Mes romans
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Je ne vous mentirai pas, en publiant, mon but était de rencontrer des lecteurs (et de parler de mes romans), mais en fait, depuis quelques mois, je me retrouve surtout à parler de publication avec d’autres écrivains (on dirait que ça donne une sorte de statut d’avoir publié, pourtant, je publiais avant!)

Parmi les questions qu’on me pose, je retrouve celles-ci: Quel éditeur choisir? Vaut-il mieux du papier ou du numérique? Pourquoi pas l’auto-édition? Bref… on fait un tour de piste?

Publier

Écrire un roman, c’est censé être long. Pour ma part, j’attends que ça bouille de l’intérieur avant de m’y mettre, comme ça, l’histoire sort rapidement (lire ici, la formation du récit se fait avant l’écriture). Publier, c’est encore plus long (il faut compter de quatre à douze mois d’attente pour la réponse, et à peu près le double pour la publication).  De ce fait, si tu es quelqu’un d’impatient, comme moi, tu as quelques solutions:

  • Envoyer ton roman à quelques maisons, l’oublier, puis commencer un autre projet pour tuer l’attente;
  • T’auto-publier (là, promis, tu ne t’ennuieras pas).

Certains vont faire le cycle suggéré: envoyer aux grandes maisons, attendre. Envoyer aux moyennes maisons, attendre. Envoyer aux petites maisons, attendre. Bien sûr, on peut envoyer à tout le monde d’un coup, mais personnellement, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne chose. Dès le premier « oui », on veut signer un contrat (surtout si c’est notre première publication), mais on oublie que d’autres réponses peuvent arriver plus tard (et toutes les maisons ne se valent pas)…

Et si toutes les (bonnes) maisons refusent, c’est qu’il y a forcément une raison.  Le texte n’est peut-être pas assez travaillé, le style pas assez fluide, il y a trop de boulot sur le roman, etc. L’une des raisons pour lesquelles j’avais hâte de publier, c’était pour travailler mon texte avec un professionnel. Or, entre le manuscrit envoyé et le résultat final, il n’y a, finalement, que certains éléments qui changent. Ce qui me confirme une chose: le texte doit être bon dès le départ. L’éditeur ne cherche pas un roman à bosser, mais une histoire pratiquement prête à publier. De ce fait, écrire beaucoup est la meilleure formation pour devenir écrivain. Mais là, encore, ce n’est que mon avis.

Comment choisir un éditeur?

À la limite, la question paraît simple, mais elle ne l’est pas. N’est pas éditeur qui s’en donne le titre. Certes, on peut éliminer certaines maisons à partir du support (numérique ou papier), tout en respectant ce que l’éditeur publie. Cela veut dire qu’il faut lire pour savoir si on a une histoire qui cadrerait dans cette maison. Si aucun résumé de leur catalogue ne t’interpelle, il y a peut-être un souci (généralement, on lit le genre qu’on écrit).

Deuxième façon de choisir un éditeur, et non le moindre, les suivre via Facebook, Twitter, ou ce genre de choses. Pourquoi? Pour voir si on aime le style de la maison. Que font-ils pour leurs auteurs? L’éditeur passe-t-il son temps à faire des coups de gueule sur la politique? Est-ce qu’ils sont présents? Dynamiques? Investis? (Et paradoxalement, cela aide à voir si ce sont de vrais éditeurs).

Bon, mon côté fille va aussi vers des éditeurs qui font des belles couvertures. Autrement, si la couverture ne me plaît pas, j’ai peur de ne pas avoir envie d’en faire de la pub (je croise les doigts pour ne pas que cela m’arrive).

Troisième façon de choisir un éditeur, poser des questions aux auteurs qui y sont. Ça, c’était ma méthode quand est venu le temps de signer des contrats. Pauvre Patrice qui s’est ramassé avec 62 questions à l’heure (bon, il a survécu, hein!) mais j’aime bien connaître les forces et les faiblesses des maisons chez qui je vais. Au moins, je sais à quoi m’en tenir et je n’espère pas inutilement. Oui, je suis assez concrète comme fille. Et sachez-le, il y a des bonnes choses et des mauvaises choses dans toutes les maisons. Il suffit que les moins bonnes nous conviennent…

Bref, là encore, il faut prendre son temps. Un contrat, c’est long. C’est pratiquement un mariage. Autant être sûr de vouloir se lier avec la maison pendant un bon moment.

Papier ou numérique?

En ce domaine, on a deux clans: ceux qui ne jurent que par le papier, et ceux qui aiment les deux (bah oui, les gens qui aiment le numérique ne sont pas si pointilleux). Personnellement, j’aime avoir les bons livres en papier (oui, j’ai mes copies personnelles, même de mes romans publiés en numérique). J’ai tout Beauvoir et Kundera en papier. Plein de Woolf, de Sand et de Yourcenar aussi. Mais les livres que je ne relirai pas, je fais tourner. J’ai deux bibliothèques. Quand elles sont pleines, je fais du ménage. De ce fait, le numérique, il est cool pour plein de raisons. La première étant: on peut lire bien plus (en tous les cas, moi, je lis plus). Pourquoi? À cause du bébé, du métro, des voyages, etc. Ma kobo a toujours des trucs dessus, et dès que j’ai envie de lire, tout y est. C’est plus léger et c’est moins cher (la plupart du temps), sans compter le plus important: l’histoire reste la même. Le support ne change rien à l’histoire.

Bref, si vous êtes papier, cherchez un éditeur papier, mais ne faites pas perdre le temps des éditeurs numériques (oui, il y en a qui le font). Moi, je n’ai rien contre le numérique, mais je voulais du papier pour mes séries. Je le dis depuis le début, et c’est toujours ça. Il est faux de croire qu’être en librairie te fera vendre davantage (trois copies, ce n’est pas davantage). Et c’est également faux de croire que le numérique te fera vendre moins. Je peux vous jurer l’inverse. Surtout que, nous, au Québec, on reste un très petit bassin. Des francophones, il y en a partout: en Europe, en Afrique, au Moyen-Orient… Pourquoi se limiter aux librairies locales quand le net permet d’atteindre le monde?

Et sinon… pourquoi le papier? Parce qu’il y a des gens qui ne lisent que sur ce support. Pour faire les salons, aussi. Pour dédicacer également (oui, les cartes, les trucs virtuels, c’est top, mais un livre… quand même!). Bref, le papier a encore une belle vie devant lui, mais pour toucher des gens ailleurs, le numérique a quand même une bonne longueur d’avance. Il voyage vite, est généralement moins cher et se transporte facilement.

L’auto-édition?

Je vais commencer cette partie avec une anecdote. Quand je me suis auto-publiée (sous pseudo), tout le monde me regardait de haut (même moi, je crois, parce que c’était juste un test). Puis j’ai été éditée à compte d’éditeur en numérique.  Là aussi, les gens me regardaient de haut, mais me parlaient un peu plus (on ne sait jamais, après tout). Ce n’est pas vraiment de l’édition, le numérique, hein? (et j’ai envie d’ajouter: le fantastique, la SF et la romance aussi…, mais ce serait un autre débat).

Enfin… j’ai été édité en papier. Et là, j’ai eu plein de nouveaux amis (oui, de la maison, souvent, ce qui est normal, mais pas seulement).

Grâce au papier, j’étais devenue un écrivain (oui, ici, vous pouvez rire).

Il y a, de façon tacite, une hiérarchie. Ne faites pas vos blaireaux, vous savez que c’est vrai. Et moi aussi, je l’applique. Je suis très sélective quand j’achète de l’auto-édition. Il faut que j’ai accès à un extrait, de quoi vérifier que ce n’est pas n’importe quoi, je suis pointilleuse sur le résumé, la couverture, etc.

Alors… quel est le bon côté de l’auto-édition? On est maître à bord, déjà. On peut se dire: là, c’est mon succès. À moi, et à personne d’autres (ou presque). C’est ma couverture, c’est mon texte, ma promo, etc. Soit dit en passant: si le texte est bon, il aura besoin de temps, mais pas nécessairement de pub. Autrement dit: cessez de spam tout le monde avec votre roman, ça ne donnera rien (ça fait même l’effet inverse pour ma part). Si le roman vaut le détour, ça finira par se savoir.

S’auto-publier, ça signifie: prendre le temps de relire son texte, le faire relire aussi (non, mais!), le faire corriger (par un pro, pas par ta mère!), trouver une bonne couverture, passer par un outil qui fera un epub correct, un service d’impression à la demande, etc. Tout est la tâche de l’écrivaillon. Du coup, le boulot que ça représente, c’est quelque chose, mais c’est faisable. Et pour moi, ce n’était pas trop compliqué (prof photoshop, geekette, etc.) Pourtant, j’ai quand même utilisé un service externe.

En contrepartie, pour trouver des lecteurs, c’est moins évident. Il faut donner son texte en pâture à des blogues ou sur des systèmes de lecture en ligne (gratuit), puis attendre. Parfois, ça paie. Parfois… ça tombe dans le vide. Hé oui, c’est la vie, mais en publication standard, c’est pareil. Sur les tablettes, il y a plein de livres, et les gens cherchent des valeurs sûres. Des noms qu’ils connaissent, des coups de coeur, ce dont ils parlent à la télévision (bref, on n’est pas sortit du bois).

Alors quel est l’avantage de l’auto-édition? Tu reçois tes rapports de vente tous les jours. Tu as directement un lien de cause à effet si tu fais de la pub (aïe, j’en ai vendu trois de plus que d’habitude aujourd’hui) et surtout: tout ce que tu gagnes, c’est grâce à toi. Pas de maison qui t’aide à faire la promo. Ton texte fait son chemin tout seul. Amazon t’aide un peu, les commentaires aussi, mais le copinage… pas tant, finalement.

Bah alors… quel est le meilleur?

Là encore, il n’y a pas de vainqueur. Personnellement, pour avoir trempé mes orteils un peu partout, je peux dire qu’un peu de tout est chouette. Chaque type de publication a ses forces et ses faiblesses, mais chacun travaille assez bien en collaboration.

Le papier, c’est beau, c’est noble, c’est tout ce que tu veux, mais ça prend des lustres pour que mes amis Français y aient accès (et via Amazon, hein, autrement… ouf). En librairie, tu es quelque part parmi d’autres romans. Rarement en vedette. Il ne faut pas se leurrer, les gens ne se ruent pas sur ton roman (n’est pas J.K. Rowling qui veut).

Le numérique, c’est accessible partout (mondial d’un simple clic), mais tout le monde n’y est pas. Qui a une liseuse dans votre famille? Moi, uniquement celles à qui j’en ai acheté une (ou presque), et elles adorent!

L’auto-édition, c’est un autre univers: tu vois ce qui se passe en temps réel. Les rapports de vente, par exemple (car en édition, c’est 1 ou 2 fois par an), mais pour se démarquer des autres textes, bonne chance! Et quand ça marche, c’est vraiment chouette.

Évidemment, si tu es auto-édité et publié, forcément, l’un inspirera l’autre (tes textes auto-publiés trouveront de nouveaux lecteurs, tes textes en numérique auront un petit succès supplémentaires, etc.) Le but, c’est quand même de trouver des lecteurs, pas vrai? Donc… un peu de tout, moi, je dis que c’est la bonne recette. Mais là encore, tout le monde a la sienne.

Et je ne parle pas d’argent (un jour, peut-être), mais je ne vous mentirai pas: pour ma part, l’auto-édition a été bien gratifiant. On pourra en reparler d’ici deux ou trois ans. Qui sait? Tout change. Le monde l’édition aussi. Chacun doit simplement y trouver sa place…