Introduction

I

introduction

Je vais débuter ce guide par un terrible aveu : j’ai toujours été contre les guides d’écriture. J’ai dû en lire deux ou trois avant de remarquer que les recettes proposées se ressemblaient beaucoup… et ne me convenaient jamais tout à fait. La raison est simple : pour écrire, il faut trouver la méthode qui nous convient le mieux, celle qui colle à notre personnalité. De ce fait, je suis triste de vous le dire, mais ce guide ne fonctionnera peut-être jamais pour vous… et c’est tant mieux!

Pour avoir écrit et publié beaucoup, je suis désormais persuadée que chaque parcours est unique et différent, et c’est très bien ainsi. De ce fait, rien de ce que je vous dirai ne pourra être pris comme la vérité absolue (elle n’existe pas, de toute façon). Comme dans toutes les sphères de nos vies, sachez que les conseils ne sont jamais écoutés que par ceux qui veulent bien les entendre. C’est pourquoi je dis ceci dès le départ : si un conseil vous plaît, prenez-le. S’il vous agace, jetez-le aux poubelles et faites ce que vous croyez être le mieux pour vous. Après tout, ce parcours vous appartient. À vous de voir la route que vous souhaitez prendre, ces prochaines années.

Étant du genre « bricoleuse » avec ce genre de guides, je mélange souvent ce qui me plaît avec ce que je fais déjà afin de bonifier ma propre expérience. Je vous encourage donc fortement à en faire autant. Après tout, les peintres mélangent bien les couleurs! Pourquoi ne pas faire la même chose avec mes conseils? Faites votre recette et exploitez-là à votre rythme. Si cela ne fonctionne pas, il sera toujours temps de revoir vos ingrédients.

Qui suis-je ?

Avant d’aller plus loin, permettez-moi de me présenter : je m’appelle Suzanne Roy et je suis auteure depuis une dizaine d’années. J’ai près de 40 romans écrits dont 25 sont publiés ou autopubliés. Mes histoires ont été adoptées par 7 maisons d’édition différentes, que ce soit au Québec ou en France (parmi celles-ci : Harlequin, AdA, Bragelonne, Hugo & cie…) et certaines ont également été traduites. Je publie surtout de la romance contemporaine, fantastique ou érotique, mais pas que ! Notez aussi qu’une partie (en réalité : un peu plus de la moitié) de cette production est sous pseudonyme. De ce fait, pendant quelques années, j’ai publié entre 4 et 7 livres par an, et croyez bien que ce n’était pas de tout repos !

J’ai aussi tenté l’autoédition à quelques reprises, pour pouvoir faire les choses à mon rythme – et je ne le regrette pas. Sur mes 25 publications, j’en ai autopublié 7, mais 4 de ces publications sont passées en maison d’édition par la suite. Si vous êtes doué en maths, vous comprendrez qu’il m’en reste 3 et je ne cherche pas à les caser !

J’ai donc un parcours atypique et un peu rebelle. D’abord, parce que j’ai beaucoup écrit avant de démarcher les maisons d’édition (je devais avoir 12 manuscrits dans mes tiroirs quand je me suis lancée – mais à l’époque, on ne publiait pas de romance francophone). Ce n’est donc guère étonnant que mes publications aient été nombreuses en peu de temps. J’ai aussi beaucoup expérimenté (que ce soit en écriture et en promotion), tout en étant déterminée à ne jamais prendre tout cela au sérieux. Plus encore, quand j’ai commencé à gagner de l’argent avec mes livres, beaucoup d’argent – s’il me faut le spécifier, car d’un trait j’ai décidé de tout mettre sur la glace. J’y reviens doucement, mais à mon rythme, cette fois.

Sinon, dans la « vraie » vie, j’ai fait des études en littérature (baccalauréat et maîtrise en études littéraires, notamment sur Simone de Beauvoir) et j’ai également une maîtrise en communication – spécialisation en multimédia. Je suis, depuis 17 ans, professeure de médias numériques au collégial. J’enseigne à la fois le Web, l’infographie, les effets vidéo, l’animation, etc. Je ne nierai pas que ma formation a été très utile lorsqu’est venu le temps de m’autopublier. On peut donc dire que mon bagage est varié et c’est, je pense, ce qui donnera ma touche personnelle à ce guide. Je l’ai souvent dit, mais l’écriture et la publication sont des laboratoires d’expérimentations qu’il me plaît de tester à ma façon, et – vous le verrez sûrement – pas toujours de façon traditionnelle. De ce fait, j’espère surtout qu’il vous donnera envie de faire des essais à votre tour, puisque, comme l’adage le dit si bien : « Qui ne risque rien n’a rien ».

Ce guide ne pourra vous donner que des conseils qui me sont propres, mais l’écriture, la correction, la négociation du contrat, la publication et, surtout : les mauvaises surprises, n’ont (presque) plus de secrets pour moi. C’est donc dans cette optique que j’ai décidé de faire ce petit guide (non prescriptif) afin de fournir différentes astuces pour les jeunes auteurs qui cherchent à éviter des pièges, ou les auteurs confirmés qui ont envie de voir le milieu littéraire différemment. À vous de voir à quelles fins ce guide vous intéresse.

Le plus important dans cette aventure, c’est que l’écriture doit rester une passion. Je le dis et je le répète, car à force de publier, j’en suis pratiquement arrivée au point de perdre le plaisir d’écrire mes histoires. À une époque, je ne voyais plus que les corrections, les échéances et le fait qu’on m’ajoutait du travail alors que j’en avais déjà un. C’est pourquoi, depuis quelques années, j’ai décidé de revenir à l’écriture en mettant volontairement de côté la publication. 

Même s’il peut faire rêver, sachez que ce milieu est loin d’être de tout repos. Il nous fait régulièrement perdre de vue ce qui compte vraiment : l’écriture de nos histoires.

Certes, publier, parler de nos personnages et rencontrer ses lecteurs, c’est merveilleux, mais croyez bien que ce n’est que la cerise sur votre sundae. Je le dis et le répète : l’écriture est une flamme fragile, et notre devoir, en tant qu’auteur, est de la protéger de tous les courants d’air qui tenteront de l’éteindre. Et croyez-moi : il y en aura de plusieurs ! Résistez !

À qui s'adresse ce guide ?

Si les conseils de ce guide sont surtout orientés vers les auteurs qui en sont à leurs premières armes en matière d’écriture, à ceux qui rêvent de publier et qui doutent d’eux-mêmes ; la dernière partie du guide, notamment celle sur l’autopublication, ainsi que les outils que je recommande au sein de ces pages, s’adressent à tous les auteurs en général.

Avant d’écrire, on ne connaît pas encore l’ivresse de créer un univers qui nous est propre, selon nos règles. Le plaisir de développer un personnage et de s’y attacher, comme s’il s’agissait d’une personne réelle. Une fois que cela nous arrive, l’écriture devient une drogue, ou, de façon plus poétique : une bulle d’air frais dans notre quotidien répétitif.

Avant de publier, on a la sensation de passer à côté de tout, de ne pas comprendre ce que cherchent les éditeurs, de s’imaginer que personne ne verra jamais notre talent, et, surtout, de croire que tout sera parfait une fois que nous serons épaulés par des professionnels. Ce n’est pas toujours ça, malheureusement.

Une fois dans la machine, on est parfois étourdi par les délais qui nous incombent afin de rendre notre roman conforme aux exigences des éditeurs. On a parfois l’impression d’être un numéro, échangeable sans trop de mal, et on finit par ne plus comprendre ce qu’on fait là. Il faut attendre les premiers retours des lecteurs et les salons du livre pour trouver un sens à cette folie !

En autopublication, on se sent régulièrement comme des parias de l’édition. Certains jugent nos romans sans prendre la peine d’y jeter un œil. Mais avec la patience et de la persévérance, on peut faire un roman de très bonne qualité… seul (ou presque). D’ailleurs, depuis quelques années, on sent un véritable engouement pour l’autoédition, notamment par des auteurs qui semblaient pourtant bien installés au sein d’une maison d’édition.

Bref, ce qu’il faut comprendre, c’est que le doute est là, à chaque étape, et qu’il revient toujours. Tout le temps. Apprenez à vivre avec.

Le but est surtout que ce guide vous accompagne longtemps. Aussi longtemps qu’un roman peut prendre du temps à écrire !

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