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Négocier un contrat

Quand on reçoit un contrat, c’est toujours intimidant de vouloir négocier. On craint que l’éditeur nous trouve abusif ou refuse de nous accommoder. « Comment, tu ne l’aimes pas, mon contrat? Mais tout le monde le signe! »

C’est faux.

Ne vous laissez pas duper par ce rapport de pouvoir. Voyez les choses autrement : vous ne cherchez pas seulement un éditeur, mais un partenaire. De ce fait, n’ayez pas peur de poser vos limites et de discuter des clauses de votre contrat qui vous dérange. Je vous le rappelle, cette signature au bas d’un document vous lie pour bon nombre d’années. Soyez extrêmement prudent.

Dans un rapport de pouvoir, le temps est roi. Il arrive souvent que l’éditeur vous fasse attendre. Longtemps. Il tergiverse parfois en espérant que vous cédiez à sa requête. Cette manipulation devrait vous effrayer. S’il le fait pour un contrat, croyez bien qu’il le fera pour autre chose. La confiance se gagne durement, mais elle se perd très vite. Mais une fois que votre signature est sur le papier, il sera trop tard pour vous plaindre…

Soyez patient. Faire attendre, c’est un jeu qui se joue à deux. L’éditeur espérera peut-être vous faire craquer en vous laissant sans nouvelle pendant quelques semaines? Vous avez attendu si longtemps, pourquoi se presser à cette étape? Il le veut, votre manuscrit, non?

Voilà pourquoi il vaut mieux ne jamais retirer votre manuscrit de chez un autre éditeur avant que le contrat ne soit réellement signé. Si on vous fait languir, c’est peut-être le temps de déranger un autre éditeur de votre liste pour voir si votre manuscrit est toujours en comité de lecture.

Pour ma part, j’ai eu droit à la clause de préférence et je l’ai fait retirer au second contrat. Idéalement, je ne l’aurais pas gardé dès le départ, mais quand on signe pour la première fois, on a tellement peur que l’éditeur change d’avis qu’on se dépêche de signer (oui, moi aussi j’ai ressenti tout ça). Mais je vous assure que ce n’est pas une bonne idée de signer sous la pression ou par peur. Protégez-vous. Vu le peu que vous risquez de recevoir pour votre roman, vous avez le droit d’être prudent.

Dernier point et non le moindre : n’hésitez jamais à demander un a-valoir (soit une avance sur droits), même si celui-ci est tout petit. Ça montre le sérieux de votre éditeur envers votre projet. Au Québec, cela commence à devenir plus naturel, mais en France, insistez. J’ai reçu des a-valoirs de tous mes éditeurs français, même pour du numérique (et même si l’a-valoir était petit).

Allez aussi jeter un oeil sur le site de L’UNEQ qui vous parle du contrat d’auteur.

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