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Le droit de premier regard

Le piège le plus courant: le droit de premier regard aussi nommé clause d’exclusivité

Les jeunes auteurs signent souvent cette clause (moi-même, j’y ai eu droit). Il s’agit de promettre (de façon légale) à votre éditeur tous vos prochains manuscrits en priorité (ou un nombre précis de manuscrits). Le but de cette manœuvre est simple : on vous a déniché, on ne veut pas qu’un autre vous débusque par la suite. On veut donc jeter un œil sur vos prochains textes pour s’assurer que vous n’irez pas le proposer à un meilleur éditeur.

Refusez cette clause.

Si un éditeur veut vous garder, il fera en sorte de bien vous traiter. Une clause de cet ordre est inutile quand tout se passe bien avec votre éditeur (c’est-à-dire qu’il vous respecte, qu’il vous paie à temps, etc.) Si c’est le cas, pourquoi iriez-vous ailleurs?

Maintenant, imaginez l’inverse : que votre éditeur vous fasse une couverture moche, qu’il ne réponde jamais à vos emails et qu’il paie toujours en retard…

Vous l’avez deviné : cette clause vous coince. Généralement pour 2 autres manuscrits.

Souvenez-vous du temps qu’il vous a pris pour écrire votre premier roman. Pour le corriger. Pour le réécrire. Pour l’imprimer. Pour attendre une réponse positive?

Imaginez recommencer pour devoir l’offrir à un éditeur qui ne vous respecte pas?

Deux fois, en prime?

Si vous le pouvez, refusez cette clause. Oui, ça se refuse. Oui, on vous dira que c’est pour votre bien. Que tout est négociable, etc., mais un contrat, c’est un contrat. N’oubliez jamais que vous y êtes coincé pour plusieurs années. Il vaut mieux retirer cette épine de votre pied tout de suite!

Il y a également une clause similaire qui indique que vous ne pouvez proposer un manuscrit du même genre à un autre éditeur (clause de non-concurrence). Celle-ci est plus délicate et tout aussi compréhensible. L’éditeur ne veut pas que, dans un genre donné, vous puissiez jouer sur deux tableaux. Imaginez que vous écrivez des histoires de zombies. Vous proposez un texte chez X éditeur et un texte du même acabit chez son concurrent. Ça ne plaît pas beaucoup et c’est compréhensible (vous devenez votre propre concurrent dans deux maisons données). Cela dit, soyez vigilant et faites toujours clarifier cette clause afin de limiter à un genre précis (ex : « horreur avec zombies » plutôt que « horreur » au sens large – autrement, vous promettez à nouveau vos œuvres à un seul et même éditeur).

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