Dernièrement, j’ai vu un tas de maisons d’éditions numériques faire leur apparition. C’est la mode, un peu comme les restos de sushi dans mon quartier. Et même si je suis persuadée que les gens derrière chacun de ces projets sont remplis de bonnes intentions, la majorité de ces maisons me déçoivent. Beaucoup.

Alors, si tu veux te lancer dans l’édition, sois gentil et lis ceci:

  • On ne créé pas une maison sous prétexte que tes manuscrits n’ont pas été acceptés ailleurs. Ça s’appelle de l’auto-publication, merci. Même si tu as l’illusion que de mettre un petit logo sur ta couverture te donne de la crédibilité supplémentaire. C’est vrai, mais c’est faux aussi. [Edit: je suis stupide, il faut vraiment m’expliquer pourquoi les auto-édités ont besoin d’avoir une maison d’édition pour s’auto-publier]
  • Soigne ton site web. C’est un travail, faire un site web. Il y a des gens qui font ça pour vivre, tu sais? Il doit être beau, ergonomique et vendeur. Oui, parce que tes livres, tu les vends!
  • Quand tu fais une page sur wordpress.com ou sur weebly (des sites gratuits), je me demande si tu as assez de fonds pour payer ton loyer. Quand tu sous-traite ton design de site ou des couvertures à ton beau-frère… c’est laid, OK? Comment veux-tu qu’un auteur sérieux ait envie que son oeuvre apparaisse sur ton site? Oh wait… y’a des bébé-auteurs. Laisse, je n’ai rien dit.
  • Parenthèse sur le site web: évite les fautes. Ça ne fait pas du tout professionnel, surtout dans ce domaine.
  • Soigne tes couvertures. Tu peux bien me dire qu’on ne juge pas un livre à sa couverture, mais c’est faux. Je le fais. Tout le temps. Si c’est laid, je n’achète pas. Ça aussi c’est une job. Y’a des gens qui design des choses. Ils ont eu une formation pour ça. Délègue un peu.
  • Ne viens pas me faire ta pub comme quoi tu es no 165e chez Amazon. (et surtout ne la refais pas 10 x dans la même journée). Je suis bien mieux placée que ça en autoédition et je n’ai payé personne. Si je peux faire mieux en autoédition qu’une maison qui se dit sérieuse, c’est qu’il y a un problème. Enfin… il me semble (en plus, tu ne prends aucun pourcentage sur mes gains, woot!)
  • Ne “bitch” pas les autres maisons. Quand tu bitches, ça ne fait que me conforter avec l’idée que certains d’entre eux ont refusés ton manuscrit et que tu as fait ta propre maison pour te venger d’eux.

Et comme je suis une gentille fille, je vais aussi te donner le moyen de réaliser tes rêves, en supposant que tu as déjà la base: un bon jugement, l’envie de lire d’autres textes que les tiens et de les promouvoir. Bref, tu as une capacité à revoir la structure d’un texte et de corriger les fautes (un minimum, quoi). Pour le reste…

  • Si tu veux avoir un vrai site web, paie-toi de l’hébergement (ne fait pas ça sur un blogue gratos, sérieux!) hostpapa est tellement peu cher que tu as vraiment l’air cheap quand tu ne te paies pas un lien officiel. Eux, ils t’offrent ton .com, .net ou tout ce que tu veux + de l’hébergement illimité pour 4$ par mois! 4$, c’est fou, hein?
  • Lis un peu sur l’ergonomie des sites web (bah oui, quoi!) Ici, tout est en ligne et ça donne de bonnes bases.
  • Évite Comic sans MS. Tu devrais même détruire la fonte sur ton ordinateur, juste au cas où tu serais enclin à faire une rechute. Ça et toutes les polices à trous, à fioriture, tous les bling-bling. Le but, c’est de lire le titre, pas de le décoder. Rends les choses claires, merci. “Less is more”, c’est un principe que tu devrais mettre en application, surtout au début. Ah et… mettre des effets, ça ne fait pas de toi un pro de photoshop, plutôt l’inverse.
  • Pour tes couvertures… donne-moi envie de lire le texte qu’il représente. Quand c’est laid, ça fait autoédition. Tu peux faire mieux que ça, OK? Cherche encore! N’oublie pas que tu te noies dans la masse. Aie au moins l’air pro.
  • Respecte tes marges. Arrête de tout coller sur les bords et de tout centrer. Aère tes trucs. Le titre du livre devrait être plus gros que le nom de l’auteur. Sauf si tu publie Stephen King. Là… l’inverse fonctionne. Mais si tu publies King, t’as pas besoin de lire mon billet, alors file!
  • Ah et puis, je ne vais pas tout te dire sur le design: pour apprendre les bases, voir là. C’est un livre, alors tu ne devrais pas trop te perdre.

Je vous jure…

On a vu le terme bébé-auteur, mais je crains qu’on doive maintenant créer le terme de bébé-éditeur…

Et j’ajouterais ceci: cher auteur, ce n’est pas parce que quelqu’un “part” une maison d’édition que ça vaut le coup de publier là-bas… OK?

9 thoughts on “Tout ça, c'est une job”

  1. Ha Ha Ha ! Merci pour ce billet. J’ai bien ri. J’en vois aussi pas mal des éditeurs numériques qui vendent moins que moi et qui ont des couvertures moches, même l’auto-édité fait mieux aujourd’hui ! Je partage. Bonne soirée. Chris

  2. Tant de sagesse en si peu de phrases… LOOLLL
    C’est vrai qu’il y a du ‘n’importe quoi’ dans le merveilleux monde de l’édition. Et c’est loin d’être une bonne nouvelle. *soupir*

  3. Je suis tard, mais j’ai envie de répondre. 🙂

    “Évite Comic sans MS”

    Là, je te soutiens à 100 %, complètement, pour toujours. 😛

    Mais pour le reste, même si je comprends ton ressenti, je suis trop désabusée pour tomber d’accord. Les couvertures, par exemple. Plein de monde m’a dit que les couvertures de Laska étaient laides, du moins certaines (et parfois, que c’était une raison pour ne pas acheter les livres…). Sauf qu’à côté de ça, d’autres personnes ont au contraire trouvé très belles *les mêmes couvertures*. Et ça me rappelle que moi aussi, je trouve parfois laides les couvertures sur lesquelles d’autres s’extasient, et vice versa. C’est tellement une question de goût. Si tu n’aimes pas, tu n’achètes pas ; c’est logique. Mais d’autres aimeront et achèteront.

    Un éditeur n’a pas à “faire mieux” qu’un autoédité. Si je le croyais, je mettrais tout de suite la clé sous la porte. Si tu t’autoédites en self-help, c’est sûr que tu vendras plus qu’un éditeur de poésie. Si tu t’autoédites en anglais, tu risques aussi de vendre plus qu’un éditeur en français. C’est une question de marché et de potentiel commercial. Tous les titres n’ont pas le même… Et surtout, rien n’est joué d’avance. On ne va pas avec un éditeur parce qu’on est sûr qu’on va vendre plus que par soi-même, tout simplement parce qu’on ne peut jamais être sûr de rien.

    Et “le titre devrait être plus gros que le nom de l’auteur”, c’est aussi une convention qu’on pourrait facilement discuter. Sur le marché anglo-saxon, ils ne fonctionnent pas comme ça, et ce n’est pas réservé à Stephen King. La vraie question, c’est : sur quoi repose le marketing de la couverture ? Ça peut être le titre, ça peut être le genre, ça peut être l’auteur…

    1. Je n’ai pas mis d’exemples, mais tu comprendrais mieux avec. Et personnellement, pour suivre pas mal de maisons et d’auteurs autoédités, je considère que j’ai une vue d’ensemble assez large sur la question 🙂

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