Ces temps-ci, je songe beaucoup à l’écriture, parce que j’en ai beaucoup parlé, et avec un tas de personnes, ces dernières semaines. J’ai lu des débuts de roman, des bons et des moins bons. J’ai donné mon avis sur des chapitres, sur des éditeurs et sur un tas de trucs en vrac concernant la publication et l’auto édition (ici, comme ailleurs). Au passage, j’ai renvoyé des gens faire leur devoir (c’est à dire: réécrire des chapitres, couper, ajouter, préciser). Bref, ça m’a donné envie d’écrire des billets sur l’écriture et sur la publication. Le problème, c’est que je suis lente à la détente, et que ma mémoire de poisson rouge ne s’active pas quand je m’installe devant mon blogue.

En réalité, mon seul constat est que chaque oeuvre a un parcours différent. S’il y a un endroit où il ne faut pas se comparer, c’est bien dans celui-là. Personne n’écrit de la même façon, et chaque roman est unique.

Un autre problème, s’il en est un, c’est que je n’ai pas d’idée arrêtée sur tout. Ni sur l’écriture ni sur la publication. Je ne suis pas contre l’auto édition ou le numérique. Publier à compte d’éditeur, c’est une chose, mais – contrairement à d’autres – je ne considère pas que c’est la seule voie possible (ou le meilleur chemin, celui qui mène à la lumière, etc.) Personnellement, pour avoir baignée dans toutes les sphères, je trouve que chacune a ses forces et ses faiblesses (et qu’un soupçon de tout serait l’idéal, mais là encore, c’est une question de parcours).

Déjà, je ne généralise pas. Ceux qui adorent dire que l’auto publication, c’est mauvais, ou qu’un éditeur ne prendra jamais votre roman s’il a été auto publié d’abord… c’est faux. Ou encore: qu’en publiant en numérique, on ne pourra jamais passer au papier ou être en poche ou… là encore, c’est faux. De même, ce n’est pas parce qu’une nouvelle maison d’édition apparaît qu’elle est forcément bonne (même si elle fait du papier, c’est quoi cette façon de trier un éditeur par rapport au support?)

Dans un cas comme dans l’autre, l’auteur, comme l’éditeur, doit faire ses preuves. Et c’est là tout l’avantage que j’ai eu, d’avoir attendu quatre ans avant de me lancer dans la publication. Pendant ce temps, j’ai observé, lu, et jaugé diverses maisons qui naissaient, et les auteurs qu’ils publiaient. Résultat de l’opération? Quand j’ai soumis mes manuscrits, j’ai fait des envois ciblés (chaque manuscrit à deux maisons seulement). Mine de rien, envoyer la bonne histoire à la bonne maison, ça fait une sacrée différence.

Vous savez quel est mon premier conseil? Soyez patient. Observez les maisons qui vous tentent, et faites le tri. Un vrai tri. Faites vos devoirs avant de transmettre votre roman à n’importe qui. Lisez ce qu’ils publient. Vous savez le fameux refus: “ne cadre pas dans la ligne éditoriale”? Dans la majorité des cas, c’est vrai. Les gens envoient leur roman n’importe où, à vingt, voir à soixante maisons d’un coup (je n’exagère même pas). Et après, ils s’interrogent sur la maison qui a dit oui (quoi? Tu n’as pas jeté un coup d’œil à ces maisons avant d’envoyer ton manuscrit? -bah… non, mais ils ont l’air pro, ils ont publiés plein de trucs!) *soupir*

J’irais même jusqu’à dire que le pire défaut des auteurs, c’est l’impatience. Pourquoi attendre les réponses des grandes maisons, c’est long huit, dix ou douze mois. Autant viser les petites directement. Ah, et puis… les statistiques ne jouent pas en ma faveur, ils diront certainement non. Et je ne leur fais pas confiance. Et moi, le numérique… bof. Autant tout faire soi-même. L’auto édition, ce n’est pas si compliqué, après tout. Je peux être sur amazon d’ici le week-end! Wah!

Les bonnes questions à se poser sont simples: que vaut ton histoire? Combien de temps as-tu passé dessus? Mérite-t-elle plus de travail? Une meilleure maison? À qui s’adresse-t-elle? Comment rejoindre ton public? En d’autres mots: que veux-tu pour ton roman? C’est à toi de décider du parcours qu’il aura. Si tu as vingt romans en rade (comme moi), tu peux essayer diverses voies. Mais si tu n’en as qu’un, alors choisis bien. Pas par dépit, mais en toute connaissance de cause.

Au fond, le parcours d’une oeuvre, c’est sa vie. Et il est vrai qu’on ne peut pas toujours tout prévoir, mais on peut quand même essayer d’orienter notre histoire correctement pour qu’elle fasse son petit bonhomme de chemin dans le monde. On peut la remiser, écrire autre chose, attendre, puis la retravailler.

Mérite-t-elle mieux que ce que tu lui offres? Pense-y. Parce que le but, au fond, c’est de trouver des lecteurs. Mais là, encore, c’est de mon parcours que je parle. Il t’appartient de créer le tien et celui de tes histoires…

 

7 thoughts on “Le parcours d'une oeuvre…”

  1. L’idée d’auto-publier certains de mes trucs me trotte dans la tête depuis un bon moment et ton billet est super intéressant pour enrichir ma réflexion.

  2. Bien avant la publication, ce sont déjà des histoires différentes !

    Entre le projet qui s’éternise depuis 3 ans à force de réécriture/relecture et que je n’arrive pas à finir et celui qui se corrige en presque pas deux jours, entre celui qui a été autopublié/dépublié/peut-être republié un jour, et ceux qui ne seront jamais assez bon pour ça !

    Comme quoi chaque écrit est une aventure à chaque fois différente (et c’est bien pour ça qu’on se remet à écrire à chaque fois, non ? 😉

  3. C’est vrai que l’impatience peut être dure à gèrer quand on vient de finir son texte et qu’on veut absolument lui trouver des lecteurs. Mais ca vaut le coup d’attendre. 😀

  4. Même si on réussit à cibler LA maison d’édition, elle peut très bien trouver le moyen de refuser notre manuscrit en écrivant par exemple: “nous devons malheureusement resserrer nos critères de sélection[…]”.
    Ce qu’il nous faudrait au Québec, c’est plus d’agents littéraires comme aux États-Unis.

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