En septembre, je n'ai rien accompli

L’une des phrases qui m’a le plus marquée dans mes lectures se trouve dans Une mort très douce de Simone de Beauvoir, récit intimiste dans laquelle sa mère va mourir (rentre à l’hôpital pour une fracture du tibia et on y trouve un cancer) et, comme c’était le cas à l’époque, personne ne le lui dit. Cette phrase (parmi beaucoup d’autres), c’est un soir, lorsque la mère s’éveille et qu’elle constate avoir dormi toute la nuit:

« Aujourd’hui, je n’ai pas vécu ».

Et moi, en septembre, j’ai beaucoup vécu, donc très peu dormi, mais je n’ai rien terminé. Il faut dire que septembre, c’est le moment où la tête reste prise à plusieurs endroits: au travail, dans mes livres et, disons-le, dans ma grossesse aussi (il n’y a qu’à voir le sujet de mes derniers billets pour savoir que l’écriture en a pris un coup). Les préparatifs de la chambre, le bedon qui bouge tout le temps et qui fait un sacré bond, les rendez-vous multipliés chez le docteur et les nerfs à fleur de peau pour absolument rien. Je baigne dans un cocktail d’hormones, sachez-le.

Sinon, en septembre, chéri et moi, on en a fait du chemin! Restos, soirée de cartes, visites chez des amis et, souvent, dans la famille. À croire qu’on sera confinés à la maison après la naissance. Il y a eu la soirée de lancement du roman Résurrection d’Edith Kabuya, là où j’ai vu plein de gens glamour et jet-set, là où j’ai fait la ligne pour me faire dédicacer mon bouquin, jasé dix minutes top chrono avec Patrice Cazeault et Sylvie Gaydos avant que chéri, mon taxi de la soirée, vienne me récupérer. Dommage, c’était vraiment une jasette éclair. Trop court, mais trop tard pour une femme qui ne dort pas assez. Reste à savoir si j’aurai le temps de remettre ça avec la poussette au Salon du livre de Montréal. Je jure… je vais essayer!

Niveau lecture, j’ai terminé Averia et Résurrection. Un miracle vu la capacité de concentration que j’avais.

Niveau écriture, je me suis éparpillée. Quand je regarde mon bilan, je constate que j’ai eu trois phases: écrire des nouvelles pour des AT (ce qui n’est définitivement pas ma zone de confort), eu l’idée de La marque du loup qui s’est écrit rapidement au début, puis qui est resté en suspens au milieu du mois. Finalement, les personnages salauds, ça me plaît bien. Trois jours plus tard, j’ai écrit une nouvelle qui n’a pas plu (pourquoi je m’obstine à en écrire, je peux savoir?) et joué avec un début de nouvelle que je n’avais pas terminé pour l’AT. Ce que je vais en faire? Qui sait? Peut-être une histoire, peut-être pas. Ça reste là, quelque part, dans mon petit tiroir virtuel. On verra…

Depuis une semaine, je suis de retour dans Trois jokers pour l’amour. En suis à la moitié et les mots continuent de couler, signe que mon petit Oli me plaît bien. Mais lui, il est loin d’être salaud… *soupir* (prière de ne pas chercher à comprendre ma tête).

Tout ça passe de peu la barre du 60 000 mots pour le mois de septembre, un peu plus que ce à quoi je m’attendais et pas mal pour une fin de grossesse. À part les AT (ceux écrit, ceux refusés et ceux publiés en cachette), rien n’est terminé, mais avoir des débuts bien entamés (au tiers, voir à la moitié), je trouve que c’est plus simple quand on y revient. Alors… je n’ai rien de terminer… mais on peut dire que j’ai pas mal de choses en cours.

Et juste avec l’accouchement à venir, je peux déjà promettre que j’accomplirai pas mal de trucs en octobre…