Le doute de l'auteur

Saviez-vous que l’auteur est une bébitte qui doute tout le temps? Certains jours plus que d’autres, évidemment. C’est comme une seconde nature. On ne peut rien y faire. Le doute, c’est sournois. C’est là, c’est tout. Un instant, on ne pense à rien, et puis, deux secondes plus tard, on doute. Bon sang, mais qu’est-ce qui m’a pris d’écrire ce roman? De l’envoyer à un éditeur? Je ne suis pas Kundera!

Il ne faut pas se leurrer. Parfois l’auteur se trouve bon. Il aime un passage, un mot, une scène qu’il a écrite. Le lendemain, le même passage est affreux, tout bon à jeter. Hé oui, le doute, c’est variable (et sournois, je l’ai déjà dit).

Quand il reçoit un contrat de publication, l’auteur redevient optimiste. C’est un pas vers l’avant. D’autres l’aiment, et d’autres liront son histoire. Mais c’est tellement long avant qu’un livre ne vienne au monde, que le doute finit par revenir. C’est d’autant plus interminable avant qu’on le remarque et qu’on le lise. Imaginez le temps avant de recevoir des commentaires (ou pas).

Au début, l’auteur attend, tapis dans l’ombre. Il espère un retour. Il devient fou à se ronger les sangs. Et puis… il retourne à l’écriture (après tout, là, il est réellement à sa place).

Même quand il a reçoit plein de bons commentaires, l’auteur n’ose pas les mettre sur son blogue, parce que ça fait prétentieux. Et puis, ce n’est l’avis que d’une, deux ou trois personnes. Un seul mauvais commentaire et le doute revient (ouais, c’est une bête coriace, le doute). L’auteur se souvient que ce n’était pas une bonne idée d’envoyer son manuscrit et de le publier. Quelle idée il a eue! Il aurait mieux fait de rester chez lui, à écrire, et à cacher ses textes dans son tiroir!

Quand plein de contrats tombent du ciel, l’auteur doute encore. Ce ne sera pas aussi bon, c’est trop différent. Forcément, ce n’est pas le même texte!

Soupir.

L’auteur, c’est vraiment une drôle de bébitte. Au début, il a le syndrome de l’imposteur. Ensuite, il a l’angoisse constante de ne pas plaire. Et quand il plaît, il anticipe la suite d’un œil suspicieux. Jamais content? Au contraire, souvent, il est heureux, mais il a régulièrement des crises existentielles.

Et puis, un beau jour, il se dit qu’il est à sa place. Peu importe les bons ou les mauvais commentaires. Il écrit. Et c’est tout ce qui compte.

Que faire pour aider les auteurs en doute constant? Envoyez-leur un petit mot gentil. Parce que c’est de ça que ça se nourrit. Quoi? Vous ne le saviez pas? Eh bien, voilà, c’est chose faite! Un mail, un commentaire sur le blogue ou sur facebook, un mot sur booknode, goodreads, babelio… et il sera d’autant plus heureux.

Ça ne gagne pas cher, un écrivain, mais un rien lui fait plaisir. Ça oui.