Il y a un peu plus de dix ans, en mars 2009, je reprenais la plume, plus d’une vingtaine d’années après l’avoir mise de côté. Tout ça parce que j’avais cette histoire qui me trottait en tête depuis mon adolescence (j’en avais plusieurs, oui, mais celle-ci, j’aurais pu la réécrire des tas de fois, toujours avec les mêmes personnages, mais dans un panoplie de situations différentes – et un jour, je la publierai!)

Il y a dix ans, donc, je suis revenue à l’écriture. Et comme je l’avais complètement mise de côté, elle est revenue en moi comme une tornade. Elle a pris toute la place (faire les choses à moitié, ça n’a jamais été dans mon tempérament). De ce fait, j’ai écrit, beaucoup, passionnément, à la folie. Ça m’a pris 4 ans avant de me dire: qu’est-ce que je fais de tout ça (j’avais quelque chose comme 16 manuscrits dans mes tiroirs). Et soudain, je me suis mise à envoyer mes textes à des éditeurs.

En dix ans, il s’en est passé des choses! 36 romans écrits. 23 romans publiés (25 avant la fin de 2019). Et encore pas mal d’histoires qui dorment dans mes tiroirs. Quand on considère qu’à l’époque, qui n’est pourtant pas si loin, les éditeurs ne s’intéressaient pas du tout à la romance francophone, c’est dur à croire. Quoique… pas tant que ça, finalement, puisque le marché s’essouffle et revient très vite sur ses pas, et comme je fais aussi un doctorat sur la question, j’aime bien observer cette mouvance.

Je ne suis pas le genre de fille à avoir des regrets. Les regrets, c’est pour ceux qui n’osent pas. Pour ma part, j’ai fait beaucoup, souvent sans me prendre la tête, parce que l’écriture – et aussi la publication -, c’est mon petit laboratoire. Je tâtonne et j’essaie. Si ça fonctionne, hourra! Sinon, tant pis.

Par contre, l’écriture, c’est autre chose: une bulle à part, c’est là où je vais quand la vie est épuisante et qu’il me faut un break. C’est plus qu’un passe-temps, mais – et c’est important de le comprendre – ce n’est pas un travail. C’est ce qu’on oublie souvent quand on entre dans le monde de l’édition, parce qu’on a des échéances et du travail en plus à faire. Or, ce n’est pas mon travail (j’ai déjà un travail, merci). C’est un partenariat, une collaboration, ou tout autre synonyme qui s’y rattache. Mais pas un travail. Le souci, dans ce milieu, c’est qu’on se sent souvent traité comme un employé – fais ceci, voici ton deadline, etc. – et quand on le cumule avec un véritable emploi, des études et une vie de famille… forcément, ça finit par coincer.

Le plus étrange, c’est cette impression qu’on doit constamment prouver quelque chose aux autres. Tu écris, mais si tu t’en fais rien, à quoi bon? Tu publies, mais si tu n’en vends pas, à quoi bon? Tu en vends, mais si je n’en entends pas parler, à quoi bon? Bref… c’est un cycle sans fin. Longtemps, ce cycle m’a miné, comme s’il fallait atteindre un but précis, nourrir la machine, publier pour rester dans la course, etc. Mais quelle course? J’ai toujours été pourrie en sport, anyway!

Bref, après dix ans, j’ai décidé que je changeais de rythme.

Maintenant que j’ai souligné cet anniversaire (en retard, comme d’habitude), je m’en vais travailler ma dernière publication de 2019. Peut-être même la dernière avant un petit moment…

 

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