A des kilomètres de toi, ou plutôt de moi, si l’on considère les distances d’un manière relative : c’est toi qui est loin, pas moi. Parce que ici, je suis chez moi. Et toi, à l’autre bout du monde. Dans tes rêves, tu imagines des histoires, tu traverses des océans, tu t’inventes des vies… et parfois elles trouvent l’amour.

Pourraient-elles aussi trouver l’amitié ? Dans tes écrits, je m’y suis retrouvée, un peu. Dans ce que j’aurai aimé vivre, dans ce que je crois au fond. Certes l’amour, je l’ai rencontré dans une soirée étudiante, pas à travers la distance d’une connexion internet. Mais sans internet, je ne serais jamais allée dans cette soirée, je n’aurai pas rencontré des gens que j’aime et apprécie. Internet joue un rôle important dans ma vie, et mine de rien, tes rêves sont révélateurs aussi : de nos jours, il est facile de se lier avec des gens que l’on apprécie à l’autre bout du monde, juste parce qu’on partage les mêmes aspirations, les mêmes idées, les mêmes questionnements. Plus facile de trouver l’âme soeur… reste après à vouloir que tout cela se concrétise. A le vouloir et à se battre pour y arriver. Tes héroïnes se battent souvent, et gagnent. Mes personnages perdent tous quelque chose.

Oui, tu t’interroges sur l’amour, je me tourmente avec l’amitié. Sur l’amour aussi, mais c’est un sentiment identique : l’amitié, la vraie, c’est comme de l’amour, non ? Aussi exigeant, aussi vital. Ta vision est optimiste, la mienne pessimiste. Tu trouves que la vie est suffisamment triste comme ça, je n’ai jamais eu de problèmes. On cherche tous ce qu’on a pas, l’autre moitié de son existence.

Amusant parfois de constater qu’un de tes billets de blog fait écho à l’un des miens, que tu n’as pas lu puisque je ne l’avais pas encore publié. Et souvent, tu abordes des sujets qui me questionnent. Comme si au fond, on se posait les mêmes questions à des kilomètres l’une de l’autre.

Ce texte n’est pas très drôle, ni rempli de digressions et de jeux de mots tordus comme j’en ai l’habitude sur mon blog. Parce que j’avais envie de t’offrir un vrai texte, pas une simple réflexion sur mon humeur du jour (qui est excellente, il fait beau, tout est calme). Je voulais t’offrir ça :

Je t’ai croisé sur un site d’écriture, découverte parce que je cherchais des gens avec qui parler d’écriture et échanger. J’ai visité ton site, déposé un commentaire puis deux. J’avais lu les extraits de tes texte. Je n’osais pas te contacter pour avoir la suite. Parce que je suis timide, que je n’aime pas quémander. Après tout, tu pouvais très bien ne pas accepter ou pire, être indifférente.

Un jour, tu as laissé un commentaire sur mon blog. J’ai sauté de joie derrière mon ordinateur “Ah ! Elle me lit !“, puis le dialogue s’est installé. J’ai voulu avoir l’avis des autres sur un roman que j’avais écrit. J’avais très peur, mais en fait, je ne voulais connaître l’avis que d’une seule personne. Une seule dont je voulais le sentiment sur mon texte, une seule qui aurait pu me faire arrêter d’écrire même, si l’opinion avait été négative. Et tu as sous-entendu presque timidement que tu aimerais lire mon texte.

Ça illuminé ma journée, je t’assure. Et après, j’ai eu très peur que ça ne te plaise pas. C’était idiot, parce que, quand je l’ai écrit, je ne te connaissais pas. Je ne l’ai pas écrite pour toi, cette histoire. Mais, j’avais aimé tes textes (tes commencement en tout cas… puisqu’après, tu m’as inondée de centaines de pages, j’étais comme une folle en les recevant 🙂 ) et je tenais à ce que mes textes te plaisent aussi.

En relisant tout ça, j’ai l’impression que c’était un plan drague improvisé : deux personnes qui ont les mêmes envies et n’osent pas s’approcher. Un petit commentaire ici ou là, mais pas d’approche directe. Finalement, c’est vrai, l’amitié, c’est comme l’amour : on a les mêmes peurs que quand il s’agit de draguer quelqu’un, les mêmes peurs d’être rejetés, les mêmes peurs de les perdre.

Je n’ai jamais eu de chagrin d’amour, mais des chagrins d’amitié, alors là ! C’est ce qui m’a toujours fait le plus souffrir. Alors je vais faire là un truc insensé, t’avouer que je suis tombée en amitié avec toi. Fais-en ce que tu veux, ça ne se décide pas.

Pauline

Ce texte a été écrit dans le cadre d’un Vase Communicant (échange de textes entre deux blogs d’écrivains). Pour lire le billet d’Idmuse, rendez-vous sur le site de Paumadou >> Billet d’idmuse sur le blogue de Paumadou.

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