Ce matin, j’ai envie de vous parler de mes personnages féminins. Parce que je les aime, parce qu’elles savent ce qu’elles veulent, qu’elles sont souvent fortes de tête et qu’elles en font baver à la gente masculine. Chez moi, pas de belle aux bois dormants qui attend son prince charmant: si elle le veut, elle va le chercher.

Je ne parlerai pas de ma Sara dans Rêves, car c’est vraiment mon personnage le plus bonbon qui soit. Trop à mon goût, d’ailleurs. Si je devais réécrire cette trilogie, il est sûr qu’elle prendrait un peu de mordant.

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Sally

C’est mon personnage blasé de Dons et malédictions. Sally pour Salem, née d’une mère un peu sorcière sur les bords. Elle entend tout ce qui passe dans la tête des autres dans un bruit cacophonique. C’est son don. C’est pourquoi rien ne la surprend (ou alors rarement). Rude à ses heures, toujours sur des enquêtes qui la force à revivre des scènes morbides, elle se rarement de se moquer de ce que pense son partenaire de travail, ce qui mène à des dialogues plutôt cocasses.

Cliquez pour découvrir un petit extrait qui montre le rapport de force entre elle et l’inspecteur Thomas (ne vous laissez pas surprendre, elle gagne souvent ces petites querelles).

[toggle_content title= »Extrait – Dons et malédictions »]

— Hé !

Thomas est sur mes talons.

— Qu’est-ce que tu fais là ? demandai-je, un peu étonnée de le voir derrière moi.

— C’était une blague tout à l’heure, hein ? Je veux dire, à propos du mariage…

Il a peur de m’avoir insultée. Je veux dire : vraiment. Là, c’est une première ! J’affiche un petit sourire moqueur devant sa nouvelle préoccupation à mon endroit :

— Ça va, je suis vivante. Allez, retourne à l’intérieur.

— Je prends l’air aussi… j’ai le droit non ? dit-il d’un air obstiné.

Comme pour me prouver ses dires, il s’écrase à côté de moi et respire l’air ambiant à grandes bouffées. C’est bruyant. J’ai envie de lui ficher un coup de poing.

— Merde Thomas. T’es vraiment qu’un chien de poche.

— Enfin ! s’écrie-t-il. Je commençai à me demander si les enfants avaient une mauvaise influence sur toi.

— Pauvre con.

— Je te retourne le compliment…

Cette fois je rigole. Il est ravi de son coup. Fallait le faire : chaque fois qu’il m’insulte et que je lui rends la pareille, ça finit dans les rires. Quand il réussit, comme maintenant, il est fier. Il a même envie de chantonner. Sa tête se met à suivre les paroles de la chanson qui joue dans le bar et il se balance au rythme de la mélodie. Je lui fiche un coup avec mon genou, pas trop fort quand même, juste pour qu’il arrête ses conneries.

— T’es chiante, merde, me dit-il en me rendant mon coup.

— Putain Thomas, qu’est-ce que tu veux ? Dégage !

— Pourquoi ? Quand je suis là, ça t’énerve et quand je t’énerve, j’aime ça.[/toggle_content]

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Alice

Ma petite geekette qui adore pirater les systèmes informatiques. Au début du récit, Alice est le bras droit et la partenaire de travail de Jonathan Sanz qui meurt dans d’étranges circonstances et qui la laisse à la tête d’une revue en pleine expansion. En couple avec Dave, son petit ami pirate, lui aussi, Alice est une femme moderne, libérée, qui n’a pas froid aux yeux. C’est pourquoi sa rencontre avec Michaël Falcon sera des plus intéressantes: longtemps esclave des vampires et pour le moins vieux jeu, il aura du mal à comprendre le rapport de force qu’elle établit avec lui. Est-ce que c’est ça, les femmes modernes?

Depuis hier, j’ai recommencé à corriger cette série. Signe que ma petite Alice me manque… j’y vois plus d’action, mais pas moins de morts.

[toggle_content title= »Extrait – La mémoire de l’ombre »]

— Je croyais que toutes les femmes étaient romantiques et attendaient le prince charmant ?

— Je crois que l’époque ne s’y prête pas trop. Au cas où tu ne l’aurais pas encore remarqué, le Moyen-âge, c’est terminé.

Il rit devant la façon un peu brusque dont elle se lève pour récupérer son assiette. Il se lève à sa suite et l’accompagne jusqu’à la cuisine.

— Et ton fiancé ? Ce n’est pas le prince charmant ?

— Dave ? Bordel, non !

— Mais tu l’aimes ?

— Évidemment. Il est super !

— Alors, tu vas te marier avec lui ?

Elle le dévisage avec des yeux stupéfaits :

— Me marier ? Avec Dave ? Bordel, mais pourquoi faire ?

— N’est-ce pas ce que les gens font ? Se marier, habiter ensemble, avoir des enfants…

Elle voudrait rire de sa réplique, mais elle n’y arrive pas. Elle le regarde et constate à quel point il semble sérieux.

— Dis donc Michaël, depuis quand t’as pas ouvert une télévision ?

— Je ne comprends pas…

— On est à l’an 2000. Les femmes et les hommes ne sont plus obligés de se marier, ni d’avoir des enfants.

Il siffle :

— Je sais ça ! Mais Dave n’est-il pas ton fiancé ? John m’a dit que vous étiez ensemble depuis plus d’un an…

— Et alors ?

— Alors ? C’est sérieux ou pas ?

— Qu’est-ce que ça change ?

— Tout !

Il a envie de dire que John aurait peut-être dit la vérité plus tôt s’il avait cru que ce n’était pas sérieux entre elle et Dave, mais il se retient. Ça n’a plus vraiment d’importance maintenant. Alice s’écrase sur le comptoir face à Michaël et le regarde un instant :

— Je crois que t’as besoin de t’intégrer un peu plus à cette époque…

— Je ne crois pas que tout, dans cette époque, soit une bonne chose.

— Tu préférais quand les femmes restaient à la maison ?

Il rit doucement :

— Peut-être pas, mais je préférais certainement quand elles étaient plus sérieuses.

— C’est toi qui dis ça ? Toi qui t’es marié deux fois ?

— J’ai six cents ans.

— J’en ai vingt-huit et alors ?

Il la scrute un moment :

— Nous ne pouvons pas voir les choses de la même manière…

— Possible, mais c’est toi qui est pris avec l’immortalité, c’est donc toi qui devrait essayer de comprendre mon point de vue.

— Pourquoi ?

— Comme ça, tu pourrais mieux t’intégrer à cette époque et être… plus heureux, tiens.

Ça le consterne qu’elle dise ça. Il sent sa mâchoire se crisper et il demande :

— Tu crois que je ne le suis pas ?

— À toi de me le dire.

Il a du mal à rester calme et il retourne s’écraser sur sa chaise. Alice termine de débarrasser sans un mot. Elle sent qu’elle a provoqué Michaël et craint légèrement sa colère. Quand la table est de nouveau propre, elle récupère son verre de vin avant de retourner s’installer dans le canapé. Michaël se lève et vient s’installer dans le fauteuil, près d’elle :

— T’as raison, dit-il soudain, je ne suis pas heureux.

— C’est pas grave. Des tas de gens ne sont pas heureux et on ne leur en veut pas pour autant. Peut-être que la prochaine époque sera mieux…

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[La suite une autre fois…]

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