Chez mon papa, il y a mes deux premiers tomes du Cercle félin sur une table (oui, mon père ne lit pas, mais il fait de la pub pour moi). Un ami arrive et me félicite pour mes publications: « Est-ce que tu les vends? ». Ben, pas ceux-là, mais ils sont disponibles en librairie. Réaction: des yeux surpris. Il pensait que c’était une production maison. De ce fait, j’ai eu droit à une deuxième vague de félicitations, puis une discussion qui débute sur le pourcentage touché par l’auteur sur chaque vente (du genre, si je les achète, il te revient combien?). Après un calcul rapide, je perçois de la consternation dans son regard. Je vous passe les questions et les réponses, mais le premier constat de la discussion arrivait à quelque chose qui dit: ma parole, c’est bien plus payant de s’autopublier (70% versus 10%).

Comme je connais un peu le sujet, je lui explique que l’autopublication, c’est définitivement plus payant, mais seulement quand tu vends (logique, oui) Cependant, on ne se le cachera pas, les gens sont encore rébarbatifs à cette pratique (et pour cause). Sans label, on ne peut pas juger de la qualité de l’oeuvre. Généralement, une maison d’édition fait un travail éditorial sur le texte publié, corrige les fautes, fait la couverture, etc. Autrement dit, si on aime la ligne éditoriale d’une maison, on reste souvent fidèle à cette maison et on rechigne moins l’idée de payer plus cher pour un bouquin (pour ma part, du moins).

Et lui de demander: si j’achète ton livre en numérique, vas-tu recevoir plus d’argent? (L’argent, le nerf de la guerre, partout – un peu plus, il me donnait 2.50$ et on n’en parlait plus). Il est vrai qu’en numérique, les redevances sont un peu plus grandes, tout dépendant de la maison, bien sûr. Du coup, il s’est dit qu’il le prendrait en numérique pour « m’encourager » davantage. Sur le coup, j’ai trouvé étrange sa logique, mais j’ai quand même trouvé charmant le fait qu’il ait songé à l’auteur derrière la projection de son achat.

C’était une chouette discussion, même s’il a fallu que je lui explique que le pourcentage en question n’était qu’un seul aspect auquel il fallait réfléchir. Il faut lire aussi (combien de livres meurent dans des PAL) Et, si on a aimé l’histoire, il faut en parler (et mieux encore: le dire à l’auteure pour qu’elle fasse la danse de la joie dans son salon). Car à défaut de pouvoir en vivre, il faut aussi avoir envie de continuer à écrire et de partager ses romans (j’ai quand même écrit pendant 4 ans sans rien publier sous mon nom).

Et comble de la surprise (chez moi et autant que chez les autres membres de ma famille), j’ai réalisé qu’à la fin de 2014, j’aurai publié 7 romans cette année seulement (1 autoédité, 3 en numérique chez 2 maisons différentes et mes 3 tomes du Cercle félin en papier). Juste en faisant le décompte, j’étais étourdie.

Promis, en 2015 je serai sage (mais pas trop).

2 thoughts on “Discussion autour d'un livre…”

  1. « Il est vrai qu’en numérique, les redevances sont un peu plus grandes » Je ne sais pas pour toi, mais pour moi, le numérique (chez l’éditeur qui a publié le papier en tout cas et non pas le numérique en autoédition), les redevances sont les mêmes, soit 10% du prix de vente et comme le prix du numérique est moindre, les redevances aussi.
    Pour toi, comment tu calcules?

    1. Chez Ada, c’est 25% du prix reçu (donc après tous les frais, alors… ce qu’il en reste, qui sait?) Chez Milady c’est 20% (juste en numérique) et chez Harlequin (15%, juste en numérique aussi). Bref… chacun a sa règle.
      En même temps, comparativement à la France, on est loin d’avoir des prix accessibles en numérique (en France, entre 2.99 et 4.99 euros pour un roman). Ici, 85% du prix papier (du coup, ça ne vaut pas la peine de le prendre en numérique).
      Il va bien falloir qu’on s’y mette, nous aussi.

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