Je ne parle jamais de politique sur mon blogue, mais vu les résultats d’hier, je me permets d’en glisser un mot (promis, après: j’arrête!). Oui, j’ai écouté (devant mon ordi) ce qui se disait à la SRC. Oui, j’ai suivi les messages sur Twitter. Oui, j’ai pleuré quand Duceppe a démissionné. Oui, je suis amère.

Et pourtant… il reste qu’il y a de bons côtés dans ces résultats.

N’empêche, à en faire un billet de blogue, je vais lâcher mon petit coup de gueule avant…

Je ne surprendrai personne (enfin, je ne pense pas) en disant que je suis nationaliste, souverainiste et une méchante séparatisse (ajoutez aussi tous les synonymes en isse qui existent). Le Québec est à l’opposé des USA et du reste du Canada. Il y a un millier de raisons de faire l’indépendance: la fierté (que nous n’avons pas), la mémoire (idem), la langue (idem) et… finalement… nous n’avons rien de ce qu’il faut pour y accéder. Bref, nous ne méritons pas ce pays pour qui, dois-je le rappeler, des gens sont morts. [/mode défaitiste off]

Hier soir, j’ai aimé suivre les élections sur Facebook et sur Twitter. Je ne m’attendais à rien, mais vu qu’on a réélu Charest après toute la merde qu’il a faite, quelque chose me disait qu’on ne pouvait pas aller plus bas (là, j’avais tort). Quand les premiers résultats sont arrivés, les réactions ont suivies. Cette fois, ce n’était plus une élection à la Mario Dumont (on y a pensé, mais… on n’a pas osé). Eh non. Cette fois, nous voici plein de députés qui n’ont aucune espèce d’idée de l’endroit où ils vont vivre. Des gens qui proviennent de l’extérieur du Québec, qui ont acceptés d’être des potiches et qui ont été élus par des gens comme vous (parce que moi, j’ai voté Bloc, je ne le cache pas) et qui vont devenir députés à vingt-deux ans en ignorant complètement comment fonctionne la game de la politique. Hier, en live, j’ai vu deux réactions distinctes. Les vieux, comme moi, qui n’en sont plus à leur première déception politique et qui ne cessent plus de se dire: “coudonc, quossé je fais icitte?” et les jeunes qui en sont à leur premier vote et qui ont l’impression que le monde va s’effondrer dans les prochains jours.

Oui, c’est triste de voir les jeunes déçus, surtout ceux dont c’est la première expérience politique, ceux qui ont 18 ans et qui ont votés pour la première fois. C’est triste de les voir réaliser que leur vote a changé quelque chose, de les voir craindre le pire, parce qu’on n’a jamais voté pour ça. On ne voulait pas les Conservateurs et les voici en majorité. On voulait du changement, mais pas jeter Duceppe. On voulait… on voulait…

Amertume. Voici le goût que ça a.

Rassurez-vous, ce ne sera pas la dernière fois.

Hier soir, j’ai été mesquine. J’ai ri. Beaucoup (au désespoir de mon mari). J’ai pleuré aussi. Il est vrai que j’ai souvent été déçue. Peut-être que je ne suis pas au bon endroit, que je serais mieux en France, là où les gens prennent leur devoir au sérieux, là où la culture vaut quelque chose, là où les gens s’impliquent. Ici, Céline Dion serait élue à majorité (ridicule, mais vrai). Il n’y a plus d’idées, nous ne croyons plus en rien, ceux qui auront ce pays n’en ont rien à faire. Nous sommes un bateau à la dérive.

Il est vrai que nous avons les politiciens que nous méritons. Aussi, je souhaite que le Québec souffre un peu. Beaucoup même.

Mais enfin… voici le bon côté de ces élections (eh oui, parce qu’il y en a).

Ce genre de momentum n’arrive que rarement. Autour de moi, les jeunes se mobilisent, réalisent qu’il faut s’impliquer, qu’ils ont le pouvoir de changer les choses, que ce pays finira par leur appartenir et ils commencent à voir ce qu’ils veulent en faire. En tous les cas, ils se doutent ce qu’ils ne veulent pas. L’histoire recommence à les passionner. C’est bon signe, déjà. Samedi, il y a une manifestation. Les avatars Facebook deviennent noirs. Des jeunes libéraux deviennent subitement nationalistes, adhèrent au PQ (!!!). La vague orange va-t-elle donner un coup de fouet aux jeunes? Je le souhaite. C’est la première fois qu’ils me parlent autant de politique et d’implication. Espoir, espoir, espoir…

Enfin!

Vous avez voulu du orange? Enjoy! Puissions-nous enfin comprendre ce que signifie “prendre la responsabilité de ses actes”. Harper vient de découvrir qu’il n’a plus besoin du Québec pour être majoritaire. Fesse, Stephen, et fort! Ah! Et Justin: stp! Deviens chef des libéraux! Cette fois, on aurait vraiment les conditions gagnantes…

Je rêve. Encore et toujours. Les jeunes me redonnent espoir. Ai-je tort d’y croire? Peut-être…

Le problème, c’est que le Québécois a peu de mémoire. La semaine prochaine… si Céline fait un autre bébé… qui se souviendra de ces élections?

Moi.

2 thoughts on “Les bons côtés de l'élection…”

  1. Votre texte, chère Suzanne, est magnifique. Il m’a émue, il m’a touchée dans l’amour inconditionnel que je porte au Québec. Je voudrais que tous nos jeunes, un peu indolents, un peu inconséquents, qui s’imaginent que le devoir de leur donner un pays relève de l’effort de la génération précédente, puissent vous lire. À trente ans nous étions prêts à aller “jusqu’au sang” pour obtenir cette patrie… que reste-t-il de nos efforts?
    Publiez largement vos dires. Hemingway disait: «Créer l’émotion et la maintenir,c’est la seule directive à suivre pour passer le message.» Voilà ce que vous avez réussi, peut-être sans connaître la recette.
    “Il y a longtemps que je l’aime
    Jamais je ne l’oublierais.”

  2. Bon Suzanne on va établir deja des bases de discussions claires et stables. Je ne suis pas pour le Parti Conservateur, je ne suis pas pour le Bloc Quebecois, ni pour le PLC, ni pour le NPD. Mes opinions politiques sont ici effacés et inexistants.

    Ce que j’aimerais faire, c’est convraincre ma génération [les tits-culs qui viennent de voter] Que le Bloc, que l’indépendantisme est mort, enterré, pis qu’avec ces elections là, Harper est venu lui pisser dessus. Pourquoi ? Tout simplement parce que c’est inconcevable. Nous vivons dans un monde ou l’autarcie, la subsistance par soi-même est impossible. Comment le Quebec aurait-il pu survivre seul ? Si a la base on est pas capable d’avoir des meilleurs politiciens que Jean Charest {come one …}. Ensuite viens la question de la Subistance, comment survivre dans une monde ou l’argent dicte tout ? Ou les compagnies font leurs propres chemins a coups de milions,

    Le quebec est denuée de ressources exploitables facilement et a prix raisonnable. L’electricité, okay, mais avec notre defence actuelle, meme la Corée du Nord pourrait nous prendre cette ressource par la force. Le petrole ? Sorry wrong Province. Les minerais ? Deja qu’on est 3.6 M a Montreal, sa prendrait le double dans le nord pour tout exploiter. Et je crois pas que j’ai choisi mineur comme plan de carriere. L’agriculture ? Elle est bonne celle là, deja que nous nourrir serait problematique avec 1% de la population qui cultive…

    Obtenir une patrie est une noble cause, mais lorsqu’on n’en a pas les moyens, ni les ressources pour la faire croire, c’est demander un suicide collectif.

    “Hope is the first step on the road to disapointement”

    Etpis fuck that moi j’veux me trouver un travail aux Us ! Recrutent pas fort les compagnies canadiennes en multimedia …

    P.s: Anarcho Libertarisme, sa c’est dla doctrine
    P.s2: Harper ou le fascisme, either way c’est pas nice.

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