Il  est assez rare que je prenne part aux débats. En général, j’aime réfléchir aux choses, mais je garde mes opinions pour moi. Je suis le genre à me dire que les opinions se valent toutes si t’as la verve pour convaincre les autres (autrement dit que les opinions sont variables, on n’a qu’à jeter un coup d’oeil à la politique). Remarquez, dans deux ans, j’aurai peut-être une autre opinion sur le sujet.

Le débat qui sévit sur l’écriture rapide et sur le nano (voir Dominic et Mathieu), ça me fait réagir parce que moi, j’écris vite. En général, un premier jet, j’arrive à le sortir en trois ou quatre semaines. Je ne dis pas que c’est parfait, au contraire, mais n’est-ce pas le but d’un premier jet? Ça n’inclut pas le temps que j’ai pris à songer à l’histoire, à faire des recherches sur le sujet, à gribouiller un plan qui ne se tient pas. Au moment où je m’installe et que j’ouvre Word, j’ai: une fiche avec mes personnages, mes lieux, une situation et ma première phrase. Après, ça coule. Le premier jet, c’est beaucoup de dialogues. Trop, ça je le sais. Après, le but c’est d’enlever et de resserrer. Maintenant, je dis ça, mais lorsque je me suis assise, la première fois, pour écrire, je n’avais aucune idée de combien de temps ça prend écrire un roman! Je connaissais mes personnages et j’avais une première phrase et puis hop! je me suis lancée! Résultat: trois tomes en quatre mois. Après, ce qu’on ne dit pas, c’est qu’on passe huit mois à corriger le premier tome, mais ça n’enlève rien au plaisir d’avoir finit l’histoire!

À ce propos, j’étais plutôt intriguée par un commentaire sur un blogue, je ne sais plus lequel (et en plus ça fait longtemps), d’un gars qui disait qu’il n’avait pas envie d’écrire la suite de son histoire tant que son premier tome n’avait pas été publié. Moi, tant que cette histoire-là n’était pas terminée, j’ai eu du mal à dormir! Je me couchais à une heure du matin et je me levais à cinq heures pour me remettre à l’ordi avant de partir au travail. Je n’ai pas voulu trois tomes, non plus! je me suis juste tannée de voir autant de pages dans mon document word. Je tire mon chapeau à ceux qui écrivent des histoires à tomes: il faut être drôlement organisé pour faire ça (ce qui n’est pas mon cas, je dois l’admettre). Quand j’ai terminé le 5e tome de la mémoire, je me suis dit que je pourrais arrimer des détails entre les tomes après, histoire de rentre les mondes plus crédibles. Quand c’est déjà publié, t’es un peu limité pour faire ça, il me semble, mais je suppose que ça rentre dans le domaine des contraintes!

Soyons réalistes: si on songeait à toutes les embûches de l’écriture, on n’écrirait jamais!  Une fois dedans, on fait avec et puis c’est tout. J’écris vite, puis je m’attache assez à l’histoire pour vouloir l’améliorer. Le plaisir, puis le travail. C’est un peu ma façon de faire et elle me convient tout à fait.Je songe aux étudiants qui détestent écrire. Chaque fois qu’un étudiant prend un de mes manuscrits, il dit: “Je pourrais jamais écrire autant de pages!”. Pourquoi pas? Si l’histoire te plaît, c’est mieux que de regarder un film à la télé. Et là, ce serait TON film! Pourtant, grâce (ou à cause) du Web, ne sont-il pas supposés écrire davantage? Ils doivent bien avoir un statut Facebook, MSN, un blogue, des emails! Pourquoi pas une histoire? Moi, je veux qu’ils fassent le nano. Qu’ils écrivent n’importe quoi au besoin, mais qu’ils écrivent! Qu’ils sachent ce que c’est, de finir quelque chose, d’arriver quelque part, d’avoir un personnage qu’on aime (ou qu’on déteste). Qui vit, quoi! Tout n’a pas la prétention d’être sérieux (heureusement, quelle vie ce serait, autrement!)

Je ne carbure pas aux mots (sauf pendant le nano, mais moi j’efface ce qui ne me plaît pas), je carbure aux histoires et aux contraintes que je me fixe. Le nano n’est qu’une façon pour inciter les autres à écrire. Peut-être que ce n’est pas une méthode assez puriste pour les vrais écrivains, mais je ne suis pas obligée d’être écrivain (d’ailleurs, les gens qui publient ne sont pas tous des écrivains à mon avis). Moi je raconte des histoires, c’est tout.Wow, j’ai écrit 741 mots en 10 minutes!

3 thoughts on “Écrire pour écrire”

  1. Wow, j’adore me réveiller et découvrir tant de passion dans les blogues ! Comme le disait Dominic sur son blogue en commentaire, chacun son rythme en écriture, on a pas tous les mêmes contraintes, la même concentration, la même discipline. Il est vrai que hors Nano, ça n’arrive pas souvent que je m’extasie devant le nombre de mots que j’ai écrit en une journée, je m’attarde plutôt à la facilité avec laquelle j’ai écrit, à l’histoire qui s’emboîte peu à peu, à la résolution d’un problème mais je suis toujours heureuse de voir l’enthousiasme de ceux qui annoncent le nombre de mots sur Facebook. Chacun s’enthousiasme sur ce qui lui donne l’énergie de continuer. C’est pas facile l’écriture, la publication non plus, alors on s’encourage comme on peut.Concernant le Nano, je suis toujours très très fière de participer et si je réussis mardi, je peux te dire que la ville de Québec en entier va entendre mon cri de joie ! Parce qu’écrire 50 000 mots en mois, c’est un défi intense, c’est un plaisir, une rage d’arriver au bout, c’est quelque chose que j’adore et que je continuerai à faire le plus longtemps possible.

  2. J’arrive en retard pour le vrai débat et je n’ai pas grand chose à dire de plus que ce qui a été écrit à droite à gauche…Personnellement, j’écris vite, un peu comme toi, quand l’histoire est là, elle ne demande qu’à sortir (et dire que pour le tout premier roman que j’ai écrit, j’ai attendu presque un mois avant de le commencer… je ne pourrais plus le faire maintenant que j’ai franchi la frontière qui m’empêchait d’écrire un roman)Je ne commence que maintenant à relire/réécrire/réviser mes premiers textes (pas les tout premiers, ceux-là sont vraiment trop nuls pour que j’en tire quelque chose) et il y a du boulot évidemment !Le NaNo, je l’ai surtout vécu comme un truc à faire en groupe. Toute seule dans mon coin ça n’aurait pas eu d’intérêt. ça permet de rencontrer des gens, de discuter (de découvrir des blogs 😉 ) Mon premier but c’était de pondre un roman correct et fini. Une histoire complète, un truc que j’aurai pas honte de faire lire. Comme tous les romans que j’avais écrit jusque là.Ca a fait naitre un roman qui sans ça n’aurait même pas émergé dans ma caboche (oui, je me suis inscrite puis j’ai cherché une idée… rien de prémédité donc) et dont je suis satisfaite (pour un premier jet).Une fois que le “vrai roman” a été fini, j’ai enchaîné sur un second, mais cette fois-ci pour réellement vivre le délire du NaNo et pas juste “écrire un roman”. Chercher des idées stupides pour avancer, mettre un “gator” quand on a l’angoisse de la page blanche (une des contraintes des Wrimos français…), et tenter d’atteindre les 50 000 mots en ne partant de rien du tout.Ce roman là, JAMAIS il ne sera publié, je ne le retravaillerai pas, c’était juste pour m’amuser. Parce que c’est surtout ça que je retiens : le NaNo, c’est surtout une partie de plaisir ou alors ça n’a aucun intérêt !(en tout cas, moi, je re-signe pour l’année prochaine !)

  3. Heey, bien dit, idmuse ! C’est très difficile pour moi de ralentir lors de la première écriture d’un roman. Les idées m’habitent, m’envahissent, et chassent de ma tête toutes autres choses. Je ne peux pas m’imaginer recorriger un texte dans le détail alors que je ne sais même pas ce qui suit.Alors je continue, tap-tap-tap sur le clavier, traversant mon histoire à la vitesse éclair.Je me rends compte également, au fur et à mesure que j’avance en tant qu’écrivaine, que je suis le genre à réécrire la même histoire 3-4 fois avant de trouver la version qui me plaît, et sur laquelle je veux travailler. Ça fait deux fois que je modifie le p’tit dernier assez profondément pour devoir le réécrire!Bref, NaNo, c’est très délirant, mais pour passer du temps dans le carré de sable de son histoire et s’y familiariser, y’a pas mieux!

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