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La relecture

Quand on a 400 pages à relire, on sait rarement par quel bout les reprendre. Il y a beaucoup de façons de faire : lire son texte à voix haute, changer la police de caractère pour le relire « autrement », l’imprimer pour le voir différemment. Personnellement, je mets mon texte dans le tiroir et j’en écris un autre. J’ai besoin de temps pour me détacher d’un texte et je n’ai rien trouvé de mieux que de plonger dans un autre univers pour pouvoir le faire. Cela signifie: lire des romans ou en écrire un autre. Parce qu’il faut du temps pour prendre du recul. Pour avoir un œil neuf.

Pendant que de nouveaux personnages me hantent, j’oublie les anciens. De ce fait, quand je reviens sur ce texte, je le regarde avec un éditeur sur mon épauleJe doute de tout. Je chipote sur tout. Et je m’émerveille aussi, parfois. On n’écrit jamais que du mauvais (ouf) et c’est important de souligner les phrases qui nous plaisent et l’émotion que nos propres mots nous apportent.

Hé! On a le droit d’être fier, aussi!

Le souci de se relire soi-même est simple : l’univers, on le connaît. Nos personnages aussi. De ce fait, quand l’un d’eux s’emporte, il arrive que l’on comprenne très bien pourquoi, mais un lecteur pourrait se retrouver complètement perdu devant cette même scène et pourrait juger ce comportement ridicule et inutile. Il faut tenter de se mettre à la place d’une personne qui n’a jamais lu le roman, et ça, c’est probablement le plus difficile à faire.

C’est aussi l’étape où il faut se trouver des alliés. Des lecteurs. Et des pestes, de préférence. Il y a trop de gens qui aiment nos histoires ou qui sont incapables d’expliquer ce qu’ils n’aiment pas. Par peur de blesser ou par manque de discernement, je ne sais pas, un peu des deux, probablement. N’est pas éditeur qui veut, après tout. Cela étant dit, quand on demande la vérité, il ne faut pas être blessé quand on nous la sert (parfois de façon indélicate). Cela fait partie du jeu. Il ne faut pas oublier que vous êtes seul maître à bord de votre roman. Si un commentaire vous déplaît, libre à vous ne pas le considérer. Mais n’oubliez jamais qu’un éditeur pourrait avoir le même et refuser votre manuscrit.

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