Dernièrement, un joli terme est apparut. Les bébés-auteurs. Et comme si c’était la mode, voilà que j’en rencontre partout. Alors voilà un condensé de tout, un peu ironique… et de circonstance aujourd’hui.

Es-tu un bébé-auteur?

Tu as écrit un roman, tu en es fier et tu veux le publier. Jusqu’ici, rien d’extraordinaire. Il suffit de te promener sur les forums pour trouver des gens identiques à toi. Tu y trouveras de tout. De ceux qui croient que les maisons d’édition, c’est du grand n’importe quoi et qu’il vaut mieux s’auto-publier, à ceux qui s’imaginent que si tu ne publies pas chez Gallimard, t’es un auteur de merde.

Si tu es zélé, tu vas envoyer ton manuscrit partout. À genre 70 maisons différentes (déjà vu, oui oui). Après tout, trouver un éditeur, c’est comme aller à la pêche. Il y en a bien un qui va l’aimer, ton histoire! Même si ce n’est pas tout à fait le genre de la maison, tu essaies, parce que hé ! Ton histoire cadre un peu dans tous les genres, donc ça devrait aller…

Quand les lettres de refus arrivent, petit coup de déprime. Bien qu’en général, tu reçois toujours une lettre d’acceptation. Devine de qui? D’un éditeur qui te facturera tes corrections ou qui t’obligera à acheter tes propres livres (au passage, il dira que ton histoire est vraiment excellente et mérite d’être publiée, bien sûr). Si tu es idiot (ou trop avide de publier), tu vas signer ce contrat cette arnaque et t’en mordre les doigts. Mais hé! C’est l’expérience qui rentre, pas vrai?

Après quoi, tu vas peut-être pondre un deuxième livre et te dire que ce serait bien, cette fois-ci, de ne pas avoir à débourser 3500 Euros pour ton bouquin. Autrement, tu vas vite voir que l’écriture, c’est un passe-temps qui coûte cher. Déjà que c’est loin d’être rentable, s’il faut en plus que tu paies… m’enfin…

Bref, à nouveau, il se peut que tu reçoives une autre vague de refus. Mais j’espère que cette fois-ci, tu auras vérifier que ton roman cadre bien dans la ligne éditoriale des maisons auxquelles tu envoies ton trésor. Après tout, le papier et les frais de port, ça coûte cher, ça aussi!

Parfois, on trouve des bébés-auteurs qui se découragent et baissent les bras à cette étape (ouais, des auteurs aussi). Si c’est ton cas, tu as tort! Continue! 

Voici quelques questions pour toi: As-tu relu ton manuscrit? L’as-tu fait lire par des personnes qui ne vont pas t’encenser (du genre, pas ta mère, ta sœur, ta cousine ou ta meilleure amie?) À la limite, un parfait étranger sur le net fera l’affaire (et arrête d’avoir peur de te  le faire voler!) L’as-tu retravaillé? Eh oui, on ne peut pas être parfait du premier coup. Là-dessus, j’en sais quelque chose…  C’est tout bête, mais ça reste la base. Il y a plein de forums avec pleins de conseils pour toi. Va potasser un peu. Laisse dormir ton texte. De toute façon, il en a bien besoin avant que tu ne le relises (et toi aussi).

Change ton attitude: si tu crois que tu n’as pas besoin de travailler ton texte sous prétexte que l’histoire est bonne (après tout, la maison va te le corriger). Euh… non. Enfin… elle pourrait le faire, oui, mais si le comité de lecture ne va pas plus loin que la troisième page, tu n’es pas plus avancé (refus automatique). Du coup, tout ce temps mis dans ton texte ne t’aura servi à rien. Et sans vouloir briser ta bulle, publier ce n’est pas la fin, ce n’est que le début du travail.

Si tu es fâché de tes refus, pitié, ne dénigre pas les maisons sous prétexte qu’ils n’ont rien compris à ton texte (déjà lu: de toute façon c’était une maison de merde, ben pourquoi t’as envoyé ton texte là?) Et ne leur dis pas comment faire leur travail, non plus. Chacun son boulot. Et ne t’inquiète pas pour eux: ils savent ce qu’ils cherchent. C’est triste, mais personne n’attend ton manuscrit et si tu ne publies pas, la terre va continuer de tourner. Ouais, vis avec cette idée.

Je t’entends me dire: non, mais ça prend six mois d’attente à chaque fois! Je ne vais pas attendre indéfiniment! Oui. C’est vrai. Et alors? Écris autre chose. La maxime est juste: c’est en forgeant qu’on devient forgeron. Alors forge! N’arrête jamais!

Et si, malgré tout, ça ne fonctionne pas, l’étape finale du bébé-auteur, c’est l’auto-publication (ho, je ne dis pas que les autopubliés sont tous des bébés auteurs, compris? Mais il y a une marge entre faire un choix éclairé et se rabattre sur ce choix par dépit) Quand tu en auras assez d’attendre, tu vas te dire: pourquoi passer par une maison d’édition alors qu’Amazon te fait tout ça gratis? Et que le net, c’est le monde! En plus, il y a des gens pour qui ça fonctionne! D’accord, il faudra te taper la couverture, la correction et faire un vrai travail éditorial sur ton texte. Mais au fond… tout ça, ce n’est peut-être pas important. Si ?

Je ne vais pas te mentir, il y a de bons textes auto-publiés, mais il faut être solide pour faire ça et avoir un produit de qualité (sans parler que la plupart se noient dans la masse). Et j’entends par là: un texte de qualité, une belle couverture et un réseau assez important pour trouver un public. Pour le reste… va falloir prier. Parfois, la chance, ça peut servir (ou Dieu, tiens). Ah ! Et par pitié, ne paie pas pour être dans le top 100 amazon. Surprends-moi et résiste à l’appel du mal. Un nom comme une réputation, ça prend du temps à construire. Ce serait bête de tout perdre dès le début.

Tant qu’à y être, une fois que tu seras sur Amazon et que tu auras fait tes premières ventes, pourquoi ne pas t’auto-proclamer éditeur? Car dans tes mésaventures, tu as probablement compris que c’était bête comme tout de s’auto-publier, mais quand même… tu te dis que c’est beaucoup plus pro si tu as une maison d’édition (et un petit logo en bas de ta couverture), du coup… pourquoi ne pas faire les deux? Au passage, tu pourras même publier tes amis…

Bébé-auteur, mon conseil: grandis un peu. Pourquoi? Parce que je te vois chipoter sur les forums de discussion et dire n’importe quoi. Lis plus, travaille mieux et peut-être qu’un jour, tu feras un choix éclairé (et ici, je ne dis pas que les auto-publiés sont tous mauvais, loin de là), mais pour certains…

Et si tu ne veux pas devenir bébé-auteur (parce que tu auras compris que c’est un peu péjoratif, hein), lis un peu sur le sujet, sur l’écriture, sur l’édition et tout ce monde qui s’ouvre à toi. Il y a tellement de forums, de sites et de gens qui veulent t’aider…

Pour écrire, il faut parfois apprendre à lire…

7 thoughts on “Cher bébé-auteur…”

  1. Bravo pour ce texte ! J’ai vécu et vis toujours d’ailleurs plusieurs étapes que tu y décris (dont l’attente interminable pour recevoir le verdict des maisons d’édition). C’est vrai que la patience est de mise et qu’il faut se méfier du “trop beau pour être vrai ” !

    Pour ma part, j’ai autoédité mon roman mais cela avant même d’envoyer mon manuscrit à un éditeur ! C’est faire les choses complètement à l’envers, tu me diras, mais je ne croyais pas suffisament au potentiel de mon roman pour tenter le coup. Ce sont les bons commentaires reçus qui m’ont convaincue de le faire.

    Je croise les doigts et souhaite des réponses positives !

    Je viens de découvrir ton blogue et je l’adore ! Bravo à toi, c’est bien écrit et tes sujets (celui-ci en particulier) m’intéressent beaucoup !

    Bonne continuation !

    1. Je songe justement à faire une rubrique pour les autoédités (ou ceux qui veulent le faire). Merci de ta visite, mais on ne voit pas de liens vers tes textes!

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