Ces derniers temps, plein de gens partagent les dix livres qui les ont les plus marqués sur facebook. Comme plusieurs, je n’ai pas échappé à la règle et j’ai dressé ma petite liste (il me semblait l’avoir déjà fait, mais bon). Je l’ai fait un peu vite, sans trop réfléchir (c’est d’ailleurs ce qui était indiqué), et hop, je l’ai publié.

Mon premier constat a été de réaliser qu’il n’y avait aucun livre québécois dans ma liste. Pourtant, j’en lis (pas autant qu’il le faut, je sais). J’en ai lu au secondaire, au cégep, et aussi durant mon baccalauréat en études littéraires (forcément). Moins à la maîtrise, vu que je travaillais sur Beauvoir. De ce fait, même si j’ai en lu, et des bons, style Jacques Godbout, Michel Tremblay, Hubert Aquin, Réjean Ducharme, Louis Hamelin et bien d’autres… je peux affirmer sans hésiter qu’aucun ne font partie de ma liste. Pas que je ne les ai pas aimés, mais ils ne m’ont pas marqués – pourtant certains m’ont fait bien pleurer! En fait, mon dernier coup de cœur québécois a été Pierre-Marc Drouin avec Si la tendance se maintient… et encore, je dirais que j’ai été encore plus touchée (mais pas marquée) par Ophélie de Charlotte Gingras. Ceci étant dit, je peux aisément dire que j’ai beaucoup aimé le premier tome des Maudits d’Edith Kabuya, certains poèmes de Miron ou d’Anne Hébert, ou encore Vava de Yolande Villemaire. Mais marquée, non.

Un texte qui me marque, c’est un livre que je lis, relis, que je lis à chéri, que je rachète, que je cherche en grand format, que j’offre, que je place dans ma bibliothèque sur les étagères du haut, que tout quoi! Ce n’est pas juste un livre que j’ai aimé, c’est un livre qui continue de vivre en moi, des semaines et des années plus tard. Pour moi, il n’y a pas de livre plus fort que L’insoutenable légèreté de l’être parce qu’il m’a fait pleuré pendant 3 jours. Parce que je me suis dit… “merde, c’est vraiment ça, être écrivain” (je n’en serai jamais un de cet ordre, mais je vous rassure, aujourd’hui, ça me va très bien). Ce fut la même chose avec l’autobiographie de Beauvoir. Ça m’a montré tout ce qu’il fallait faire avant de ne plus en être capable, que le temps est précieux, qu’on peut accomplir de grandes choses via l’écriture, etc.

Ça, ce sont des livres qui marquent. Ou plutôt, des livres qui m’ont marqués, moi.

Possible que si je lisais plus de romans québécois, je finirais par trouver quelque chose de marquant. Possible que non, aussi (ces temps-ci, je lis dans le genre que j’écris et on ne peut pas dire que le Québec en publie beaucoup). De ce fait, que ma liste n’ait pas de livres québécois, ça ne veut pas dire que je n’en lis pas ou que je n’en aime pas. Ça veut juste dire qu’aucun ne m’a jetée à terre (je dirais bien transcendée dans l’universel, mais bon, vous voyez l’idée). Un livre, ça ne doit pas juste nous marquer, ça doit aussi arriver au bon moment dans notre vie. En soit, certaines histoires qui m’ont marquées ne sont pas proprement géniales, mais chacune est arrivée dans un contexte particulier. Au moment où j’en avais besoin, probablement.

Bref… j’aurais aimé vous dire que bien des livres québécois m’ont renversée, et à un certain point, certains l’ont fait, mais il y a tellement de frein à la lecture québécoise aujourd’hui qu’il me faudrait un autre billet pour vous en parler.

Et pour les curieux, voici ma liste initiale (il y a du kitsch et j’en suis fière, bah quoi!):

1. L’insoutenable de Kundera et toute son oeuvre, tiens(qui est surpris?)
2. Tous les hommes sont mortels de Beauvoir (et plusieurs autres aussi, dont son autobiographie)
3. Le grand cahier d’Agota Kristof
4. La petite fadette de George Sand
5. Mrs. Dalloway de Woolf (et la traversée des apparences, et Orlando aussi, et une chambre à soi)
6. Le journal d’Anaïs Nin (et ses nouvelles hihi)
7. Love Story d’Eric Segal (OUI!)
8. Malzieu, maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi (magnifique)
9. Moyes, Avant toi
10. Tolstoi, Anna Karénine

En fait, après coup, je réalise qu’il manque Lettre d’une inconnue de Stephan Zweig que je changerais sans problème contre Anna Karénine. Parce que, j’ai oublié de vous dire… les listes, ça se change, aussi.

One thought on “Des œuvres qui marquent…”

  1. Finalement, votre troisième tome “Le prix de la liberté ” est sortie en librairie… Je ne vous cacherez point que je me suis précipitée pour me le procurer…. Pour ma part, je considère que C’est le meilleur des trois, malgré le fait que j’ai bien aimé les deux autres aussi…

    Comment vous d’écrire tous les émotions que j’ai ressenti lors de la lecture de ce roman… Je peux vous confirmez une chose ; j’ai pleuré comme un bébé au grand désespoir de mon époux. 😉 Chapeau à l’auteure ! vous avez su nous faire ressentir tous les émotions véhiculées par le personnage principal
    (Isabelle Coté ) et les autres avec brio… Dommage que les aventures de ce clan doivent se terminer avec ce tome… J’aurais aimé lire d’autres aventures, connaître d’autre clan, mais en intégrant toujours Isabelle, Simon et les autres bien sûre 😉 …. Ils pourraient venir en aide à d’autres groupes. Vivre la naissance du premier bébé de Gaëlle et Éric, etc. Bref ! Une fille s’essaie …. 🙂 Encore une fois bravo pour votre excellent travail !

    Cordialement vôtre Julie

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