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Souffrez!

Les clichés ont la vie dure, je sais. N’oubliez pas que j’écris de la romance! Or, on a tous l’image de l’écrivain torturé, qui souffre pendant qu’il écrit. La première règle est d’oublier cette image. Écrire, cela peut être souffrant, certes, mais pas toujours. Personnellement, je ne connais rien de plus exaltant que l’instant où mon histoire se dessine sur l’écran de mon ordinateur. L’instant où mes personnages commencent à m’habiter et à avoir une personnalité propre – leur personnalité. Là, c’est comme si un univers parallèle prenait place dans mon esprit et que j’étais arrivé au point de non-retour. Non seulement mes personnages ne voudront plus jamais coopérer si l’histoire ne leur convient plus, mais c’est le moment où j’ai la sensation de les faire vivre en écrivant. C’est aussi la raison pour laquelle je pleure quand ils souffrent ou quand ils meurent. Ne réprimez pas ces émotions. Si vous riez et pleurez durant l’écriture, il y a de fortes chances que votre lecteur en fasse autant. Et ça, c’est le véritable miracle de l’écriture.

En réalité, je vais dire quelque chose d’étrange : si écrire est un acte souffrant, pour vous, faites-le quand même avec plaisir. Faites-le parce que la satisfaction de boucler votre projet est là, au bout du chemin. Faites-le pour expulser cette histoire qui vous hante. Trouvez un moyen d’y prendre du plaisir. Beaucoup de plaisir, si possible.

Quand j’entends des écrivains se plaindre qu’écrire leur est très souffrant, je me demande toujours pourquoi ils continuent. Je dirais même que les soupçonne d’en mettre un peu pour donner une aura aux gestes qu’ils posent. Moi, je ne m’en cache pas : j’adore ça! Certes, il faut être légèrement masochiste pour écrire : pour mettre sa vie de côté afin de créer celles de nos personnages imaginaires, pour attendre des délais inimaginables pour être publié, parfois pour être très peu lu, et encore moins payé. Mais quand c’est fait avec plaisir, on y trouvera toujours notre compte.

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