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Le blues de l’auteur(e)

Vous l’avez probablement senti à certains endroits dans ce guide, la vie d’auteur, c’est souvent une montagne russe. Parfois, dans la montée, on est fébrile. Puis on chute. Un peu, beaucoup, peu importe. On remonte souvent, mais on redescend aussi. C’est un cycle constant. Il faut apprendre à vivre avec.

Cette petite voix dans notre esprit est pernicieuse: est-ce que je suis vraiment un auteur? Pourquoi personne ne me lit? Personne ne s’intéresse à mon livre. Je n’ai pas de critique. Est-ce bon, ce que je suis en train d’écrire? Peut-être que je ne pourrai pas faire mieux que le précédent. Ça ne paie pas assez, il vaut mieux arrêter. Une mauvaise critique, arg! Je suis nul!

STOP.

Le syndrome de l’imposteur est là chez tous les auteurs. C’est tout le souci de se comparer aux autres. Je fais de la romance et j’ai commencé dans une maison que personne ne lisait (je rectifie: que les critiques ne lisaient pas, mais les jeunes – eux – adorent cette maison) – étais-je lue? Oui. Jamais assez évidemment (l’auteur est gourmand, on le sait). On ne prend connaissance de ce que nos livres font aux autres dans les salons, souvent, ou quand on reçoit des petits emails. Sinon… on est souvent seul, à se dire qu’on n’existe pas.

Quand j’ai commencé à faire des sous, c’était pareil. Pourtant, je devais être lue, parce que je vendais beaucoup. Les retours sont plus ou moins grands, selon les livres, mais bon, j’écris de la romance, donc on me boude, mais ça passe encore. On finit par vivre avec tout ça.

En réalité, l’auteur (et l’humain en général) est ainsi fait, il y a toujours quelque chose qui ne va pas. Le bonheur n’est jamais un surface lisse. C’est toujours autre chose. Quand on a une certaine reconnaissance et peu d’agent, on voudrait l’inverse. Quand on a des sous, mais pas de reconnaissance…

Voilà.

À ceci s’ajoute cette voix de l’imposteur qui tente de nous dire qu’on n’est pas à notre place. Qu’on n’est pas bon. Qu’on ne devrait pas s’acharner autant. 

Faites-là taire.

Vous verrez sûrement les autres réussir – et soyez heureux pour eux. Vraiment. Vous savez combien c’est compliqué d’écrire et de publier. Soyez heureux! Et notez aussi que sur les réseaux sociaux, tout va toujours bien – on ne mets que de bonnes critiques. De ce fait, on voit plein plein de choses qui mine notre moral.

Et si on tarde à republier un 2e roman, on stresse: parce que tel autre auteur publie beaucoup, parce qu’on ne sera pas au prochain salon du livre, parce que nos lecteurs risquent de nous oublier, etc.

Arrêtez de vous faire du mal inutilement.

Votre parcours est unique. Il ne peut pas être comparé. Et ça, ce sera le plus difficile à entendre – et à garder en tête.

Faites les choses à votre façon. Ce sera toujours OK.

Il faut apprendre à vivre avec ce blues qui revient sournoisement, à rythme irrégulier, et surtout: apprendre à faire taire cette voix qui tente de saboter notre créativité.

Écrivez. Encore. Toujours. Sans songer à la suite.

La suite, elle viendra de toute façon.

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