Le temps et la gravitation

Le temps et la gravitation,voici ce à quoi je songe ces jours-ci. Je suis nulle en sciences, mais je me rends compte que les lois de bases finissent toujours par nous rattraper. Devenir parent fait en sorte qu’on se questionne sur des choses qui paraissaient simples, il n’y a pas trois semaines.

Le temps est une notion variable. Il l’a toujours été, mais voilà que ça devient concret. Il manque, évidemment (plus qu’avant, je veux dire), puis il passe à toute vitesse ou avec une énorme lenteur. La plupart du temps, je n’en ai pas conscience, toujours surprise par l’heure: « Quoi? Midi déjà? » À d’autres moments, je m’émerveille devant le sommeil de mon ange et me surprends à passer mon temps à l’observer. Inutile de dire que tout le reste passe après les désirs du petit prince et que, tout compte fait, il ne reste plus de temps pour faire autre chose. Quand il dort, on s’empresse de faire un peu de ménage: vaisselle, lavage, ramassage… y’a toujours de quoi faire avec un bébé et souvent, on manque de bras. À se demander comment je ferai la semaine prochaine, quand chéri sera de retour au boulot. Pensée positive, je vais devenir un super maman.

En contrepartie, je dois avouer que Danaël est un petit ange. C’est à peine s’il pleure et ça ressemble à un oiseau. Faut souvent tendre l’oreille pour l’entendre, d’ailleurs. Le jour, il dort bien (ouais, faudrait qu’on arrive à appliquer ce même principe la nuit). Il boit bien, prend du poids. On ne peut pas vraiment se plaindre, quoi. Ceci étant dit, c’est une toute petite étoile autour de laquelle nous gravitons constamment. Quand il est réveillé, quand il dort, quand il pleure, quand il mange… même dans les moments de répits, on anticipe la suite: le prochain boire, le bain, le lavage des vêtements (qui sont étonnamment toujours sales). Bref… chéri et moi sommes toujours à graviter autour de notre petit ange. Et quel chéri j’ai! C’est un partenaire en or dans cette aventure! Pas que je ne m’y attendais pas, mais quand même! Rien ne vaut les exemples concrets pour réaliser la chance qu’on a, pas vrai?

Et sinon, je mentirais si je disais que l’écriture et mes personnages ne me manquent pas. Surtout ceux de La marque du loup. Je crois avoir réécris mon chapitre actuel dix fois dans ma tête, mais ouvrir Word… j’en suis bien incapable. D’abord, je peine à avoir deux bras juste à moi plus de vingt minutes d’affilées. Durant mon temps libre, je prends mon fils en photo, je prépare sa carte de naissance, son blogue et je remplis son livre de bébé. Le nanowrimo en novembre? Laissez-moi rire! Déjà, je dois corriger les travaux de mes étudiants avant qu’ils oublient que j’ai déjà été leur prof!

Le temps change et mon centre de gravité aussi.

Bon, c’est pas tout ça, mais j’ai du lavage à faire sécher et des biberons à stériliser…