Chaque fois qu’une personne parvient à atteindre un but élevé, un tas de gens attribuent immédiatement ce succès à la chance, comme s’il était impossible de réussir sans ça. Céline Dion, elle en a “donc ben” de la chance! Et Robert Lepage aussi! Dans le fond, quand on écoute certaines personnes, les gens ne travaillent jamais dans ce bas monde pour réussir! Bordel, qu’est-ce qu’on fout, là, nous, à se casser la tête? Peut-être que c’est ça, la vie: il faut juste avoir des contacts, gagner à star académie ou un quelconque jeu comme le Banquier et voilà! Tout ce problème de réussite est réglé!

Je suis ironique, évidemment [juste au cas où ce ne serait pas clair].

C’est vrai, il y a des gens qui sont chanceux et d’autres qui le sont moins. Je crois qu’il y a des facteurs relatifs à ce qui nous entoure, mais c’est également lié à l’attitude de chacun envers les événements. Que vais-je faire de cette vie qui est mienne? De cette opportunité?

Il y a quelques années, ma copine a fait un documentaire sur les enfants qui vivent dans les pays en guerre. Se considèrent-ils plus malchanceux que les autres? Non! Chacun s’acclimate au quotidien qui est le sien, fait avec ce qu’on leur donne, vivent ainsi et parviennent même à trouver le bonheur. Dans beaucoup de cas, je crois que c’est notre attitude à croire que la chance est pour quelque chose au bonheur qui nous empêche d’y accéder.

Évidemment, il y a différents types de personnes: les éternels pessimistes: “c’est pas à moi qu’un truc pareil arriverait” ou les sceptiques: “dans le doute, abstiens-toi”. Ceux qui jouent au loto en se disant que la chance finira bien par frapper, tout est question de statistiques, pas vrai? Et il y a les autres: ceux qui travaillent pour faire pousser la chance, comme si c’était un jardin qu’il fallait entretenir. Qui sont heureux avec ou sans, mais qui l’accepte sans l’attendre. La chance, elle se construit, elle se travaille, elle ne tombe pas toujours du ciel (parfois, oui, parfois non). Si nous attendions tous qu’elle frappe à la porte avant d’avancer vers notre but, nous serions bien déçus à l’aube de la mort, vous ne pensez pas?

Pourquoi je parle de la chance? Parce que dès que j’ai une bonne nouvelle, la même phrase revient: “On sait bien, toi, t’es chanceuse”. Ah oui? Pourquoi? Parce que je suis mariée, parce que je voyage, parce que j’ai un travail en or, parce que mes étudiants sont gentils, parce que, parce que…

La chance, c’est vrai qu’elle peut nous tomber dessus (regardez les chanteurs “populaires” pour vous en convaincre), mais en général, on la fait! Est-ce que j’étais prédisposée à ma propre vie? Non. Personne, chez moi, n’a terminé son secondaire. J’ai été élevé par une mère monoparentale et j’ai rencontré, tout à fait par hasard, mon mari sur le net (à l’époque, en 1995, il n’y avait que les universitaires sur le réseau). J’ai simplement fait les bons choix, rencontré les bonnes personnes, décidé que je voulais faire des études, que j’avais envie de voir autre chose.

Est-ce que j’ai eu de la chance? Oui, sûrement, mais ma chance à moi, elle n’est pas tombée du ciel. Ça été un parcours et des choix. Au fond, la chance, c’est prendre le temps d’écouter la petite voix au fond de nous quand elle nous dit: “Fonce!”

8 thoughts on “Du principe de la chance”

  1. C’est amusant mais j’ai écrit un billet hier (publié demain) qui fait écho lointain… J’ai la “chance” de connaître des gens qui pourraient faire que ma petit vie ordinaire se pimente un peu… mais comme c’est pas ce que je veux (enfin, pas de cette manière-là ! tu liras demain 😛 ), je ne pousse pas cette “chance”-là.

    Parce que je veux pas être une chanceuse (un peu quand même, mais je joue pas au loto 😀 ), ni une personne qui a “réussi” grâce à ses relations (le jeu du copinage, j’ai jamais marché là-dedans, du coup, j’ai des relations franches avec les gens, mais moins que si je jouais à “Dis tu connais pas untel, parce que j’ai besoin de…”)
    Et je bosse, dur. Ca ne fera pas tout. Un jour peut-être je devrais “jouer du réseau” parce que c’est comme ça que ça marche, si on veut obtenir certains résultats. Mais pour que ça tienne, il faut derrière que ton boulot suive ! Faire un tube, c’est de la chance, faire carrière, c’est du boulot.
    (et bon, je sais que je devrais sans doute jouer au copinage un jour… mais pas tant que ce que je fais n’est pas à la hauteur des personnes que je souhaiterai solliciter)

    Non, et puis, c’est connu, nous on a tiré nos diplômes d’une pochette surprise ! D’ailleurs tout ce qu’on fait dans nos vies, c’est dû au hasard.
    (L’expression faire fortune implique de faire jouer la chance… comme si le travail servait à rien ! :/ )

    Allez, les gars, reprenez-vous en main bon sang ! Ceux qui réussissent, c’est qu’ils le veulent ! (et au pire, si t’échoue, t’aura au moins la satisfaction d’avoir essayé au lieu de te lamenter de ne pas avoir tenter ta chance 😉 )

    1. J’en profite pour ajouter que c’est une question familiale : mon père est un exemple, il a passé sa vie à bosser comme un dingue parce qu’il aimait son boulot, qu’il est exigeant, il a fini par être reconnu pour ça dans son entreprise et a obtenu un boulot au siège (un gros truc : référent national dans son domaine et sa boîte, conseil du cabinet du ministère pour la finalisation de textes légaux…; il en est vachement fier, même s’il ne le montre pas trop, il a jamais été très démonstratif)
      Un boulot qu’il n’aurait jamais eu parce qu’il est pas ingénieur, qu’il a que le bac comme diplôme… Mais ça fait bientôt 40ans qu’il bosse les mains dans le cambouis (sauf qu’il est pas mécanicien), et du coup, ça fait vraiment PLAISIR de voir que ça paie !
      Mon grand-père n’a pas eu cette chance, mais il avait la mentalité qui allait avec : tirer ses enfants de sa condition d’ouvrier, par la culture et le travail.
      Je crois que mon frère et moi, on est pareil : on bosse dur, parce qu’on aime ce qu’on fait. Et on râle beaucoup contre le monde autour qui ne fait rien ou alors très mal (y’a beaucoup de gens qui ne voient pas l’intérêt de bosser correctement, tant qu’ils ont leur payes à la fin du mois… désolant)

  2. Il y a quand même un peu de chance dans tout ça. Du travail, c’est certain aussi. Mais je crois que tout est dans la bonne attitude. La vie, c’est une question d’attitude bien souvent. Se relever les manches au bon moment, savourer à d’autres.

  3. Tu as raison pour cette vision de la chance. C’est souvent nous qui faisons notre propre bonheur ou malheur ! Mais tu as comme même beaucoup de chance d’être capable de si bien verbaliser les choses ! Et je suis intriguée par cette bonne nouvelle …6/49 ? promotion ? nomination ? publication? nouveau ordi ? lol Enfin, dans tous le cas, je suis très contente pour toi 🙂

  4. Bravo pour ce billet ! C’est tellement vrai.
    Moi aussi j’en ai assez que les gens me disent que j’ai de la chance pour ce que j’ai. Oui, sans doute que la chance a sa part mais j’ai travaillé pour avoir une job intéressante qui paye bien et qui me laisse du temps pour écrire, j’ai travaillé pour publier mes romans, et ce qui ne va pas dans ma vie, je travaille dessus présentement parce que je sais que rien n’arrive tout cuit dans le bec dans la vie. Plus tôt on intégre ce fait et mieux on se porte !

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