Je ne sais pas pourquoi, mais dès que j’écris au “je”, ça coule de source. Pas que je n’aime pas l’écriture au “il”, après tout, La mémoire de l’ombre a quand même cinq tomes écrits de cette façon-là (signe que je dois bien être capable de le faire), mais pour l’ensemble de mes récits, je trouve tellement plus simple le “je”. On n’a pas à tout expliquer: on le sent, c’est tout. Au “je”, on y croit plus vite, je trouve.

Au “il”, je suis toujours en train d’expliquer qui fait quoi, à quoi ça ressemble, parce qu’il faut que ça aie l’air crédible. Dans le “je”, si on déteste quelque chose, c’est comme ça et puis c’est tout (bah oui, quoi!). En plus, le “il”, ça truffe mes paragraphes d’un tas de prénoms, puis de “il” et de “elle” à toutes les phrases pour comprendre de qui on parle et patati et patata.

La question que je me pose c’est: pourquoi est-ce que je n’avais pas ce problème dans La mémoire de l’ombre? Je ne sais pas. Peut-être que certaines histoires ont besoin d’autres choses. Qu’est-ce que j’en sais? Est-ce que c’est moi qui décide, de toute façon? Il m’arrive d’avoir des doutes…

Depuis trois ou quatre jours, j’ai réécris le début du Cercle félin. Tout au “il”, bien sagement (ma première version l’était aussi). Hier soir, je relis. Résultat: bof. Ce matin, je me dis: OK, essaie au “je”, juste pour voir. Paf! Voilà que ça change tout. C’est plus fluide, plus drôle et ça change aussitôt la perception qu’on a du personnage principal. Y’a rien à faire, je suis prise au piège. Le “je” est plus facile pour moi.

En général, je déteste les descriptions longues (oui, ne me parlez pas de Proust). J’aime les dialogues, de sentir que ce qu’on me dit va servir, que l’histoire progresse. Et pourtant, au “je”, j’ai tendance à écrire plus de paragraphes que de dialogues. C’est probablement une erreur de ma part parce que je sais pas comment bien rendre l’histoire dans l’autre point de vue (comme si on ne pouvait pas réfléchir au “il”, pffft!), mais il y a quand même une grande différence entre les deux versions.

La version A avec un tas de dialogue dès l’entrée en matière du récit.

La version B, au “je”, sans aucun dialogue pour l’instant.

Je ne suis pas encore certaine de savoir pourquoi, mais tant que j’écris, on ne va pas se plaindre, pas vrai?

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