Salons

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Le pitch de vente

Vous allez faire votre premier salon ? Quelle excitation, n’est-ce pas ? Il vaut mieux se préparer un peu avant de vous y rendre. 

Quand un lecteur observe votre roman, ne l’assommez pas avec votre résumé. Saluez-le et demandez-lui s’il aime… quelque chose en lien avec votre roman. Le genre littéraire par exemple. « Vous aimez les histoires d’amour ? » ou alors : « Elle est jolie, cette couverture, hein ? » Engagez d’abord la discussion. Le but d’un salon, c’est de découvrir de nouveaux auteurs, mais pas nécessairement de tout acheter. Qui sait si ce lecteur n’ira pas demander votre livre en bibliothèque ? S’il ne viendra pas vous suivre sur les réseaux sociaux ? Peut-être que ce lecteur achètera votre roman plus tard, parce qu’il l’aura toujours en tête ? Qu’il le demandera à Noël ? Si votre seul but est de faire une vente, vous serez peut-être déçu. Parler de son roman est aussi très intéressant. 

Il arrive qu’on nous demande « De quoi il parle, ce roman? » Là, soyez intrigant, punché. Préparez-vous un pitch de vente et rendez-le avec une intonation passionnée. Donnez envie de lire votre histoire!

Personnellement, j’aime bien montrer mes thèmes de prédilections en leur pointant mes différents romans, mais selon la personne qui se trouve devant moi, je commence plutôt par lui demander pourquoi il ou elle a choisi tel livre parmi tous ceux qui sont devant moi. Le but, c’est d’entamer un dialogue et de ne pas mettre la pression. Les lecteurs en ont suffisamment. Nous ne sommes pas des vendeurs, nous sommes des auteurs. Ne l’oubliez jamais.

Un souvenir

La plupart du temps, les maisons d’édition disent faire les salons à perte. Il y a beaucoup de gens, mais aussi beaucoup de temps mort, pas toujours beaucoup de ventes, mais il n’empêche pas que les discussions peuvent s’avérer intéressantes. Ne passez pas à côté en ruminant sur les 3 ventes que vous avez faites au bout de la journée. Mieux : ayez toujours quelques choses à remettre à des lecteurs potentiels : un marque-page avec l’adresse de votre site internet, par exemple ; ou des petits extraits imprimés avec lesquels ils peuvent repartir. Si vous n’avez pas été dans les achats d’une personne ce jour-là (songez que le budget est limité pour tout le monde), vous le serez peut-être plus tard ?

Quand j’ai commencé, il y a quelques années, mon premier roman venait tout juste de sortir et, la semaine suivante, j’étais déjà au salon du livre de Québec. C’était merveilleux, certes, mais personne n’avait la moindre idée de qui j’étais. Heureusement, mes couvertures étaient belles et attiraient les regards. Dix ans plus tard, j’ai encore des lectrices de cette époque-là, et beaucoup d’autres ! Le temps fait son œuvre. Les blogueuses s’arrêtent à ma table et je connais plein d’auteurs. Si je m’étais découragée dès le premier salon, je n’aurais jamais connu ces gens-là. Beaucoup sont devenues des lectrices de mes autres romans, même si je change de genre ou de registre… mais pour ça, il faut leur donner le goût de vous suivre quelque part (sur les réseaux sociaux, par exemple). Et grâce à un marque-page ou une carte avec les différents liens pour me contacter, je peux les fidéliser.

Les indispensables

Dans un salon, tous les auteurs apportent des tas de crayons (des autocollants, des tampons encreurs, de quoi laisser sa marque dans les livres). Mais cela ne suffit pas. Il fait chaud, froid, sec… de ce fait, portez beaucoup de pelures, apportez des vestes, de quoi s’humidifier les mains (crème) et les lèvres (baume). Vous avez envie d’être joli/e ? Bonne idée, mais ayez des chaussures confortables. On est souvent debout, on court, on marche… bref… ce ne sont pas des journées de tout repos.

N’oubliez pas de boire! Parler nécessite d’être hydraté et bien nourri. De ce fait, apportez une bouteille d’eau et trainez des encas (barres tendres, fruits, petites collations). Il vaut mieux prévoir toute éventualité pour ne pas être desséché.

Dans le cas d’un temps mort, pitié ! Cessez de regarder votre téléphone! Les lecteurs/trices n’oseront jamais venir vous voir si vous êtes occupés (à texter, à écrire sur votre ordinateur, etc.) C’est tout sauf invitant. Prenez votre selfie, inondez vos réseaux sociaux une fois, mais après… stop ! Allez voir vos collègues, discutez avec les gens même sans chercher à vendre vos livres, souriez (personne n’ira vous voir si vous avez l’air bête !) et profitez de l’instant ! C’est votre moment, profitez-en !

Pour une liste plus complète, je vous suggère l’excellent article d’Evelyne Gauthier sur le sujet. Et le second billet également !

Les dédicaces

Vous avez un lecteur et voilà que vous devez écrire quelque chose. Mais quoi ? Avant de vous rendre en salon, songez à quelques phrases qui pourraient être agréables à mettre dans un roman. Une introduction à la lecture, par exemple. « Bienvenue dans l’univers de… », « Attention à… », mais le plus chouette, c’est de parler avec votre futur lecteur et de lui demander pourquoi il a choisi votre livre. Et là, d’écrire quelque chose de plus personnel, mais ce n’est pas toujours évident.

Par crainte de faire des erreurs, j’ai toujours un carnet à portée de main afin de vérifier l’orthographe du nom de la personne. C’est la seule faute qui n’est pas pardonnable, à mon avis. C’est pourquoi je vérifie que je l’écris correctement. Pour le reste, on ne peut pas être créatif tout le temps, donc trouvez-vous 3 ou 4 formules qui peuvent fonctionner et adaptez-les selon votre feeling. Je souhaite souvent à mes lectrices de tomber amoureuses avec mes personnages et je leur demande de venir m’en parler. Dans le cas d’une série, je leur suggère d’avoir la suite tout près, parce que la fin… ouf ! Enfin, ça dépend du tome, mais vous voyez l’idée. Pensez-y avant de vous rendre au salon. Sur place, notre esprit est tellement sollicité que l’inspiration est rarement au rendez-vous !

Y'a personne ?

Dans un salon, il y a des temps morts. Les gens ne se bousculent pas à votre table ? Tant pis ! Votre voisin a un cordon de foule ? Tant mieux pour lui ! Ne soyez pas amer ou jaloux. Il y a des gens heureux à vélo et des gens très malheureux en jaguar. On ne peut pas se comparer de la sorte (heureusement).

Vous y êtes. C’est déjà ça !

Un salon du livre, ce n’est pas toujours facile à gérer, surtout au niveau des émotions. Tous les auteurs sont dans un même lieu. Certains ont plein de visites. D’autres n’en ont pas. C’est la vie.

Vous aviez une séance d’une heure, le dimanche matin, et personne n’est venu vous voir ? Ne vous découragez pas ! Ce n’est pas parce que les gens ne viennent pas vous voir que votre livre n’est pas lu. Il y a énormément de facteurs dont il faut tenir compte.

Dans les salons, sachez que les « grands noms » sont souvent très courus. Comme ils ont une grande file d’attente, les gens iront là-bas en premier pour être sûr d’avoir une dédicace. Si vous tombez dans une mauvaise plage horaire (les matins, par exemple, ou certains soirs de matchs de hockey) ou que vous signez en même temps qu’une « vedette » ou encore dans un temps où il y a plein d’activités organisées pour les enfants… il y a des chances que votre table soit déserte.

Ça ne veut pas dire que votre roman n’est pas bon. Ça ne veut pas dire que vous n’êtes pas lu. Ça n’a même rien à voir!

Dans tous les cas, souriezet ayez donc un ami tout près (allo et merci Chloé !)

Au besoin, allez voir un autre auteur qui est seul, près de votre table, afin de passer le temps. Discutez. Profitez du moment. Souvent, les attroupements attirent le public. Oh ? Il se passe quelque chose ? Est-ce que je le connais, cet auteur ? Bref, suscitez l’attention. Les curieux viendront jeter un œil à vos livres ou à celui de votre ami auteur… (Pitié ! Ne vous jetez pas dessus! ne devenez pas un vendeur d’électroménagers ou de voitures – tout le monde déteste ça – ça vaut aussi pour les livres!)

Et – je le répète – cessez de vous comparer

Vous êtes vous. Et c’est très bien ainsi!

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