Conseils d'écriture

Conseils d'écriture

Une fois, durant un cours de pédagogie que j’enseignais, j’expliquais que j’allais leur montrer à utiliser les technologies pour bonifier leurs cours quand une dame m’a arrêtée pour demander: « comment on rend un cours intéressant? » Sur le moment, je n’ai pas compris la question, mais le groupe a essayé de lui donner des réponses: si tu es passionnée par l’enseignement, ça va forcément paraître et ta matière sera plus intéressante pour les étudiants. La dame semblait dépitée… et sous le choc. Quoi? Il n’y a pas de méthodes pour être un bon prof? Bah non, tu l’as ou tu ne l’as pas, c’est tout. C’est une vocation.

Écrire c’est la même chose. Oh! Je ne dis pas que c’est réservé à ceux qui ont cette vocation, hein (loin de là), mais comme ça prend du temps, que tu dois sacrifier d’autres choses pour le faire… disons que c’est un pensez-y bien. C’est pourquoi les conseils qui suivent sont à prendre uniquement si ça vous convient. Ou presque.


1. Sans filtre et sans tabou

Faites taire votre petite voix intérieure qui dit que c’est mauvais, que ça ne plaira à personne, que cette histoire a été lue mille fois ou qu’elle est dans une case « à part ». Écrivez. Vous aurez tout le temps de revenir à cette étape à la relecture ou à la réécriture. Pour le moment, sortez tout. Apprenez à faire taire tout ce qui peut nuire à votre inspiration et écrivez.


2. Trouver son rythme

Écrire peut parfois être long et difficile, mais il arrive qu’un roman sorte très rapidement. Et alors? Chacun son rythme. Ce n’est pas une course, et personne n’attend votre manuscrit. Autrement dit: ne laissez personne juger votre travail sur le temps que vous y aurez investi. Et par pitié, faites-en autant!


3. Oublier la publication

L’écriture et la publication sont deux volets très différents. Apprenez à les dissocier. Je ne comprends pasles gens qui visent une portée éditoriale quand ils écrivent. À mon sens, c’est le filtre le plus rébarbatif qui soit. Sur un forum, j’ai déjà lu quelque chose comme: « je ne veux pas écrire mon deuxième tome pour rien, surtout si je n’arrive pas à publier le premier ». Personnellement, je ne refile jamais des séries non terminées à l’avance. Pour la cohérence de mes textes, je préfère tout écrire et revenir en connaissant déjà les détails de la fin. Ça me donne une impression de contrôle sur mon texte. Mais là, c’est moi. Dans tous les cas, il m’arrive de me dire: « personne ne publiera ce truc », et alors? Si moi, j’aime l’écrire, c’est d’autant plus important que je tiendrai à ce texte, et que je le défendrai quand viendra le moment venu. Par pitié, ne mettez pas la charrue avant les bœufs, vous grillez sûrement vos bonnes idées.


4. Du plaisir!

Ayez du plaisir à écrire. Si ça vous emmerde, arrêtez. Je dirais même plus: si vous plongez avec vos personnages, faites-le franchement. Parlez-leur, écoutez-les et pleurez avec eux, s’il le faut. Si vous prenez du plaisir à écrire, vos lecteurs le sentiront et prendront plaisir à lire votre texte. Ceci dit, attention: écrire, c’est une drogue. Vous risquez probablement d’y prendre goût!


5. De la discipline

La discipline est parfois le meilleur moyen d’écrire un roman. Stephen King suggère d’écrire 1000 mots par jour, mais en réalité, ce qu’il faut, c’est accorder du temps à votre roman. Il ne s’écrira pas tout seul. Fermez la télé, levez-vous un peu plus tôt et comptez vos mots afin de vous donner une indication de la progression. Si vous avez besoin d’une motivation supplémentaire, testez le nanowrimo (en novembre) ou le camp nano (l’été). Bref: jetez-vous vraiment à l’eau.


6. Avec ou sans plan / structure

Je vois toujours les gens qui disent: « commencez par une nouvelle » ou « faites un plan détaillé », pour ma part, j’ai fait une trilogie sans plan et je ne m’en porte pas plus mal. Bon, elle n’est pas publiée (elle est même impubliable en l’état), mais enfin… ça viendra! De ce fait, méfiez-vous des conseils qui vous démotivent. Utilisez uniquement ceux qui vous donnent envie d’écrire (après tout, c’est l’essentiel).


7. Illustrer ses scènes

Si vous êtes visuels, trouvez des images des lieux et des personnages qui sont dans votre histoire. Si vous êtes zélés, accrochez-les sur le mur en haut de votre écran d’ordinateur. Google maps est une richesse infinie pour quelqu’un qui veut voyager virtuellement. Profitez-en pour faire le tour de Brisbane ou de Manhattan. Vos descriptions n’en seront que plus vraies.


8. Trouver sa façon de faire

Cessez de vous comparer ou de vouloir faire comme les autres. Je n’ai pas d’acteurs référents à mes personnages et je déteste la musique quand j’écris. Et alors? Je ne m’en porte pas plus mal. Au lieu de faire ce que d’autres font, trouvez plutôt la méthode qui vous convient. Elle vous conviendra bien mieux!


8. De la concentration!

Les réseaux sociaux accaparent beaucoup trop de notre temps. Au lieu de parler de ce que vous écrivez sur facebook, écrivez plutôt votre roman. Le temps est précieux. Ne le perdez pas à parler d’un truc qui n’aboutira jamais. Vous aurez bien à le faire lorsque la promotion arrivera. Restez plutôt concentré et connecté sur vos personnages. En plus, vos statuts de #projetsecret que personne ne comprend sont ridicules et saoulent plus qu’autre chose… voilà, c’est dit.


9. La voix de vos personnages

Trouvez la voix de vos personnages et assurez-vous qu’elle soit vraie. Parlez-leur dans le bus ou quand vous vous couchez le soir. Entendez cette voix. Même si vous décrivez votre personnage au millimètre près dans votre roman, jamais il ne sera plus juste qu’avec sa voix, car ce sont vos mots qui touchent le lecteur. Il est jeune? Elle est timide? Elle bafouille constamment? Il est maladroit? Laissez sa voix en témoigner. J’ajouterais: surtout si vous écrivez au « je » (ce que je fais souvent).


10. Oublier tous les préjugés

Vous savez: ceux qui disent qu’il faut souffrir pour faire un vrai roman? qu’il faut que ce soit long? douloureux comme un accouchement interminable? Oubliez ça. Si vous vibrez avec vos personnages, les lecteurs le feront aussi. Et puis, du moment que l’écriture nous exalte, le reste n’a que peu d’importance…

Écrivez et tout le reste, aux poubelles! À moins que le but soit la publication… là, c’est une autre histoire!


J’ajoute une note pour vous rappeler de sauver vos textes à plusieurs endroits. Partout. Voire même en plusieurs versions (surtout si vous coupez des scènes). Gardez tout quelque part (oui oui, les version 1, 2, 3, 56 et 1838). Utilisez un outil de synchronisation automatique (dropbox, onedrive, google drive, peu importe). Envoyez-vous régulièrement des copies par mail. Bref, ne perdez rien. Sauvez ce pour quoi vous travaillez si fort! Autrement… à quoi servira tout ce travail si vous n’en prenez pas soin? N’oubliez pas que les ordinateurs meurent sans prévenir (la plupart du temps). Soyez parés.

Est-ce que mes conseils serviront? Je n’en sais rien. Et à dire vrai, je suis la première à piocher dans les conseils que je vois passer et à les adapter à ma sauce. Le seul conseil qui prime, c’est: faites donc à votre tête et amusez-vous. De toute façon, vous ne feriez pas autrement…

Besoin d’aide? d’inspiration? de motivation?

Lisez quelque chose! Lire aide à se détendre, à faire une pause, à s’aérer l’esprit.

Allez marcher! Cela vous permettra de lâcher l’écran un peu. Profitez de votre promenade pour parler avec vos personnages, demandez-leur ce qu’ils veulent.

Fréquentez divers forums d’écriture. Les mille-feuilles ou les jeunes écrivains, pour ne nommer que ceux-ci.