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A

On recommence ?

Que votre livre soit publié ou autopublié, le sentiment est le même : la fierté. Ça y est, vous avez terminé un cycle. Votre livre existe. Et maintenant ?

Si vous n’avez pas déjà succombé à l’appel de l’écriture, qu’attendez-vous? La gloire ? Ne soyez pas si impatient ! Il est inutile de cliquer sur le bouton « rafraîchir » de votre navigateur pour vérifier si un nouveau mail est arrivé, ou si un premier commentaire agrémente votre lien Amazon, ou si on parle de vous quelque part…

Pauvre vous ! Vous n’avez pas encore compris qu’un auteur devrait être patient ?

Patient pour écrire, d’abord. Patient pour publier, surtout. Patient pour que cela rapporte. Bref, patient pour tout !

Disons que le cycle est juste un peu plus rapide une fois qu’on a publié une première fois. À peine plus rapide, en fait. C’est pourquoi je vous recommande de reprendre l’écriture sans attendre. Ça, c’est vrai. C’est concret. C’est notre travail. Et notre plaisir aussi !

Une auteure américaine que je suis sur Facebook a regardé ses ventes et a fait le calcul pour pouvoir en vivre. Résultat ? Selon ses courbes de vente, elle a découvert qu’il lui fallait entre 4 et 8 romans (par an !) pour avoir un salaire décent. Devinez ce qu’elle a fait ? Eh oui, elle a écrit les 4 romans qu’il lui fallait. Et 2 autres. Et 3 autres.

Cela semble simple, hein ? Mais vous et moi, on sait très bien que ce n’est pas le cas. Avant de devenir la prochaine J.K. Rowling, considérez bien vos acquis. Si un roman fonctionne bien (tant mieux !), il se peut cependant que le suivant n’ait pas autant de succès. Qu’il tombe mal dans la publication. Que la couverture ne soit pas adaptée au genre. Que l’effet mode dans lequel vous excellez soit passé.

Comme pour tous les arts, les revenus sont extrêmement aléatoires.

Une année, j’étais riche ; la suivante, j’étais juste bien ; l’an prochain, je serai peut-être pauvre. Les revenus d’auteurs, ça fluctue énormément. Et comme, en maison d’édition, nous avons droit à notre rapport de vente 18 mois après la sortie d’un roman… il ne faut pas se presser ! Mon conseil : ne planifiez pas vos prochaines vacances trop vite ! Et notez que les impôts seront ravis de vos ventes, eux aussi…

Peu importe tout ceci. Écrivez sans vous soucier des détails. Oui, c’est merveilleux de gagner des sous grâce à nos romans, mais ne vous positionnez pas dans l’attente de ceux-ci. Ce qui compte, à mon sens, c’est l’écriture. Tout le reste, c’est en plus (et ce plus, croyez-moi, il apporte son lot de souci, d’où l’importance de rester concentrer sur ce qui compte réellement).

    La promotion

    C’est bien, écrire, mais qu’est-ce qu’on peut faire pour vendre? On a beau être dans une belle maison, ils ont des tas d’auteurs et vous n’êtes pas toujours leur priorité… Il y a quelques années, on croyait que, pour réussir dans ce milieu, il fallait juste être dans une bonne maison, mais en vérité, la réalité est bien plus complexe. Le nombre de livres sur le marché augmente, de ce fait, la place sur le devant des librairies est limitée aux gros noms. Mais petit à petit… vous en ferez peut-être partie ?

    Ne nous voilons pas la face, être auteur, c’est souvent porter plusieurs chapeaux, et pour vendre, il faut généralement être présent en ligne. Certains contrats d’édition stipulent même qu’il faut un site web et une page Facebook afin d’interagir avec nos lecteurs. Pour recevoir des commentaires de lecteurs timides qui ne laissent pas nécessairement de mots sur les plateformes de ventes, c’est véritablement utile (et agréablement, on ne va pas se le cacher !)

    La vérité, c’est que, même si c’est un volet important, je ne suis pas très portée sur la promotion (il suffit de voir le désert de ma page Facebook pour vous en rendre compte). Je pense que pour réussir, il faut d’abord écrire de bons romans. Ce n’est pas à moi de le vendre, mais au roman de faire parler de lui. En ce domaine, je suis plutôt à contre-courant, surtout que la plupart des auteurs aiment beaucoup parler de leurs textes (moi aussi, hein, mais dans un réseau bruyant comme Facebook, j’ai surtout l’impression d’ajouter plus de bruit). Et je n’aime pas tant le sentiment de devoir me vendre. Mais ça, c’est moi. Vous, c’est peut-être autre chose ? Ça ne veut pas dire que je n’annonce pas mes publications et que je ne fais pas de concours, bien au contraire ! Mais je ne suis pas tant bavarde sur ma page Facebook (je ne dis que l’essentiel).

    À chacun son parcours, vous vous rappelez ?

    Si vous voulez agrémenter votre page ou créer un peu de visuel, je vous invite à jeter un œil dans la boîte à outils, car j’y partage quelques logiciels gratuits, souvent en ligne, pour organiser des concours, faire votre site web ou même pour créer des mockups de vos romans (c’est à dire : de mettre la couverture de votre roman dans une mise en scène déjà placée en quelques clics). Ça existe, ça ne coûte rien, et il suffit simplement de les tester pour voir si ça vous convient!

    Si ça vous intéresse, les prochaines rubriques vous parlent des éléments qu’il serait bien d’avoir, mais si le sujet vous intéresse, sachez que Dominic Bellavance a un excellent article où il cite 100 trucs pour faire la promotion de votre livre. À lire absolument !

    Le site web

    Avoir un site web est devenue une chose relativement simple, désormais. Il existe des outils en ligne qui permettent de le construire en quelques clics. On y envoie des textes, des photos, on ajoute quelques liens et hop ! Le tour est joué !

    Ça semble simple, hein ? Eh bien, dans la plupart des cas, ça l’est !

    Que doit contenir un bon site Web ? Il y a quelques années, les blogues étaient à la mode, mais il fallait l’alimenter très souvent. Désormais, c’est plutôt un site informatif, de type « vitrine », qui est la norme. On parle de nous, de nos publications, on indique leur résumé, on donne des liens vers les points de vente et une façon de nous suivre sur les réseaux sociaux. C’est tout ! Du moins, c’est la base. Rien ne vous empêche de donner des bouts de vos textes en cours, d’ajouter un blogue, de parler de vos prochains événements littéraires (les salons du livre, par exemple ou les séances de dédicaces à venir). Bref… mettez-y ce qui vous semble pertinent.

    Si vous ne savez pas quoi mettre dans votre site, regardez les sites des autres auteurs. Quelles sont leurs catégories ? Que disent-ils de leurs romans ? À quoi ressemble leur structure ? Inspirez-vous-en !

    Parce qu’un site Web est toujours en construction, alimentez-le régulièrement : nouvelle publication, billet de blogue, indiquez votre planning d’écriture, des bilans de vos lectures, les salons que vous ferez, etc. Montrez à vos lecteurs que vous vous souciez d’eux. Ils adorent ça !

    Si vous voulez quelque chose de pro, songez à un nom de domaine clair qui vous est propre. Pour les hébergeurs et les outils de création de sites, plusieurs existent. Personnellement je suis hébergée chez whc.ca et j’utilise wordpress, mais l’outil n’est qu’un volet. Le tout est de faire un site qui vous ressemble et qui vous représente correctement.

     

    Une page facebook

    Créer sa page Facebook est relativement simple. Il suffit de chercher le bouton « créer » et de suivre les étapes.

    Généralement, les auteurs préfèrent cet endroit pour annoncer leur actualité. L’outil étant plus fréquenté, cela permet une interaction plus fluide entre vous et vos lecteurs et, je l’avoue, c’est souvent de cette façon que je passe mes informations de base (salons du livre, nouvelle publication, concours, etc.)

    C’est également là-bas qu’il m’arrive de recruter mes bêtas-lecteurs, à l’occasion (sur une page plus que sur l’autre – n’oubliez pas que j’ai 2 comptes).

    Certains auteurs mettent des extraits de leur texte en cours d’écriture pour avoir des avis à chaud. On fait des quiz, des concours, on demande le prochain prénom de nos personnages, etc. Bref, là aussi, il faut l’alimenter (j’avoue que je suis très minimaliste en ce domaine). Sachez que les réseaux sociaux sont des avaleurs de temps alors mettez-vous des délais serrés – car ce temps devrait être destiné à écrire votre prochain best-seller !

    Instagram

    Instagram, c’est la nouvelle plateforme qu’il faut alimenter par des images. C’est souvent un instantané, une histoire en une image. Mes étudiants aiment beaucoup. Moi, je trouve ça agréable, mais sans plus. Les gens aiment les jolies images et les tranches de vie en direct, mais étant de nature discrète dans ce volet, je préfère mettre des citations et j’avoue oublier régulièrement de le nourrir. Mais pour rejoindre les jeunes, c’est la plateforme. Ça et Tik Tok, mais ça, c’est une autre histoire.

    Notez que beaucoup d’auteurs mettent le même contenu sur Facebook et sur Instagram alors que les deux ont des buts distinctifs. J’avoue que cela m’ennuie beaucoup. J’ai l’impression de voir constamment les mêmes choses partout, c’est pourquoi il m’arrive régulièrement de ne plus suivre quelqu’un sur une plateforme pour éviter la pollution visuelle que cela génère. Le bruit, si j’évite d’en faire inutilement, j’évite aussi de la consommer. Mon zen importe aussi hein !

    Si vous prenez une plateforme, utilisez-là comme il se doit, sans répéter simplement les mêmes choses partout. Vous êtes auteur, racontez-nous donc des histoires!

    Les chroniques

    Les journaux n’ont pas voulu lire et chroniquer votre roman ? Tant pis ! Vous pouvez utiliser des blogueurs pour le faire. C’est souvent la nouvelle façon de faire – même les éditeurs y ont recours depuis quelques années. Si vous êtes passé sous le radar, abonnez-vous à différents groupes qui donnent leurs avis littéraires. Lisez leurs chroniques pour voir s’ils font du bon travail (certains se contentent de résumer le livre et ajoute une phrase à la fin pour leur appréciation, ce qui est insuffisant, je trouve). 

    Dans tous les cas, n’oubliez pas de vérifier si ce blog lit votre genre littéraire (oui, l’auteur doit toujours faire ses devoirs). Par la suite, tentez de les contacter pour savoir si un service-presse (SP) les intéresse en leur résumant votre roman. Ce SP est souvent une copie de votre livre (papier ou numérique) que vous leur donnez gracieusement en échange d’un retour sur votre roman. Vous pouvez spécifier la durée, mais si ce sont de bons chroniqueurs, vous risquez d’être coincé en bas de leur liste, car ils ont souvent des partenariats avec des maisons d’édition qu’ils doivent honorer avant votre roman.

    Notez que ce n’est pas parce que vous remettez une copie gratuite de votre roman que le retour sera forcément positif. Il arrive que notre roman ne plaise pas. Tant pis. Il faut être bon joueur et accepter l’opinion de cette personne sans rechigner. Les gens ont tout à fait le droit de ne pas aimer votre livre. Vous n’aimez certainement pas tout ce que vous lisez non plus ! N’est-ce pas ?

    Si vous ignorez par où commencer, et si contacter des gens vous rend mal à l’aise, je vous invite à vous inscrire sur la plateforme simplement.pro qui vous mettra en contact avec des chroniqueurs tout à fait gratuitement. Cela peut être long et plus ou moins intéressant, mais c’est un début. Par la suite, vous verrez que pour une copie de roman gratuite, beaucoup viendront toquer à votre porte, surtout si votre couverture et votre résumé sont alléchants !

    Si vous êtes publié en maison d’édition, vérifiez que vous avez le droit de remettre des copies numériques à certains blogueurs (on peut demander à la maison de faire la manœuvre, au besoin). Pour le papier, si c’est vous qui payez les envois de votre poche, cela ne les gênera probablement pas. Mais n’oubliez jamais que c’est la maison qui détient les droits de votre roman. De ce fait, même si votre nom est sur la couverture, vous devez leur demander la permission !

    Un concours ?

    Si vous voulez faire un petit buzz, et qu’on vous connaisse un peu, organisez un concours et faites tirer un exemplaire de votre livre via votre page Facebook ou votre compte Instagram (ou mieux : les deux).

    Attention, par contre : selon les règlements de Facebook, vous n’avez pas le droit d’exiger qu’on partage votre publication, mais beaucoup le font néanmoins, sans savoir que ce n’est pas permis. Généralement, les participants le font même quand on ne le demande pas, car c’est dans les mœurs. Soucieuse de la loi, je préfère dire : « Si le cœur vous en dit, partagez ».

    Pour les faire interagir, j’aime bien poser une question, car les gens sont forcés de réfléchir pour que je valide leur participation (je suis assez sélective dans ce domaine, d’ailleurs). Quel genre de question ? Ça dépend : pourquoi ils veulent lire ce livre ? Postez une photo de X objet ou montrez-moi votre destination vacances de rêve, etc. J’aime quand ils doivent s’investir un minimum, même si c’est plus de temps pour moi de valider chaque participation. N’oubliez pas que vous payez l’envoi! À choisir, autant offrir votre roman à quelqu’un qui veut réellement le lire!

    Note sur les participants : certains viennent se manifester à votre concours, mais oublient de se revenir vous écrire pour les lots quand ils gagnent ! Les gens participent, et puis ils oublient… ou alors ils s’imaginent qu’on va leur courir après ! Euh… Ça arrive !

    L'infolettre

    Au moment où j’écris ces lignes, la nouvelle mode, c’est d’avoir son infolettre. Il s’agit d’inviter votre visiteur à s’inscrire à un bulletin (hebdomadaire, mensuel, à vous de voir) de façon à garder le contact (et son email) sous la main.

    Faites un tour sur les nouveaux sites d’auteur, il y a souvent un cadeau à télécharger contre l’inscription à une infolettre. Ce n’est pas facile de récolter des emails. Les gens sont craintifs, avec raison, surtout avec le nombre de spams qu’on reçoit. En contrepartie de cette inscription, vous devriez recevoir des informations « privilégiées » de cet auteur, des outils, des trucs, des bouts de textes inédits, etc. C’est tout l’intérêt de s’abonner !

    Pour créer son infolettre, il vous faut un outil (mailChimp est le plus connu). C’est un peu délicat à prendre main, et il faut être patient pour avoir beaucoup d’inscrits, mais ça fonctionne et ça gère les emails tout seul (ou presque). L’avantage, c’est de pouvoir rejoindre ses fans rapidement si on a un événement. Personnellement, je l’ai pas mal utilisé et cela fonctionne assez bien (parfois, on tombe dans les spams, malheureusement).

    L’avantage ? Plusieurs inscrits me répondaient et cela générait une proximité non négligeable avec certains de mes lecteurs. Il faut évidemment l’alimenter régulièrement, ce qui est un autre mangeur de temps. Il faut donc avoir de quoi à dire (qui n’est pas dans les réseaux sociaux), avoir envie d’y partager des bouts de textes, y organiser des concours pour remercier son groupe, etc. Dans beaucoup de cas, ça prouve que ces lecteurs tiennent à vous, assez pour vous suivre ainsi, et – pour vous – c’est plus simple de passer l’information à des gens qui veulent vraiment avoir de vos nouvelles. Pour la promotion, c’est précieux, on ne va pas se le cacher.

    Mais c’est exigeant aussi.

    À vous de voir si cela convient à votre type de promotion !

    La présence en ligne

    Plusieurs se plaignent que pour faire sa pub, cela prend du temps (et que ce serait à la maison d’édition de le faire). Peut-être, cela dit, c’est votre livre. Si vous voulez qu’on en parle, parlez-en en premier ! Il est donc recommandé d’assurer une présence régulière sur les réseaux sociaux. Parfois, c’est pour recevoir de jolis mots, parfois une chronique, parfois… rien du tout.

    Règle numéro 1, dosez votre promotion! Ne saoulez surtout pas les gens avec votre livre en en parlant tout le temps. Vous voulez le vendre, c’est bon, on a compris, mais rien n’est plus énervant qu’un auteur qui essaie de s’incruster dans toutes les discussions pour dire à quel point son roman est bon. Faites-le une fois, partagez vos retours positifs et surtout : laissez-les autres en parler.

    Règle numéro 2, remerciez vos lecteurs quand ils se manifestent. Quand on m’écrit en privé pour me dire qu’on a aimé mon roman, je remercie cette personne d’avoir pris le temps de m’écrire (c’est vrai qu’elle a pris du temps pour moi, elle n’y était pas forcée) et, si le cœur lui en dit, je lui suggère de mettre son commentaire sur une plateforme en ligne (amazon, booknode, babelio, peu m’importe) pour que d’autres puissent lire son ressenti de lecture. Dans 90 % du temps, le lecteur accepte (hourra !) Quant à moi, je partage son commentaire en guise de remerciement sur ma page.

    Si on ne parle pas de son roman, comment peut-on le vendre ? Mon seul conseil : laissez le temps au temps. Rome ne s’est pas fait en un jour. Si vous énervez tout le monde, vous obtiendrez l’effet inverse. Personne ne voudra vous lire sachant combien vous êtes agaçant en ligne. Dosez, toujours. Faites de la pub sur votre page.

    Règle numéro 3, gardez votre page pour votre actualité d’auteur et votre profil privé… privé. Personnellement, je reçois des demandes d’amitié uniquement parce que je suis publiée ici ou là, mais ma vie privée… eh bien elle est privée ! Ce n’est pas du snobisme, mais je ne parle pas de mes livres sur mon compte personnel (j’ai une vraie vie en dehors des livres, oui !) et je n’ai pas tant envie que mes collègues découvrent mes déboires d’auteurs ! Mais ça, c’est moi. Vous pouvez toujours avoir 2 comptes (auteur et privé). Pour ma part, je trouve que de mes 2 identités prennent assez de temps dans ce domaine, je ne vais pas en rajouter !

    Bref, évitez de tout mélanger (surtout si c’est pour partager chacune de vos actualités d’auteur sur votre compte privé, plus votre instagram et votre twitter – cela saoule doublement, ou triplement, ou quadruplement…)

    Le piratage

    Quiconque publie aura (très certainement) le choc de trouver son livre gratuitement sur Internet. De voir des chiffres astronomiques juste en dessous de la couverture prouvant sans l’ombre d’un doute que X personnes l’ont téléchargé.

    Horreur !

    Toutes ces ventes perdues !

    J’ai été dans votre situation. J’ai fait des colères. J’ai été choquée. J’ai arrêté de partager mes écrits en temps réel. J’ai fait retirer des tas de copies pirates des serveurs.

    Bref, je comprends le sentiment.

    En ce domaine, il n’y a malheureusement pas de solution miracle. Le piratage existe. Il ne va pas disparaître. Pensez aux films ou aux jeux vidéos que vous avez pris de cette façon. Qui est blanc comme neige ? Oui, bon, j’en connais, mais ils sont peu nombreux !

    Ce qui choque, c’est parce que cela vous touche.

    La première règle, c’est que tous ces téléchargements ne donnent pas lieu à des lecteurs. Les gens prennent, mais c’est surtout pour collectionner. Peut-être un jour liront-ils les 10 000 livres qu’ils ont piratés, mais peut-être pas (c’est même assez logique). En d’autres mots, ces gens ne sont absolument pas des acheteurs potentiels. C’est un chiffre bidon. Ne vous faites pas avoir.

    Pour avoir eu des livres en autoédition avant passage en maison d’édition, je vois encore des « chroniqueurs » faire des sorties sur mes romans qui sont, j’en ai bien peur, piratés (4 ans plus tard, forcément… soit la PAL était interminable, soit tu es juste bête de lire une version qui n’a pas été autant retravaillée que celle qui est publiée, mais soit !). Ces vieilles versions circulent encore 5 ans plus tard. À être piratée, j’aurais préféré qu’ils prennent la version corrigée, mais passons…

    Si, les premiers temps, j’étais découragée (pour ne pas dire en colère – car il faut quand même du culot aux gens pour me taguer avec une version pirate, hein !), mon côté prof m’est vite venu en aide. Il faut éduquer. De ce fait, la plupart du temps, je le prends avec humour : « Ah tiens, tu fais des chroniques sur la version pirate ? C’est du joli ! » Généralement, ça gêne la « chroniqueuse » qui vient s’excuser et je passe à un autre appel. Tout le reste serait perte de temps.

    Soyez clair, ça ne me fait pas plaisir, mais il y a des gens qui ne savent même pas qu’ils piratent ! Ils cherchent en ligne, ils trouvent et puis ils lisent, voilà tout ! Pour les autres, je leur fais poliment remarquer qu’ils sont indélicats (pour ne pas prendre un autre terme). Je ne leur fais pas de pub, je ne lis même pas leur chronique (en fait, si, mais je fais comme si), et surtout : je ne la partage pas !

    Chaque semaine, je vois des auteurs faire des sorties sur le piratage en mode Calimero. Je le répète : je comprends ! Mais se plaindre sur les réseaux sociaux ne règle rien (à part m’embêter, je l’avoue). Ah, si, ça fait un petit buzz (pauvre toi, moi je ne ferais jamais ça ! C’est terrible ! Je vais aller me battre contre ces harpies qui te piratent, mouahhaha).

    Je le répète, ça ne règle rien.

    On peut contacter notre éditeur (mais certains ne font rien, puisque c’est une lutte incessante), on peut aussi aller sur les serveurs qui hébergent notre texte pour leur demander d’enlever le document en question (en prouvant qu’on en est le véritable auteur), mais en réalité, c’est un avaleur de temps qui n’apportera qu’une solution temporaire au problème.

    Ma solution ? Il faut apprendre à vivre avec. Il faut lâcher prise et envoyez paître (en privé) ceux qui osent venir vous montrer leur fichier pirate. Certes, ce n’est pas facile. C’est même très énervant, mais c’est le plus simple pour votre santé mentale. Et elle vaut beaucoup, celle-là, croyez-le bien.

    Quand un chroniqueur pirate affirme aimer mon roman, je lui suggère toujours d’aller acheter une copie légale pour encourager l’auteur (en papier, pourquoi pas ?) Et vous savez quoi ? C’est arrivé assez souvent qu’on le fasse ! Vous seriez même très surpris ! Si je ne faisais que me plaindre, vous pensez qu’ils l’auraient acheté ?

    D’ailleurs, je l’avoue humblement, je pirate mes propres livres au format numérique (mea culpa to me), mais j’ai une bonne raison : mes éditeurs ne me les envoient jamais. Mais j’aime bien en avoir une copie à moi. Juste après, je fais virer les liens ! Disons que je joue le jeu durant la première semaine après la sortie officielle…

    Mais comme je suis cohérente avec moi-même, je vous répète que vous avez le droit d’être choqué et de vouloir remuer ciel et terre pour régler le problème (mais je ne vous écouterai pas vous plaindre – c’est contre mon zen). C’est un peu comme la pollution : on ne peut faire que sa part – et en parler sur Facebook – qui pollue énormément, d’ailleurs – ne changera absolument rien à rien, malheureusement… (mais si ça vous fait du bien, qui sait ?)

    La critique

    Vous avez enfin un roman publié, et vous l’avez transmis à plein de blogueurs. La plupart vous font de bons retours, hourra ! Mais voilà que vous recevez un mauvais commentaire. Il est là, publié sur toutes les plateformes. Sur Amazon. Arg ! Tout le monde risque de le voir !

    Comment réagir ?

    On ne va pas se mentir. Quand on nous pointe des erreurs ou qu’une personne n’a pas aimé notre roman, on ressent un mélange de tristesse et de colère. Un lecteur n’a pas compris notre texte et ose le dénigrer en public ? Quel affront !

    Calmez-vous.

    Les premières fois qu’on reçoit un mauvais commentaire, on vit un petit enfer personnel. On est furieux, certes, et on cherche à justifier notre roman, à dénigrer le commentaire et la personne qui a osé le laisser (car elle n’a rien compris à mon histoire, c’est évident ! comment ose-t-elle me critiquer alors qu’elle ne sait pas écrire – il y a plein de fautes dans son texte ! Qu’elle écrive un roman, tiens ! Elle saura ce que ça fait !)

    STOP.

    Sous prétexte qu’on n’a pas aimé votre roman, ça ne signifie en rien que votre lecteur n’a rien compris à votre histoire. Elle est passé à côté, tant pis. Ce n’est pas son genre, ça arrive. Si votre voiture fonctionne mal et que vous en faites part au garagiste, imaginez qu’il vous dise : « construis une voiture et tu verras ! »

    Un lecteur n’a pas à écrire un livre pour savoir si une histoire lui plaît ou non.

    Votre colère est compréhensible. Vous êtes humain. Vous avez mis beaucoup de temps et d’énergie dans votre roman, alors il est normal que vous ayez un petit pincement au cœur quand le retour vous fait mal.

    Mais passez outre. Rabattez-vous sur les bons retours pour vous conforter.

    Si vous passez votre colère sur les réseaux sociaux, vous aurez l’air d’une personne qui ne sait pas accepter la critique. Oh ! Vous trouverez sûrement des oreilles compatissantes et des « Tu as raison, c’est n’importe quoi, je ne suis pas d’accord ». Ça fait toujours le buzz, les pleurs en ligne.

    Et après? Cela ne changera rien à rien. Le commentaire restera en ligne et si quelqu’un ose y répondre, cela ne donnera certainement pas envie aux autres de laisser un commentaire sous votre livre, par peur de subir le même sort.

    Apprenez à gérer les mauvais commentaires. C’est essentiel.

    Moi la première, je zappe les auteurs qui ne savent pas encaisser une critique et qui s’en plaignent publiquement. Et ce, même si le commentaire est mal écrit, même si… n’importe quoi. La colère n’a rien à faire sur les réseaux sociaux, surtout pour une bêtise pareille! Chaque lecteur a droit à son opinion. Il est primordial d’apprendre à le respecter, même si ça vous heurte, même si ça vous rend malheureux.

    Ne croyez pas que j’ignore ce que ça fait. Ce doute qui se faufile dans notre tête est terrible. Une fois la colère passée, c’est la tristesse qui nous habite. On se demande si ce mauvais commentaire n’est pas un peu vrai. Peut-être qu’on est réellement un mauvais auteur ? Peut-être qu’on devrait arrêter tout ça ? Après tout, un tel commentaire est ingrat, injuste… pourquoi s’infliger tout cela ?

    STOP.

    Souvenez-vous de deux choses : chacun a droit à son opinion (vous, le premier) et on ne peut pas revenir en arrière.

    Votre roman n’est pas parfait ? Soit ! Aucun ne l’est !

    Il ne plaît pas à tout le monde ? Et alors ? Y’a-t-il seulement un auteur qui fait l’unanimité ? J’en doute. Allez lire les retours Booknode ou Amazon sur les classiques littéraires. C’est à mourir de rire ! Tenez, pour Madame Bovary, quelqu’un a écrit : « Le livre le plus chiant du monde ». Mais cela reste un classique ! (Bon, à une certaine époque, j’étais d’accord avec ce commentaire !)

    Posez-vous la question : quand vous lisez, est-ce tout vous plaît-il? Probablement pas. Eh bien, il arrive que notre roman tombe entre des mains qui ne lui conviennent pas. Tant pis. De toute façon, une fois qu’il est publié, que pouvez-vous y faire ? Le retirer des plateformes pour le réécrire ? C’est trop tard. Il a sa vie et vous êtes ailleurs, maintenant. Laissez-le continuer sa route seul. Il ne vous appartient plus. Et c’est très bien ainsi.

    Quoiqu’en disent les critiques, vous n’êtes ni le meilleur ni le pire auteur, vous serez toujours quelque part entre les deux. De ce fait, par pitié, ne répondez pas aux mots qui vous font mal. Votre devoir, c’est d’écrire. Laissez donc aux lecteurs le plaisir de lire, et le droit d’aimer ou non ce que vous écrivez. Dites-vous que le prochain sera meilleur. Ou pas. Qui peut le prédire ?

    J’ai eu, il y a quelques années, un mauvais commentaire sur un de mes titres. Je lis tous les commentaires, de ce fait, je l’ai lu, lui aussi. Je suis humaine, alors j’ai fait la tête pendant cinq petites minutes, puis j’ai laissé couler. Deux jours plus tard, la même personne (!) laisse un autre mauvais commentaire sur un autre de mes romans. Et ainsi de suite… 5 fois.

    5 fois.

    Au début, je n’ai pas compris (quand on n’aime pas un auteur, on cesse de le lire, il me semble) mais enfin… après coup, j’ai trouvé ça plutôt rigolo. J’espère qu’elle avait loué mes livres à la bibliothèque ! Ou qu’elle les avait piratés, tiens ! Croyez bien qu’il vaut mieux rire de ces retours désagréables. N’en faites surtout pas un plat. C’est normal – et c’est même plutôt sain, en réalité.

    J’ajoute un petit détail : s’il s’agit d’un retour malheureux provenant d’une chroniqueuse, remerciez-là de sa lecture et dites-lui que c’est dommage qu’elle n’ait pas aimé votre histoire. Pas de crise, pas de rancune. C’est le jeu. Si vous y jouez, il faut se tenir aux règles, autrement, c’est elle qui en fera un plat et vous serez certainement pris pour cible !

    Cela étant dit, il vaut mieux éviter de lui envoyer vos prochains romans… surtout si elle vient toquer pour avoir un exemplaire gratuit et que vous le payez de votre poche !

    L'argent

    L’argent est un grand tabou dans les arts en général. Beaucoup s’imaginent que les auteurs roulent sur l’or ou que, parce qu’ils ont un autre travail (ce qui est vrai pour plusieurs d’entre eux), que l’écriture n’est qu’un passe-temps.

    Si vous êtes ici, c’est que vous avez une idée du temps que cela prend pour écrire un roman (sinon, vous le saurez bientôt). Ça prend du temps pour l’écrire, pour le peaufiner et pour le mener à terme. C’est un investissement. Il y a beaucoup de plaisir en route, certes, mais pas seulement.

    Je l’ai dit au début de ce très long texte, mais écrire, ça exige des sacrifices. Et vu ce que ça rapporte, l’auteur est en droit de se demander si le jeu en vaut la chandelle. Au Québec, la plupart des auteurs ont un autre travail, ou alors ils ont des contrats externes à leurs revenus d’auteurs (rencontres dans les écoles, ateliers d’écriture, etc.) afin de pouvoir boucler leurs fins de mois. Et pour y arriver, croyez bien qu’ils doivent travailler beaucoup !

    En France, depuis l’avènement du numérique, certains arrivent à vivre de leurs publications. Ce n’est pas la majorité, certes, mais il y en a. Si cela est un but pour vous, il faut faire le calcul. Combien de romans devez-vous écrire pour être rentable? Souvenez-vous qu’un roman n’a pas toujours le succès du précédent. Vous finirez peut-être par vous faire un nom, mais cela prend du temps. 

    Patience. Patience.

    Si les chiffres vous intéressent, sachez qu’au Québec, un bestseller, c’est 5000 copies vendues. Si l’auteur reçoit 10 % du prix de vente (exemple : 25 $ le livre = 2,5 $ par vente), je vous laisse deviner s’il est riche.

    En bref, non.

    Si vous écrivez pour devenir riche… je ne sais pas quoi vous dire. Bonne chance ? Pas que vous ne pouvez pas y arriver (on peut toujours y arriver), mais c’est qu’il faudra y investir beaucoup de temps, surtout pour obtenir la régularité d’un salaire (n’oubliez pas que vous êtes payé une fois par an, au bout de 18 mois après la publication, et que votre à-valoir est déduit du premier paiement).

    La réalité n’est pas simple, hein ? Mais si c’est votre but, foncez ! Qui suis-je vous pour en empêcher ? Vous êtes peut-être l’exception ! Il y en a, après tout ! GO GO GO !

    Pour ma part, l’argent n’est qu’un volet, et pas le plus important dans ma pratique. Mais ça, c’est moi. Je peux – et j’ai déjà choisi – volontairement des contrats moins payants parce que je n’étais pas bien dans certaines structures. Parce qu’au-delà des sous, il y a la santé mentale (rien ne vaut votre santé, sachez-le, même si vous gagnez beaucoup, même si… n’importe quoi). Vous êtes plus important que vos livres. Toujours.

    C’est aussi la raison pour laquelle j’ai délibérément mis l’édition sur la glace pendant plusieurs mois (ce n’était pas toujours simple, car il faut faire attention aux chants des sirènes !) Je le répète, ce n’était pas parce que ce n’était pas payant (au contraire), mais parce que j’avais des deadlines ridicules, je devais constamment revérifier mes chiffres, mes paiements, vérifier pourquoi mes romans n’étaient plus disponibles ici ou là, remplir des documents pour pouvoir être payée. Bref… la gestion autour de ces publications était devenue intenable.

    Ajoutez cela à… mon emploi et ma famille – qui sont et qui resteront mes priorités.

    Je n’ai rien contre les patrons, hein, mais j’en ai déjà un. Ça me suffit.

    Il y a quelques années, j’ai vu une entrevue avec René Angelil dans laquelle il disait qu’il fallait toujours prendre une décision comme si on avait un million de dollars en banque, même si on ne l’a pas. Dans chaque sphère de votre vie, posez-vous la question : si j’avais un million de dollars, est-ce que je signerais ce contrat ? Est-ce que j’écrirais ce roman ou un autre ? Est-ce que je referais les choses de cette façon ? Souvent, poser la question, c’est y répondre. 

    Faites ce qui est le mieux pour vous. Et si l’argent est important, alors trouvez un moyen pour en faire. Et beaucoup, juste pour déjouer les statistiques !

    Le blues de l'auteur.e

    Vous l’avez probablement senti à certains endroits dans ce guide, la vie d’auteur, c’est souvent une montagne russe. Parfois, dans la montée, on est fébrile. Puis on chute. Un peu, beaucoup, peu importe. On remonte souvent, mais on redescend aussi. C’est un cycle constant. Il faut apprendre à vivre avec.

    Cette petite voix dans notre esprit est pernicieuse : est-ce que je suis vraiment un auteur? Pourquoi personne ne me lit ? Personne ne s’intéresse à mon livre. Je n’ai pas de critique. Est-ce bon, ce que je suis en train d’écrire ? Peut-être que je ne pourrai pas faire mieux que le précédent. Ça ne paie pas assez, il vaut mieux arrêter. Une mauvaise critique, arg ! Je suis nul !

    STOP.

    Le syndrome de l’imposteur est là chez tous les auteurs. C’est tout le souci de se comparer aux autres. Je fais de la romance et j’ai commencé dans une maison que personne ne lisait (je rectifie : que les critiques ne lisaient pas, mais les jeunes – eux – adorent cette maison) – étais-je lue ? Oui. Jamais assez évidemment (l’auteur est gourmand, on le sait). On ne prend connaissance de ce que nos livres font aux autres dans les salons, souvent, ou quand on reçoit des petits emails. Sinon… on est souvent seul, à se dire qu’on n’existe pas.

    Quand j’ai commencé à faire des sous, c’était pareil. Pourtant, je devais être lue, parce que je vendais beaucoup. Les retours sont plus ou moins grands, selon les livres, mais bon, j’écris de la romance, donc on me boude, mais ça passe encore. On finit par vivre avec tout ça.

    En réalité, l’auteur (et l’humain en général) est ainsi fait, il y a toujours quelque chose qui ne va pas. Le bonheur n’est jamais une surface lisse. C’est toujours autre chose. Quand on a une certaine reconnaissance et peu d’argent, on voudrait l’inverse. Quand on a des sous, mais pas de reconnaissance…

    Voilà.

    À ceci s’ajoute cette voix de l’imposteur qui tente de nous dire qu’on n’est pas à notre place. Qu’on n’est pas bon. Qu’on ne devrait pas s’acharner autant. 

    Faites-là taire.

    Vous verrez sûrement les autres réussir – et soyez heureux pour eux. Vraiment. Vous savez combien c’est compliqué d’écrire et de publier. Soyez heureux ! Et notez aussi que sur les réseaux sociaux, tout va toujours bien – on ne met que de bonnes critiques. De ce fait, on voit plein plein de choses qui mine notre moral.

    Et si on tarde à republier un 2e roman, on stresse : parce que tel autre auteur publie beaucoup, parce qu’on ne sera pas au prochain salon du livre, parce que nos lecteurs risquent de nous oublier, etc.

    Arrêtez de vous faire du mal inutilement.

    Votre parcours est unique. Il ne peut pas être comparé. Et ça, ce sera le plus difficile à entendre – et à garder en tête.

    Faites les choses à votre façon. Ce sera toujours OK.

    Il faut apprendre à vivre avec ce blues qui revient sournoisement, à rythme irrégulier, et surtout : apprendre à faire taire cette voix qui tente de saboter notre créativité.

    Écrivez. Encore. Toujours. Sans songer à la suite.

    La suite, elle viendra de toute façon.

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