Connaître ses limites…

Ces derniers temps, j’ai beaucoup appris sur mes limites et sur mes attentes en général. Dans ma vie, d’abord, car j’ai longtemps été une workaholic assumée (mais j’apprends à me soigner), mais aussi – plus récemment – dans l’écriture.

Je ne suis pas le genre à me prendre la tête. J’aime quand les choses restent simples, mais je dois constater que j’ai certains principes auxquels je tiens. Écrire est plus important que publier. Si ça arrive, tant mieux, sinon tant pis. Je ne suis pas à plaindre: ma vie est bien remplie, j’aime mon boulot et on ne manque de rien (sauf de temps, mais ça, je présume que c’est commun à tout le monde).

Dans les dernières années, j’ai suivi les aventures de plusieurs personnes sur le chemin de l’édition: parfois dans des maisons que j’aime et que je respecte, mais pas toujours. Parfois en papier, en numérique ou en en auto-édition. Dans ce domaine, personne ne peut dire le contraire: il y en a pour tous les goûts. Même vendre son bouquin sur Amazon est devenu un jeu d’enfant.

Et moi, je ne cherche pas. La preuve, je promettais je ne sais plus quoi en début d’année, mais je n’ai rien fait. Mon Cercle félin dort à poing fermé. Je n’imprime que pour mon petit clan à moi. Parfois je déroge à la règle, j’envoie une nouvelle ici ou là. Parfois, ça prend, parfois non. Ce sont les aléas de l’écriture…

Il y a trois ans, quand j’ai commencé à écrire, mon entourage me parlait constamment d’édition, comme si c’était le sacre ultime à obtenir. Personne ne voit le plaisir qu’il y a à écrire, à faire vivre un personnage, à plonger dans l’abîme avec lui ou à l’aider à surmonter ses épreuves. Il est vrai qu’en parler est insuffisant. Il faut terminer l’oeuvre et la faire lire, qu’elle sorte de soi. Peut-être que l’oeuvre a besoin de lumière, ou alors est-ce les auteurs? Je ne sais pas. Moi, quand j’écris, c’est l’oeuvre qui m’apporte de la lumière et non l’inverse, c’est à moi qu’elle fait plaisir. Être submergé par notre récit et nos personnages, empiéter sur son temps de sommeil pour y revenir le plus longtemps possible. Ça, c’est le moment que je préfère. Si ça en touche d’autres, tant mieux, mais écrire – pour moi – est un geste foncièrement égoïste. J’écris ce que j’ai envie de lire, ce qui ne se publie pas (en tous les cas, chez nous), sans me soucier de ce qui adviendra après. De toute façon, quand l’histoire est prête, elle sort, tout simplement.

Au fil du temps, je suis tombée sur des forums littéraires, sur des blogues, sur des gens qui se questionnent, qui ne veulent pas continuer leur saga tant que le premier tome n’est pas publié, ce genre de choses. De toute évidence, les priorités varient pour chacun. Les buts, aussi. Papier ou numérique? Ici ou là-bas? Bref… il y a plus d’une chose à réfléchir quand on veut trouver de la lumière pour son récit et certains sont prêts à tout pour obtenir un petit bout de soleil.

De toute évidence, pas moi 😉