Deux nouveaux personnages, l’une étant plus têtue que l’autre, quoique certains de mes personnages secondaires ne donnent pas leur place, non plus. Deux romans simples, pas les plus travaillés, je l’avoue, mais dont les histoires me plaisaient beaucoup. Après La mémoire de l’ombre, il fallait que je sorte de mon univers rempli de vampires et que je m’aère avec des histoires simples. C’est ainsi que ces deux récits sont nés.

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Élisa

Personnage avec qui la vie n’a pas été tendre. Fille d’un père riche, populaire et propriétaire d’un studio d’enregistrement reconnu, Élisa a l’habitude d’attirer l’attention. Elle alimente tous les potins de chez Nightfolks. Dès le début, le roman nous fait découvrir une jeune femme qui tente de reprendre le contrôle de sa vie et de son corps, qui cherche à se défaire de ses liens avec son passé – principalement  le souvenir douloureux de son viol. Élisa nous paraît à la fois dure et douce, craintive, têtue. Elle se cherche et finira par trouver son équilibre. En plus, ce roman est accessible gratuitement sur le net.

[toggle_content title=”Extrait – Le barman”]

— Thias Bryant, hein?

— Mathias Bryant. Tu ne vas quand même pas me dire que tu ne savais pas qui j’étais, là-bas, à Paris?

Il me défit du regard alors que je reste là, estomaquée par sa question. Il croyait… quoi? Que je connaissais son identité lorsque je l’ai rencontré? Que je savais qui il était quand on a couché ensemble?

— T’es fou? m’écriai-je. Comment je pouvais savoir?

— Ton père est bien placé dans le milieu…

J’ai envie de le gifler et je sens que mes yeux lancent des éclairs :

— Trouve-toi un autre studio! Je ne veux pas de toi, ici!

Il se relève pendant que je marche vers la sortie. Sa voix résonne en écho dans la pièce :

— Je croyais que t’aimais ce que je faisais?

Je fige et lui fais volteface :

— C’était meilleur quand je ne savais pas qui t’étais.

— Oh, je vois.

Le pire, c’est qu’il est ironique dans ses propos! De toute évidence, il ne me croit pas! Je siffle :

— Et d’abord, qui me dit que t’es Bryant?

— Tu veux voir mes papiers d’identité, peut-être?

— Eh bien… oui.

Je lâche ma réponse un peu n’importe comment, mais je reste ferme. Il sort son portefeuille de la poche arrière de son jeans, le tend dans ma direction. C’est absurde, mais je ne peux pas m’empêcher de marcher jusqu’à lui et de récupérer l’objet en cuir. Je le tripote nerveusement pendant qu’une carte avec sa photo me confirme son identité. Je lui redonne avec un visage un peu moins fier.

— Satisfaite, mademoiselle?

Je ne réponds pas, mais ça me consterne que ce soit lui. Je veux dire : vraiment lui. J’aurais préféré que ce soit un imposteur. Un petit barman à la noix que j’ai rencontré dans un bar de Paris.

— Tu ne savais pas, alors? finit-il par demander.

— Non.

Je me sens bête et je dis, avec un ton que j’emprunte à Isa :

— Je m’en serais vanté, qu’est-ce que tu crois?  Ça en jette quand même plus que de baiser avec un barman!

Je me sens complètement ridicule et je décide d’arrêter les frais. Je fais un signe nonchalant avec la main et je tourne les talons en espérant qu’on en reste là.

— Élisa?

Je cesse mes pas, mais je ne me retourne pas.

— Je cherche vraiment un studio et celui-ci me plaît bien, mais si tu préfères que je trouve autre chose…

— Tu fais ce que tu veux, sifflai-je.

Je reprends mes pas jusqu’à la sortie, puis je me ravise avant de quitter la pièce. Je me tourne de nouveau vers lui :

— J’ai le droit de… de demander que tu gardes ça pour toi? Pour Paris?

— Je croyais que tu voulais t’en vanter?

Je lui jette un regard noir, un peu paniquée à l’idée que les rumeurs repartent de plus belle sur mon compte, mais il se reprend très vite :

— C’est OK. De toute façon, je ne vois pas trop pourquoi j’en parlerais.

— Ouais, bien sûr, grondai-je.

Je soupire avant de quitter la pièce. Je ne le crois pas, évidemment. Il n’a qu’à dire qu’il a baisé la fille du patron pour devenir une sorte de symbole au studio. Je me sens comme à l’école secondaire, lorsque ce genre d’histoire compte pour se faire accepter dans une communauté. Comme si ma réputation n’en avait pas assez bavée avec Rick Seders. Merde! À tous les coups, je tombe sur le mauvais gars! Je dois être maudite ou quelque chose du genre.

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Lilianne

L’histoire de Lily, ma petite sorcière, qui a quitté son village et qui ne revient qu’à l’appel de Mamie car sa mère est malade. Dès son arrivée, elle constate que sa mémoire a disparue. Elle ne reconnaît plus l’endroit ni même sa meilleure amie et ignore qu’elle détient des pouvoirs de guérison. De toute évidence, quelque chose de grave s’est produit pour qu’elle souhaite ne plus se souvenir de son passé ou de son don.

Bien que Lily soit généralement douce, je ne peux pas en dire de même de Mamie: une vieille sorcière un peu rêche, qui passe son temps à l’engueuler et à lui jeter ses quatre vérités au visage. Je me suis bien amusée à créer une relation familiale de cet ordre.

[toggle_content title=”Extrait – La Wicca”]

Ses yeux réprobateurs ne font que me rappeler toutes les erreurs que j’ai commises et avec lesquels il me faudra vivre désormais.

— Je crois que tu commences à comprendre, dit-elle en se relevant.

— S’il te plaît, la suppliai-je, ne me dis pas que je vais devoir lui avouer ça…

— Mais qu’est-ce que t’imaginais ? me dispute-t-elle sans ménagement. Que tu pouvais causer un accident et réparer tes erreurs comme ça ? Ni vu ni connu ?

— Non, mais… est-ce que je ne pourrais pas… lui redonner l’usage de ses jambes, avant ?

Sa main fuse rapidement derrière ma tête et me frappe une seconde fois. Le coup n’est pas douloureux, mais surprend, sans aucun doute.

— Mais qu’ai-je fait pour avoir une sotte comme toi comme petite-fille ? Bon sang, Lily, tu devrais savoir qu’on ne peut pas acheter le pardon ! Non seulement tu devras dire la vérité à Emma, mais tu devras aussi lui refuser sa guérison.

— Quoi ? demandai-je, d’une voix à peine audible.

— Tu as très bien entendu. Emma doit croire qu’il n’y a plus aucun espoir. Il faut que son pardon à ton égard soit pur. Sans aucune arrière-pensée. Si elle a la moindre idée que tu peux la guérir, elle te pardonnera pour de mauvaises raisons et le sort ne fonctionnera pas. Est-ce que tu comprends ce que je dis ?

Je remercie le ciel d’être assise, car je sens que mon corps n’a plus aucune prise sur la réalité et qu’il se serait effondré sur le sol. Je ne peux pas m’imaginer dire toutes ces choses à Emma. Pas maintenant que je lui ai redonné espoir. Pas maintenant qu’elle a vu tout ce que je pouvais faire. Je préfère encore ne rien lui dire, lui mentir pendant des années et disparaître, encore.

— Elle finira par te pardonner, insiste Mamie.

— Après ce que j’ai fait ? Non !

— Elle a bien pardonné à son idiot de frère…

— Mais c’est son frère, enfin ! Qu’est-ce que je suis, moi ?

— Tu es son amie. Tu es celle qui l’a sauvé de la mort, nom de Dieu !

Elle s’emporte en frappant la table avec bruit, puis écrase une main sur sa bouche en constatant qu’elle avait blasphémée dans sa propre boutique.

— Regarde ce que tu me fais faire, me gronde-t-elle.

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