nous nous promenons à travers les allées et je m’émeus devant tout et n’importe quoi. La taille des souliers, des vêtements, les petites robes de princesses et même les biberons ornés de dessins pour enfants. Devant les peluches, je deviens ridiculement bête. Je les caresse et les serre contre moi jusqu’à ce que je craque pour une petite girafe que me retire Carl des mains :

— I think we have a winner, here.

— Oui, admis-je.

Il se penche devant moi, se met à tapoter mon ventre avec la tête de la girafe avant de se relever en riant :

— I think she likes it. Elle dire à moi que vouloir girafe.

Et au fil du roman, elle revient et sert de coussin réconfortant à Charlotte:

La peluche en forme de girafe me soutient, cette nuit. Je la serre contre moi en faisant attention à ne pas pleurer dessus. Ce serait dommage de la salir avant que le bébé ne vienne au monde. Par précaution, je l’écrase contre mon ventre et je renifle dans l’oreiller. Je ne sais même pas pourquoi je pleure : parce qu’Alex me manque, parce que je suis au chômage, parce que je suis seule, parce que je ne sais pas ce que je fais là, dans cette maison, ni pourquoi je dois partir passer Noël dans cette famille qui m’a si rapidement adoptée, mais que je ne connais pas vraiment. En tous les cas, je sais que j’ai suffisamment de raisons de pleurer, je n’arrive juste pas à me concentrer sur une seule.

Je présume qu’elle devra revenir un peu plus tard, aussi, ne serait-ce que pour être sauvagement jetée à la poubelle (hum… non, trop mignon). Suite à l’écriture de ma première version, il y a longtemps, ma copine m’en a offert une pour une occasion particulière. Je l’ai rangée, puis ressortie il y a quelques jours. Depuis, elle me regarde écrire, bien planquée sur mon imprimante! Enfin… si tant est que j’écris…