Édition

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Les types de publication

Il y a plusieurs façons de publier. Vous pouvez le faire tout seul, payer pour qu’un autre le fasse ou soumettre votre texte à des éditeurs sérieux jusqu’à ce que l’un d’eux accepte votre manuscrit pour le publier au sein de leur maison d’édition (et là, encore, certains le font plus ou moins bien).

Cela paraît simple, mais en réalité, ce n’est pas le cas. Les « fausses » maisons d’édition sous très souvent listées dans la même rubrique que les bonnes maisons. Il faut donc savoir les distinguer.

Je le répète : soyez prudent!

Il n’est pas rare les jeunes auteurs qui, sous empressement, signent n’importe où pour avoir la simple satisfaction de tenir leur livre entre leurs mains. Imaginez la scène : vous transmettez votre manuscrit et… deux ou trois semaines plus tard (si ce n’est pas 48 heures) on vous écrit pour vous proposer un contrat. Vous sautez de joie et signez sans attendre, mais… malheur ! vous découvrez très vite que vous êtes tombé dans un piège. Prenez donc le temps de lire les différents types de publication…

L'édition à compte d'auteur

Ce que le nouvel auteur ne sait pas toujours, c’est qu’il cherche une maison d’édition à compte d’éditeur. C’est-à-dire une maison d’édition qui prendra l’édition de votre manuscrit en charge du début à la fin – SANS FRAIS. Ce sont (bien souvent) les maisons que l’on voit en librairies ou dans les grandes surfaces. De ce fait, prenez le temps de regarder ce qui se vend : le genre, la maison, le résumé derrière, etc. C’est aussi un très bon moyen pour découvrir des maisons d’édition que vous ne connaissez pas et qui pourrait peut-être correspondre à votre manuscrit. Au passage, achetez un titre ou deux, pour vérifier que votre manuscrit concorde réellement avec leur ligne éditoriale…

Pour vous assurer qu’une maison d’édition est réellement à compte d’éditeur, jetez un œil sur leur site internet. Y a-t-il des frais ? La maison propose-t-elle des services payants ? Et même dans les différentes maisons d’édition à compte d’éditeur, souvenez-vous qu’il y en a des bonnes et des moins bonnes.

Besoin d’un conseil pour faire un choix éclairé ? C’est simple ! Regardez la disponibilité des titres d’une maison dans les librairies que vous fréquentez. Analysez leur catalogue, leur distribution, les auteurs qui y publient (les connaissez-vous un peu ?) Depuis l’avènement du numérique, plein de petites maisons d’édition ont vu le jour, car désormais, on peut aisément publier n’importe quoi, avec un minimum de corrections, une couverture non professionnelle… et ramasser une partie des recettes.

Si une maison d’édition publie uniquement en numérique, ou n’a pas d’exemplaires en librairies, ça ne veut pas forcément dire que c’est une mauvaise maison, mais est-ce vraiment ce que vous voulez pour votre histoire ? Pas de papier ? Cela signifie souvent : pas de salon du livre ! Pas de salon… pas de dédicaces. Est-ce que cela vous dérange ? Ça, il n’y a que vous qui puissiez y répondre !

Hormis la taille de la maison d’édition (car il y a des petites maisons dynamiques et des grandes maisons paresseuses, pour paraphraser un autre dicton), ou le choix du format de publication (il y a du numérique, du papier ou… de l’impression à la demande), notez que si une maison d’édition n’est pas spécialisée dans un genre en particulier et publie « un peu de tout », pensez-y-bien. Généralement, la raison pour laquelle un auteur signe avec une maison en particulier, c’est pour son bassin de lecteurs. Quand une maison est spécialisée, elle agit à titre de références dans un genre donné (ex : Harlequin ou Fleuve noir), et quand notre manuscrit est choisi, c’est comme si cette maison donnait une plus-value à notre histoire. Une maison qui publie de tout n’a peut-être pas un public cible dans un domaine précis, sauf s’ils ont des collections particulières et qu’ils en font la promotion. Bref… prenez le temps de regarder l’ensemble du portrait.

Avant de choisir votre maison d’édition, réfléchissez aux bonnes questions : que désirez-vous pour votre roman? Une grande maison ? Des librairies ? Une bonne distribution ? Certes, tout ceci est l’idéal, mais jusqu’à quel niveau iriez-vous pour être publié ? Qu’êtes-vous prêt à sacrifier, surtout ? Le livre papier ? La librairie ? La légitimité de la maison ? Avant d’envoyer votre manuscrit, il vaut songer à toutes ces éventualités. Une fois le contrat dans votre boîte aux lettres (ou dans votre boîte mail), il est un peu tard pour y réfléchir (même si, dans les faits, tant que ce n’est pas signé, ce n’est pas signé !)

Mais vu le temps qu’ils prennent pour vous répondre (entre 3 à 6 mois), vous aurez bien le temps d’y songer !

Qu'est-ce qu'une bonne maison d'édition ?

Je le dis dès le départ, cette question est très personnelle, et pour chaque auteur, la réponse pourrait varier, mais faisons un tour d’horizon.

Une bonne maison d’édition est déjà une maison qui a pignon sur rue (un lieu physique, une adresse qui n’est pas la maison d’une pseudo-éditrice qui fait ça le week-end, dans son sous-sol – mais là encore, il y a des exceptions).

Une bonne maison a un site internet professionnel (avec un .com, pas un wix ou autres outils gratuits en ligne avec une adresse douteuse et de la pub qui flashe partout). Elle a aussi un joli catalogue avec des titres que vous avez lus et appréciés (oui, il faut travailler pour choisir une bonne maison, je vous l’ai déjà dit !).

Ce que la maison d’édition vous fournit (généralement) : une direction littéraire – soit quelqu’un qui va revoir votre manuscrit en votre compagnie (vous croyez vraiment que c’était fini ?), qui vous fera travailler davantage sur votre texte, à ne plus vouloir le relire jusqu’à la fin de vos jours, puis viendra par la suite un correcteur professionnel. 

Idéalement, la maison vous consultera pour la couverture, mais ce n’est pas toujours le cas. La plupart de ces maisons ont des graphistes ou des spécialistes en communication qui décident de ce volet. C’est triste, mais c’est ainsi.

Les bonnes maisons font généralement des salons du livre et vous y invitent (parfois, vous êtes rémunérés, parfois – voire souvent – ce n’est pas le cas – il faut donc prévoir un budget en conséquence, surtout si vous habitez loin des grands centres). Mais attention : les mauvaises maisons font aussi les salons !

Il se peut que votre maison vous offre tout ça. Il se peut aussi qu’elle offre quelques petites parties de tout ça. Et pourtant, cela n’en reste pas moins une maison à compte d’éditeurs. Pourquoi ? Parce que vous n’avez RIEN à débourser pour la publication de votre livre. L’éditeur acquiert les droits et est censé prendre tous les risques.

Dans certains cas, vous aurez même un à-valoir (soit une avance sur droits qui se fera rembourser sur vos premières ventes), mais là aussi, certains le font, d’autres pas. En ce domaine, il n’y a pas de critères fixes (en France, c’est davantage dans la norme, mais cela commence à l’être aussi au Québec).

Dans tous les cas, c’est à vous de vous renseigner sur les maisons que vous prospectez. Visitez leur site internet, leur page Facebook, leur compte Instagram. Si vous le pouvez, allez toquer à la porte de quelques auteurs pour voir s’ils sont heureux dans cette maison. Vous aurez très vite un son de cloche positif ou négatif.

Bref, prenez le temps de faire vos devoirs. Cela pourrait vous éviter des pièges !

Les fausses maisons d'édition

Si une maison d’édition cherche activement des manuscrits, laissez le doute vous envahir. Si c’est trop beau pour être vrai, c’est que ça l’est sûrement. Ces maisons vous répondent dans un temps record et vous proposent un contrat clé en main, et exigent toujours une participation financière (parfois, c’est en achetant un pack de correction, de création de couverture, etc., ou alors on vous « oblige » à acheter 200 copies de votre roman).

Un seul mot me vient à l’esprit : PRUDENCE!

Les rêves font des entreprises très lucratives. Un auteur qui veut être publié fera (souvent) n’importe quoi pour y parvenir, même financer son propre projet de publication. À ce stade, autant vous publiez vous-même. En passant par ce type de maison, vous perdez vos droits sur votre propre roman pour un temps défini… et souvent pour un travail de piètre qualité.

Vous pouvez sortir toutes les excuses qui soient pour justifier votre désir d’accepter ce contrat, je les ai toutes entendues ! Vous croyez que cela vous donnera de la légitimité en tant qu’auteur de publier dans une « fausse » maison d’édition ? Faux ! Votre tante Aline sera peut-être impressionnée, mais dans le milieu littéraire (qui est très petit), tout le monde sait pertinemment ce qu’est une bonne et une mauvaise maison. On vous prendra plutôt en pitié (oh, pauvre lui ! Il n’a pas trouvé d’éditeurs alors il a payé cher pour avoir son roman en papier…)

Cela dit, pour frimer au party de Noël ou dans les bars… ça peut encore le faire, mais c’est peut-être la seule excuse !

Si vous devez payer pour publier votre livre : que ce soit pour la correction, pour la couverture, pour être en librairie ou pour le faire traduire… ou si on vous oblige par contrat à acheter un nombre d’exemplaires de votre propre histoire… ce n’est même pas du compte d’auteur, ce sont des fausses maisons d’édition. Ce n’est surtout pas de l’édition traditionnelle. Un auteur ne paie pas pour être édité. C’est une forme d’autopublication plus ou moins assistée – et dans certains cas – c’est cher – et ça ne vaut pas le coup.

Si vous cherchez un vrai éditeur, dites non à cette offre.

Et surtout : n’ayez aucun regret.

Mettez ma parole en doute, si vous le voulez (j’ai l’habitude), mais Google est votre ami. Il ne faut que 3 minutes pour trouver des auteurs qui se plaignent de ce type de maisons. Ils sont légion sur Internet. Renseignez-vous. Vous avez investi tellement de temps sur ce roman. Ne vaut-il pas mieux que ça ?

J’ajoute un bémol à ce texte (merci Thomas), il y a une différence marquée entre ceux qui agissent comme s’ils étaient une « vraie » maison d’édition (envoyez-nous votre manuscrit, si vous êtes sélectionné…) et les prestataires à compte d’auteur qui aide les auteurs à s’autopublier. Dans la première catégorie, vous êtes toujours sélectionné (et vous serez publié contre 800 ou 2000 euros). Quant aux autres, ils annoncent clairement qu’ils ont des packs pour autoédition (avec ou sans correction/avec ou sans couverture, etc.)

Bref, si vous voulez vous autopublier, c’est une autre histoire, mais choisissez bien ! Certains publient n’importe quoi et vous chargent pour tous les services (comme l’accès à vos ventes !)

Si ce volet vous intéresse, vous devriez plutôt songer à l’autopublication.

L'autopublication

Vous n’avez reçu que des refus et vous voulez absolument publier votre livre sans débourser l’équivalent du budget de vos prochaines vacances – comme dans l’édition à compte d’auteur ? Vous avez le droit de songer à l’autoédition, mais sachez que, en dépit des frais qui vous incombent (pour corriger, mettre en page, faire la couverture, etc.) il y a surtout une très grande liberté avec ce système (mais aussi beaucoup de travail).

Certaines maisons à compte d’auteur ou d’autres prestataires de services offrent des packs pour autopubliés. Le forfait comprend ce que vous voulez : la correction, la diffusion, le mise en page, la couverture, les modifications mineures… bref ! Quand on paie, tout existe ! Mais ça se magasine, surtout !

Comme dans tous les milieux, il y a des prestataires qui plus gourmands que d’autres. Certains vous attirent moyennant un agent littéraire à partir d’un nombre de ventes donné. C’est alléchant, je l’avoue, mais ce n’est pas parce que vous avez un agent qu’il vous trouvera une vraie maison d’édition. Pour l’avoir testé, on m’a dit : « Ah, mais tu as bien vendu en autoédition, tu devrais rester ainsi. Comme tu as fait beaucoup de ventes, les maisons intéressées pensent que ça ne vaudra pas le coût ».

L’avantage de l’autoédition, plutôt que de passer par une maison à compte d’auteur, c’est que vous faites tout vous-même (et vous le faites sûrement mieux que quelqu’un qui veut juste être payé pour son service). En prime, vous avez accès à vos ventes en temps réel, et ce, tous les jours (contrairement à un éditeur qui vous donne un relevé de vos ventes 18 mois après la sortie de votre roman). L’avantage de voir vos ventes aussi rapidement, c’est que, si vous faites une pub Facebook, vous en voyez l’impact très vite et pouvez réajuster le tir, au besoin.

Vous êtes seul maître à bord.

En contrepartie, vous ne serez (probablement) jamais en librairies, sauf si vous démarchez des lieux personnellement – mais en France, cela est plus facile à faire, il paraît. Quant aux salons, il faudra sortir un montant substantiel de sa poche pour y avoir droit ou apprendre à s’en passer.

Bref, c’est un pensez-y-bien !

Pour m’être essayée à l’autoédition à quelques reprises (ou pour aimer cela, je l’avoue sans honte), j’y consacre également un chapitre. Libre à vous d’y jeter un œil.

Une chose est sûre : il vaut mieux choisir l’autopublication (même si elle est assistée) que l’édition à compte d’auteur.

Mais si la seule option à votre esprit reste la maison d’édition… relevez vos manches et retravaillez votre manuscrit ! Le travail, il n’y a que ça de vrai !

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