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La routine d’écriture

Quiconque fait le Nanowrimo comprend que, pour écrire un roman, il faut rendre chaque minute libre productive, même quand l’inspiration n’est pas au rendez-vous (surtout quand elle n’y est pas, en fait). Pour atteindre les 1667 mots quotidiens exigés par ce défi, il faut gruger sur son heure de lunch, traîner son carnet d’écriture, se lever un peu plus tôt, se trouver une petite heure, le soir, pour avancer une scène, même si on sait qu’il faudra la réécrire plus tard.

Sachez que tout est rarement parfait au premier coup.

Chaque personne qui désire écrire un roman devrait se doter d’une routine d’écriture. La vie est chargée, le temps se fait de plus en plus rare, de ce fait, la question qui s’impose est : qu’allez-vous sacrifier? Une heure de sommeil, le matin ou le soir? L’émission que vous regardez religieusement, le dimanche? Établissez les moments d’écriture possibles et tentez de voler quelques minutes ici et là durant la journée pour avancer votre histoire. Le soir, en posant votre tête sur l’oreiller, vous serez parvenu à avoir des mots en plus sur un roman en devenir. Il vaut mieux 100 mots que rien du tout. J’ajouterais même : il vaut mieux 10 mots à rien du tout, même si ça paraît minuscule. La raison est simple : pendant que vous cherchez ces mots, votre histoire continue de tourner dans votre esprit. La scène rejoue en boucle, en attente d’être écrite, ce qui vous oblige à rester coincé dans votre histoire.

Parce qu’il faut rester coincé avec elle.

Moins on accorde de l’attention à notre manuscrit, et plus l’ambiance ou la voix de nos personnages nous échappent. Souvent, il faudra tout relire pour pouvoir replonger dans l’univers que nous avons mis de côté. Gardez votre histoire vivante à votre esprit. C’est essentiel pour poursuivre et pour arriver à bon port.

Ma routine n’a rien de stable. Certains vont privilégier les carnets, le ipad, le téléphone portable et noter des scènes pendant leurs déplacements. Le métro et le train de banlieue sont non seulement des endroits inspirants, mais voilà du temps « perdu » que l’on peut intégrer à sa routine d’écriture. Personnellement, j’habite à 5 minutes de mon travail, de ce fait, je ne compte plus sur mes déplacements pour écrire, mais sur mes pauses. Entre deux cours, je m’enferme dans mon bureau. Le soir, quand mon fils est couché, je me réserve une petite heure. Parfois, quand j’ai un moment de libre, je me réfugie dans mon histoire et fais monter le compteur. En écriture, chaque moment est le bon moment. Attendre ne sert qu’à repousser votre histoire. Quand on veut écrire, on doit s’en donner les moyens.

Si la routine vous paraît trop contraignante, donnez-vous des objectifs journaliers. Stephen King suggérait d’écrire 1000 mots par jour. Si un roman « normal » compte entre 50 000 et 90 000 mots, remarquez qu’un premier jet pourrait voir le jour dans un laps de temps relativement rapide.

Si tout va bien, évidemment.

Chaque auteur sait que l’écriture d’un roman n’a rien d’une ligne droite. C’est plutôt un tracé en zigzags, avec des imprévus (oh, un nouveau personnage – ah, cette scène qui m’emmène là où je ne voulais surtout pas aller et qui m’oblige à revoir toute ma première partie).

Cependant, même si la route est sinueuse, chaque mot, même ceux qui finiront effacés, vous emmène vers la fin de votre manuscrit. Vers un possible roman.

Tenez bon!

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